CHRONOLOGIE DE LA VIE
DE THÉOPHILE GAUTIER

Établie par Pierre Laubriet, ancien président de l'Université Paul Valéry (Montpellier III) d'après l'édition de la Correspondance Générale de Théophile Gautier éditée par Claudine Lacoste-Veysseyre, 12 vol., Droz, Genève-Paris, 1985-2000.

Cette bibliographie
est constituée de
trois parties :

de 1811 à 1848
de 1849 à 1860
de 1861 à 1872


Gautier par Chassériau
Les numéros entre parenthèses renvoient aux notes qui figurent à la fin de chaque partie.

PREMIERE PARTIE
Théophile Gautier n’était pas enclin à se " livrer à la foule " et à parler de lui ; aussi  les sources biographiques directes sont-elles rares. Il avait cependant écrit pour A. Baschet, qui projetait son Essai sur la jeunesse et les tendances littéraires de Théophile Gautier, une esquisse biographique dans une lettre du 27 octobre 1861 et pour L’Illustration en 1867 une esquisse biographique destinée à accompagner son portrait et qui entrait dans une série d’études consacrées aux " Sommités contemporaines ". Si l’on en croit le paragraphe liminaire, il fut plutôt embarrassé.

J’ai accepté un peu étourdiment, je m’en aperçois en prenant la plume, d’écrire les quelques lignes qui doivent accompagner mon portrait, dessiné par Mouilleron d’après l’excellente photographie de Bertall. Au premier coup d’oeil cela semble bien simple de rédiger des notes sur sa propre vie. On est, on le croit du moins, à la source des renseignements ; et l’on serait mal venu ensuite de se plaindre de l’inexactitude ordinaire des biographes. " Connais-toi toi-même " est un bon conseil philosophique, mais plus difficile à suivre qu’on ne pense, et je découvre à mon embarras que je ne suis pas aussi informé sur mon propre compte que je ne l’imaginais. Le visage qu’on regarde le moins est son visage à soi (1).

Cette notice est d’ailleurs succincte et plus largement consacrée aux trente premières années de sa vie qu’aux suivantes, mais elle fournit quelques indications précieuses sur sa personnalité. Des témoignages proches apportent d’autres informations, tant sur les péripéties de son existence que surtout sur son caracère et son comportement. Ce sont tout d’abord les deux volumes de sa fille Judith : Le Collier des jours. Souvenirs de ma vie(2) et Le second rang du collier (3) ; le livre de souvenirs de son gendre Emile Bergerat : Théophile Gautier. Entretiens, souvenirs et correspondance, préface D’E. de Goncourt(4) ; et celui de son ami Ernest Feydeau : Théophile Gautier (5), tous deux passablement apologétiques ; le Journal d’Eugénie Fort, sa maîtresse et mère de son fils Théophile, et restée une amie qu’il verra assidûment comme en témoigne le Journal commencé en 1856 (6). Il faut citer parmi ces témoignages proches, celui d’un autre ami, Maxime Du Camp avec son Théophile Gautier (7), d’ailleurs plus consacré à l’oeuvre qu’à sa vie, ainsi que ses Souvenirs littéraires (8), et les deux livres de souvenirs d’Arsène Houssaye : Souvenirs de jeunesse, 1830-1850 (9) Confessions, Souvenirs d’un demi-siècle, 1830-1880 (10) ; enfin le Journal des Goncourt et la Correspondance de Flaubert ne sont pas à négliger. Mais les sources essentielles restent les feuilletons dans lesquels Gautier s’abandonne souvent à des confidences sur lui-même, et la correspondance qui, bien qu’elle n’éclaire guère les oeuvres, desquelles Gautier, au contraire de Balzac, parle peu dans ses lettres, est précieuse pour la chronologie, les événements de la vie quotidienne, les connaissances diverses et les relations avec sa famille, ses amis, et en général le monde artistique et littéraire de son temps (11).

 

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30 août. -Naissance à Tarbes de Pierre, Jules, Théophile Gautier, baptisé le 9 septembre en l’église Saint-Jean de Tarbes. Il est le fils de Pierre Jean Gautier, né à Avignon le 30 mars 1778, employé aux contributions directes de Tarbes, et d’Adélaïde Antoinette Cocard, née à Mauperthuis (Seine-et-Marne) le 13 septembre 1783, qui épousa Pierre Gautier le 5-6 décembre 1810 au château d’Artagnan. Le père d’Antoinette était intendant du château de Mauperthuis, qui appartenait à une branche de la famille de Montesquiou, dont une autre branche possédait le château d’Artagnan, où vraisemblablement Pierre Gautier rencontra Antoinette Cocard, venue en visite chez un de ses oncles régisseur du château. Le jeune ménage logea au 23 de la rue Bourg-Vieux à Tarbes, -où Gautier fera une sorte de pèlerinage en 1859- jusqu'à ce que l’abbé de Montesquiou, devenu ministre de l’intérieur, fît nommer Pierre Gautier chef du bureau aux octrois de Paris.

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Les Gautier emménagent à Paris, rue Vieille-du-Temple, 130 (aujourd’hui 114). Le 14 janvier 1817 naît leur première fille Emilie, et la seconde, Zoé, le 12 mars 1820 ; elles resteront toutes deux célibataires, et Gautier subviendra à leur entretien tout au long de sa vie. Théophile sut lire, dit-il, à cinq ans, et depuis ce moment il n’a cessé de pratiquer la lecture :

Je ne crois pas qu’ait existé un plus infatigable

lecteur que Gautier

écrit Maxime Du Camp. Son premier livre aurait été Lydie de Gersin, mais il est marqué par deux ouvrages, Robinson Crusoë et plus tard Paul et Virginie qui lui révélèrent les délices de l’ailleurs. De cette époque date aussi sa rencontre avec Don Quichotte, puisqu’après avoir vu l’opéra de Boulanger, livret de Babier et Carré, il raconte que Don Quichotte ne l’a jamais fait rire, et " tout enfant ", il se transformait en chevalier de la Manche pour redresser les torts et délivrer Dulcinée ; il reviendra sur cette confidence, révélant une profonde impression d’enfance (12). Son idéalisme fut précoce, comme d’autre part son goût du fantastique ; à propos du Diable amoureux de Cazotte, il déclare :

Ce conte nous a beaucoup frappé, et nous nous souvenons de l’avoir lu autrefois dans une vieille édition du temps, illustrée par la main de Cazotte lui-même d’eaux-fortes primitives imitant la naïveté des gravures de la bibliothèque bleue (13).

A Cazotte, il faut joindre le roman noir :

Enfant, nous trouvions un charme inexprimable de curiosité et de terreur à suivre les héroïnes d’Anne Radcliffe dans leurs excursions nocturnes à travers le dédale de couloirs, de corridors, de passages secrets et de souterrains du château des Pyrénées et autres manoirs gothiques. Homme, notre goût n’a pas changé, et nous ne manquons pas une occasion de le satisfaire (14).

Il commence le latin avec son père et s’exerce à dessiner : il représente Estelle et Némorin, les personnages de Florian, en bergers pompadours,

ce roman épinard et rose-pourpre qui nous paraissait à quinze ans d’une passion si tendre et si vraie (15).

Peut-être a-t-il aussi pris goût au théâtre aux représentations du petit théâtre de Séraphin, au Palais-Royal, qui jouait pour les enfants et où ses parents le conduisaient :

il fallait avoir été bien sage et rapporté de bonnes notes de l’école pour être conduit chez cet enchanteur (16)

dit-il ; aussi s’amusait-il à peindre des décors.

 

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9 janvier. -Gautier entre comme interne au collège Louis-le-Grand.

23 avril. -Il est retiré du collège, n’ayant pu supporter l’internat et il est ainsi jugé par l’administration :

Il s’est montré doux, sage et rempli d’heureuses dispositions.

Ses parents le mettent au collège Charlemagne comme externe libre et s’installent eux-mêmes, pour se rapprocher du collège, au n° 4 de la rue du Parc-Royal, dans un hôtel du XVIIe siècle

où l’on a pour perspective une muraille sombre.

Il fait à Charlemagne de solides études, donnant toute satisfaction à sa famille ; son père, bon humaniste, suit son travail, en particulier en latin, qu’il semble avoir bien appris, puisque M. Du Camp le voit traduire, à livre ouvert, vers 1860, un passage de Tacite et qu’en 1861, remerciant J. Janin de sa traduction d’Horace, il lui écrit :

Je ne suis pas un grand latin comme vous, mais je peux encore regarder dans le texte

et il lui envoie une traduction en vers de l’Ode IV à Sextius (17) ; lui-même ne semble pas avoir gardé un excellent souvenir de son apprentissage :

.... pour beaucoup de gens, ces braves héros grecs ou latins, de Cornelius Nepos ou du De Viris, ont un arrière-goût de pain sec et d’eau claire désagréable. Quant à moi, je n’en peux faire un seul, sans penser tout de suite aux interminables pensums et aux nombreuses heures de piquets qu’ils m’ont valus dans ces bagnes scientifiques qu’on appelle collèges (18).

Il obtient quelques récompenses ; en 1825 : accessit de géographie au concours général du collège. En 1826, cinquième accessit de vers latins. En 1828, troisième accessit de vers latins. Ces années de collège sont marquées aussi par les amitiés qu’il y lie et qu’il gardera : avec Auguste Maquet, le futur collaborateur d’Alexandre Dumas, avec Eugène de Nully, auquel il dédiera un poème de ses premières Poésies, où il évoque leurs longues causeries, et surtout avec Gérard Labrunie, bientôt Gérard de Nerval, plus âgé de trois ans et qui publiait dès 1826 ses premières poésies, Elégies naionales, dont l’influence sur la jeunesse de Gautier fut des plus importantes, en particulier parce qu’il lui révéla la littérature allemande ; ce fut

une de ses amitiés d’enfance que la mort seule dénoue (19)

et cette amitié fut si étroite qu’ils devinrent intellectuellement comme deux frères jumeaux. Gautier a dit un jour la richesse que furent pour lui ces amitiés :

Nous, pauvre diable de feuilletoniste qui griffonnons ces colonnes, dans notre humble sphère, nous avons été aimé, admiré même, et, malgré notre dénuement complet, nous possédons un ami, -et aussi nous sentons-nous riche-, un ami qui ne dit pas du mal de nous, qui se réjouit ou s’afflige de nos joies et de nos douleurs, qui serait charmé de nos succès et ne nous abandonnerait pas même si nous étions heureux ! Nous avons rencontré des coeurs loyaux, sensibles, honnêtes, amoureux du beau, d’une insouciance parfaite à l’endroit de la renommée, et d’un désintéressement exquis. Nous sommes entouré d’Oreste et de Pylade, de Thésée et de Piritoüs, de Castor et de Pollux, de Nisus et d’Euryale, et de gens qui préféraient la gloire d’Homère mendiant à toutes les inscriptions possibles sur le grand livre (20).

Il a l’occasion de voir Talma. Pendant ces années, il poursuit dessin et peinture ; l’abbé de Montesquiou estime que c’est chez lui " un talent inné " et " le don particulier qui (lui) a été fait (21). En 1824, pendant un séjour à Mauperthuis, Gautier exécute plusieurs peintures : une Vierge, brune, vêtue de blanc, le portrait du boucher et de la bouchère, la bonne du curé, les enfants du meunier, et, en 1827, il fait le portrait de sa mère au pastel et s’initie à la peinture à l’huile. Il montre ses talents de poète en envoyant, en décembre 1825, à l’abbé de Montesquiou des vers latins que celui-ci juge " d’une belle poésie " (...) remarquable par sa facilité, mais " la tournure des vers n’est pas assez latine " ; ils contiennent trop de gallicismes. Il le félicitera deux mois plus tard de ses progrès.

Des souvenirs de cette époque lui reviennent quand il parcourt Paris pendant le siège de 1870 :

Forteresse imaginaires de nos grands combats d’écolier ;

le Jardin des Plantes

cette retraite de la science et de la rêverie, où, tout jeune, nous venions scander nos premiers vers.

Il évoque aussi les bains Petit

où nous obtenions jadis, après des épreuves solennelles, le droit de porter le caleçon rouge, objet de notre secrète ambition (22).

D’aspect chétif jusque là -sa santé semblait préoccuper l’abbé de Monesquiou qui recommandait à ses parents en 1824 de l’envoyer au grand air à Mauperthuis, où il ira encore en 1825- il entreprit de se développer physiquement ; de là sa passion pour la natation ; d’après A. Maquet, il aurait composé au Collège un petit traité De Arte natandi, qui ne verra jamais le jour ; tout au moins en est-il fait mention dans les Feuilles d’Album d’un jeune rapin, lequel avait commencé un Ars natandi en vers latins ; mais aussi d’autres exercices : M. Du Camp raconte qu’il excellait

à la boxe, à l’équitation, à la canne et même à la savate

et rapporte l’anecdote du coup de poing sur la tête de Turc

qui ramena cinq cents livres au dynamomètre.

 

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Il envoie au début de l’année un tableau à l’abbé de Montesquiou qui l’en remercie le 5 mars et pense que

s’il a le moyen de cultiver ce talent, il ne faut pas le négliger (23).

Il fréquente l’atelier du peintre Rioult, dont il évoque le souvenir lors de la vente des tableaux du peintre mort en 1855 :

C’est pour nous une pieuse dette. M. Rioult a été notre maître, et si nous ne sommes pas devenu un peintre, il n’y a pas de sa faute, assurément ; il nous a inspiré le goût de l’art, donné le sentiment du beau, et si nous avons pu apprécier la peinture avec quelque certitude, c’est au séjour que nous avons fait dans son atelier que nous en sommes redevable. Là, les secrets du dessin et de la couleur nous furent révélés et le critique, à défaut de l’élève, a profité des leçons reçues.... (24).

Il exécute dans l’été, pour l’église de Mauperthuis un grand tableau " Saint Pierre guérissant un paralytique ". C’est dans l’atelier de Rioult qu’il a la révélation du génie poétique et de sa vocation :

De cette circonstance d’un tableau regardé, d’un livre lu, d’un morceau de musique entendu par hasard (il vient d’avoir la révélation de Verdi en écoutant Nabucco) peut dépendre le sort d’une vie entière ; nous qui sommes journaliste (nous n’osons plus dire poète), nous aurions probablement été peintre sans un volume de Victor Hugo qui nous tomba dans les mains à l’atelier : c’était les Orientales ! L’effet que nous produisit ce livre étincelant ne peut se rendre. A dater de ce moment, l’illustre maître a eu dans notre existence une part plus grande que nos compagnons les plus chers ; nous lui devons les émotions les plus vives que nous ayons éprouvées ; c’est une si douce chose d’admirer, de se sentir pénétré par une pensée mystérieuse, d’être humble fleur qui contient le nectar, de voir se réaliser d’une manière éclatante ce qu’on rêvait confusément (25).

27 juin. -Nerval le présente à Victor Hugo.

Septembre. -Il quitte le collège Charlemagne.

26 octobre. - Il assite à la première représentation du More de Venise de Vigny :

Nous étions presque enfant encore, mais déjà pris pour l’art de cet amour qui ne nous a pas quitté, à cette première représentation qui eut lieu le 29 octobre 1829

écrit-il à l’occasion d’une reprise de la pièce, et, rappelant les applaudissements dont ses compagnons et lui saluaient les mots propres si honnis des classiques, il demande

qu’on ne se moque pas trop de nous aujourd’hui ! Nous combattions pour la liberté de l’art (26).

Dans le courant de l’année, il a sa première liaison connue, avec Madame Damarin, qui dura, avec des intermittences, une douzaine d’années. Gautier lui offrira un tableau et un volume de ses Poésies avec des dessins.

 

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Février. -Il est enrôlé par Nerval dans la troupe des jeunes gens destinés à soutenir Hernani  lors de sa première représentation et il distribue lui-même cinq de ces carrés de papier marqués de la griffe " hiero ", signes de reconnaissance.

25. - Première et bataille d’Hernani : Gautier y arbore le fameux gilet dit " rouge " par la légende, en fait " cerise ou vermillon de Chine ", le reste du costume se composant

d’un pantalon vert très pâle, bordé sur la couture d’une bande de velours noir à revers largement renversés, et d’un ample par-dessus gris doublé de satin vert. Un ruban de moire, servant de cravate et de col de chemise entourait le cou (27).

Gautier y voit pour la première fois Delphine Gay, qui devint Madame de Girardin le 1er juin 1831.

La famille Gautier emménage au 8 de la place Royale.

Journées de juillet (27, 28, 29). - Elles ruinent son père qui joua à la hausse sur les Ordonnances. Mise en vente de ses Poésies, imprimées par Rignoux aux frais de son père. Dans cette période troublée, elles passent à peu près inaperçues ; cependant, Madame de Fontanges, femme du colonel qui commandait le régiment de Vigny écrit à ce dernier pour lui recommander le recueil, disant que l’auteur désirait " se livrer à la carrière littéraire ". Il entreprend un article sur Hoffmann , qu’il laisse inachevé (28)

Il semble que ce soit cette même année qu’il rencontre sur un banc de la place Royale, Eugénie Fort, qui ne devint sa maîtresse qu’en 1835. Eugénie Fort, en effet, dans son Journal, évoque des rencontres dès 1830 :

J’ai repris ma course tout en rêvant, et à l’aspect de Notre-Dame, je me suis encore arrêtée, admirant et me rappelant combien de fois j’étais venue là voir Théophile Gautier en 1830 ! et combien de discours éloquents et politiques je l’ai entendu faire dans son enthousiasme d’artiste et de poète ! A cette époque, on lisait Notre-Dame-de-Paris et toutes ces scènes dramatiques devenaient vivantes devant cet édifice.

Il est vrai qu’Eugénie écrivait ces lignes trente-quatre ans plus tard, le 25 juillet 1864 (29).

Vers la fin de l’année, le Petit Cénacle se constitue dans l’atelier de Jehan Duseigneur avec Gérard de Nerval, Pétrus Borel, Auguste Maquet, Jules Vabre, Célestin Nanteuil, Philothée O’Neddy, Joseph Bouchardy etc... dont il évoqua certains plus tard dans l’Histoire du romantisme.

 

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24 mars. -Publication dans Le Gastronome de Un Repas au désert de l’Egypte, publié anonymement, mais qu’une tradition familiale attribue à Gautier, selon Lovenjoul, qui le publie lui-même " sous bénéfice d’inventaire ".

3 mai. -Première représentation d’Antony d’A. Dumas. La reprise de la pièce en 1867 la lui rappelle :

Nous songions au spectacle que présentaient les abords de la Porte-Saint-Martin le soir de la première représentation d’Antony en 1831 (...). Ce que fut la soirée, aucune exagération ne saurait le rendre. La salle était vraiment en délire ; on applaudissait, on sanglotait, on pleurait, on criait. La passion brûlante de cette pièce avait incendié tous les coeurs (30).

4 mai. -Publication de La Cafetière, conte fantastique, dans Le Cabinet de lecture.

Il a fait peut-être encore un séjour à Mauperthuis en été ; cf " Le Retour " dans les premières Poésies, et s’il y a passé

en revue

Ses jeunes souvenirs et ses rêves d’amour

Longtemps caressés et perdus sans retour

il ne s’est pas privé pour autant d’aventures féminines, comme la belle avec laquelle il allait

ouïr siffler les merles.... aux grands bois (31)

ou toutes celles qu’il évoque dans le début de Mademoiselle de Maupin, femmes vénales ou " femmes honnêtes ou à peu près " - ce que confirme M. du Camp constatant " l’importance secondaire " qu’avait pour Gautier " l’échange des âmes " (32).

Peut-être a-t-il été alors tenté par quelque idéologie politique et sociale, si l’on en croit Du Camp rapportant ces propos de Gautier :

En 1832 (1831, d’après Jasinski), j’ai voulu me faire saint-simonien ; mais quand j’ai vu qu’il fallait mettre un pantalon blanc, un gilet rouge et une lévite bleue, j’ai reculé d’horreur et j’ai spontanément renoncé au culte du dieu Père-et-Mère. Je n’entrerai que dans une religion où l’on sera coloriste.... (33).

Septembre. -Il se sent incapable d’écrire la tragédie qu’il projetait d’après le poème de Byron, Parisina.

8 octobre. -" Arts. Buste de Victor Hugo ", publié dans Le Mercure de Fance au XIXe siècle serait le premier article de Gautier consacré aux Beaux-Arts. Le buste de Hugo était l’oeuvre de Jehan Duseigneur, pour qui Gautier écrit son ode " A Jehan Duseigneur " dans Le Mercure de France au XIXe siècle du 22 octobre 1831.

 

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Gautier échappe au service militaire, étant exempté ou dispensé sous le motif : "  a eu le bras gauche cassé ".

29 mai. -Publication de l’article " Exposition du Musée Colbert ", dans Le Cabinet de lecture ; l’exposition avait été ouverte en faveur des familles victimes du choléra.

Août. -Publication d’Onuphrius Wphly dans La France littéraire.

Fin octobre. -Publication d’Albertus ou L’Ame et le péché, légende théologique, paru, dit Gautier dans la notice biographique qu’il écrivait pour A. Baschet

avec une vignette abracadrabrante de Nanteuil.

Octobre. -Le ménage Hugo s’installe au n°6 de la place Royale. Gautier était tout proche de son idole, qui l’accueille à la fois en disciple et en ami, ce qu’il resta toute sa vie. Il profitera largement de ses conversations avec le maître

Causer de poésie avec Hugo, c’est causer de divinité avec le bon Dieu

dira-t-il plus tard, d’après Bergerat (34).

10 novembre. -Elias Wildmanstadius, paru dans les Annales romantiques pour 1833, annoncées à cette date par la Bibliographie de la France. Ce conte reparaît dans Le Cabinet de lecture du 24 décembre.

22 novembre. -Première représentation du Roi s’amuse, de Hugo, pour laquelle Gautier recrute des fidèles qui n’empêchent pas l’échec, puis l’interdiction de la pièce. Gautier est seul alors à se rendre chez Hugo, et des premiers à l’aider lors du procès devant le tribunal de commerce.

Pendant que le Petit Cénacle commençait à se dissoudre, et si Gautier y avait sa part d’influence, il menait parallèlement une vie de lecture -il avait hérité de la bibliothèque de l’abbé de Montesquiou- et de méditation ; A. Maquet rappelle cette période dans sa notice biographique de la Galerie de la Presse de fin 1838 (35).

 

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Dans les premiers mois de l’année,

le Cénacle se dispersa (...). On resta unis par l’invisible lien de la foi commune, mais on fut séparés (36).

Gautier en particulier resta toujours fidèle à ses amis d’alors. Il évoquera avec nostalgie dans l’Histoire du romantisme (37) les moments passés avec eux à déguster les macaronis de Graziano dans le Cabaret du " Petit moulin rouge " et à boire dans le crâne du tambour-major tué à la Moskowa.

Mars. - Son premier " Salon " paraît dans La France littéraire. Il fera le Salon dorénavant chaque année , sauf en 1835 et en 1843.

17 août. -Publication des Jeunes-France par Renduel, que Gautier a rencontré chez Hugo.

3 septembre. -Gautier souffre d’une gastrite chronique " des plus intenses et des plus opiniâtres " dit le certificat médical qui la constate et qui lui recommande un régime " des plus sévères " et une conduite réglée.

6 novembre. -Première de Marie Tudor, pour laquelle il arbore son gilet de satin rouge, selon Le Constitutionnel du 11 novembre (38).

1er décembre. -Gautier traite avec Charles Malo, directeur de La France littéraire pour une série de douze articles consacrés " aux vieux poètes français " ; neuf paraîtront entre janvier 1834 et septembre 1835. Ils composeront en 1844, augmentés de l’étude sur Scarron, le volume des Grotesques.

14 décembre. -Publication dans Le Sélam de la nouvelle Laquelle des deux ? histoire perplexe.

28 décembre.-Publication du Nid de rossignols dans L’Amulette, étrennes à nos jeunes amis.

Gautier écrit en outre une demi-douzaine de poèmes, parus dans diverses publications.

 

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Il travaille à Mademoiselle de Maupin, qu’il a commencée dans l’été de 1833, et que, selon Bergerat, son père, tant qu’il vécut en famille, l’obligeait à écrire en l’enfermant dans sa chambre.

Janvier. -Publication, dans La France littéraire de l’étude sur François Villon, la première des six études sur les poètes exhumés du début du XVIIe siècle

7 février. -Publication d’Omphale, ou La Tapisserie amoureuse dans le Journal des gens du monde.

Février. -Scalion de Virbluneau.

Avril. -Il écrit un article sur le Salon dans La France industrielle.

Avril et juin. Théophile de Viau.

Septembre. -Le Père Pierre de Saint-Louis.

Octobre. -Saint-Amand.

Octobre. -Pierre Gautier, qui a été nommé receveur à l’octroi de Passy, quitte la place Royale pour s’installer avec sa famille dans le bâtiment de la barrière de Passy, un véritable exil pour Théophile. Comme Gérard de Nerval vint habiter, sans doute courant novembre, avec Arsène Houssaye et le peintre Camille Rogier qui logeaint impasse du Doyenné, près du Vieux Louvre, il fit valoir que

les allées et venues lui prenaient trop de temps

et il obtint de retrouver ses amis : il loue impasse du Doyennné n° 3 deux petites pièces pour deux cent cinquante francs par an ; cet endroit était, dit-il,

la Thébaïde au milieu de Paris ...oasis de solitude et de silence (39).

Sans rompre aves sa famille qu’il allait voir souvent, Gautier est libre.

A dater de ce jour, j’ai toujours vécu de ma plume, sans autre ressource ni secours,

ce qui n’est pas tout-à-fait exact, car sa famille lui vient souvent en aide : ainsi voyait-il sa mère venir avec

un déjeuner composé de deux cotelettes crues et d’une bouteille de bouillon

raconte A. Houssaye (40). Il vit autant dans l’appartement de Rogier que chez lui, un appartement dont deux des occupants ont laissé des descriptions détaillées, A. Houssaye dans ses Confessions et Gérard de Nerval dans le " Premier château " des Petits châteaux de Bohème.

Novembre. -Cyrano de Bergerac.

 

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Le Doyenné devient un lieu de rassemblement pour toute la jeunesse artiste ou amie de l’art ; Eugène Piot, journaliste amateur et grand voyageur, avec qui Gautier liera une amitié qui durera jusqu'à sa mort, vient s’installer à son tour au Doyenné ; de retraite qu’il était où , dit A. Houssaye

nous entendions le matin le chant du coq, parce que la portière avait une basse-cour :chèvre, poules, pigeons, tout cela vivait dans l’herbe du Louvre,

il se transforme en un lieu de plaisir pour toute une jeunesse avide de vivre et de jouir. On donne des bals, dont le célèbre bal travesti qui aurait eu lieu le 28 novembre, si l’on se fonde sur un billet de Gautier à A. Esquiros du 26 novembre 1835 (41) ; Gautier évoque cette soirée, ou une semblable, dans sa notice biographique de 1867, et de ce bal, ou d’un semblable, il décrit la décoration dans son article sur " Marilhat " (42) ; lui-même avait peint

dans un dessus de glace un déjeuner sur l’herbe, imitation d’un Watteau ou d’un Lancret quelconque.

Il fit aussi un prologue en vers au ballet-pantomime qu’y donna Burat de Gurgyt, " Le Diable boiteux ", prologue perdu. Cette jeunesse s’amusait aussi au théâtre, dans les cabarets et les restaurants et allait danser à la Chaumière : Gautier, selon Houssaye, se lançait dans " la Galope " :

il prenait violemment la première fille venue, même au bras d’un étudiant. On disait, en voyant ses longs cheveux soulevés par le vent : c’est celui-là qui devrait représenter le saule de Sainte-Hélène

(allusion à un quadrille où l’on représentait toutes les époques de la vie de Napoléon) (43). Il y avait aussi des amours sérieux, tel celui qu’éprouva Gautier pour la Cidalise, maîtresse de Rogier, mais qui ne résista pas à Gautier. Et pendant ce temps, l’idylle avec Eugénie Fort se poursuivait. Mais il se prend aussi d’une passion profonde pour celle qu’on appelait la Victorine, qui, de son côté, d’après Houssaye, prit

Théo par la force, crinière et griffes de lionne (44).

C’était, semble-t-il, une veuve, en tous cas, une femme assez galante qui, quoique jeune, n’en était pas à ses débuts et ne manquera pas d’aventures entre 1836 et 1846, et c’était, dit encore Houssaye,

une de ces femmes qui vivent de l’argent des autres, coûte que coûte pour eux ;

et Gautier saura ce qu’il en coûte, prodiguant l’argent, à moins qu’il ne lui arrive de vivre aux dépens d’un autre ami de la Victorine, à en croire un compagnon de Gautier, Léonce Leroux, qui écrivait à Sp. de Lovenjoul en 1886 :

Je retrouve le nom du Mr qui entretenait alors la Victorine et Gautier. C’était Mr Mimerel, ingénieur de la Marine (45).

On comprend que de violents orages aient troublé la liaison,

les jalouses fureurs dégénérant parfois en bataille,

comme le raconte toujours Houssaye (46). Gautier en tous cas était comme possédé : d’Ostende où il est avec Nerval en juillet 1836, il écrit à Eugène Piot :

Que devient Victorine ? Suis-je parfaitement oublié ; je crois que je me souviens trop d’elle et j’ai peur d’en être sérieusement amoureux ; j’avoue que je n’ai pas vu d’endroits charmants que je n’ai désiré qu’elle y fût et qui ne m’eût paru cent fois plus charmant avec elle. -le diable m’emporte je ne me croyais pas aussi sentimental (27 juillet)

Il ne s’agit d’ailleurs pas seulement de sentiment, mais de sensualité, comme la suite de la lettre le dit sans détours :

.... je crois que la Victorine a fait passer la moëlle de mes os dans son corps et m’a complètement vidé avant de m’envoyer dans les pays lointains.... (47).

La Rosette de Mademoiselle d Maupin a pris bien de ses traits (48) et Gautier l’évoquera dans les strophes 33 à 37 du " Château du souvenir " dans les Emaux et Camées.

Février. -Colletet.

23 mai. -Publication dans Le Monde dramatique de ce qui est sans doute le premier article de critique dramatique de Gautier " Comédie à l’hôtel Castellane ".

28 novembre. -Annonce dans la Bibliographie de la France de la publication de Mademoiselle de Maupin, double amour ; en deux volumes, le premier daté de 1835 , le second de 1836. Le premier volume avait été composé en un an,

deux mois suffirent à l’enfantement du second (49).

L’oeuvre, préface et roman, est dans l’ensemble accueillie avec indignation et violemment critiquée ; aussi sert-elle un échec commercial ; seules quelques voix admiratives s’élèvent, entre autres V. Hugo, pour qui

c’est un livre qu’il faut lire et surtout qu’il faut relire (50),

et Balzac, qui demande un exemplaire du roman à l’éditeur le 18 décembre, et est conquis ; Jules Sandeau, raconte Gautier au début de son Honoré de Balzac,

vint le trouver un matin rue du Doyenné. Balzac, nous dit Sandeau, avait lu Mademoiselle de Maupin, tout récemment parue alors, et il en avait fort admiré le style ; aussi désirait-il assurer notre collaboration à la feuille qu’il patronnait et dirigeait. Un rendez-vous fut pris, et de ce jour date entre nous une amitié que seule la mort rompit (51).

Balzac fit un magnifique éloge de Mademoiselle de Maupin et de sa préface dans la préface d’Un grand homme de province à Paris en 1839 ; il apprécie en particulier la vigoureuse critique que Gautier a faite du journalisme dans la préface.

Novembre. -Chapelain.

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Janvier. -Gautier et la Victorine posent pour " Le Triomphe de Pétrarque " qu’est en train de peindre Boulanger.

19 février. -Eugénie Fort devient sa maîtresse. Gautier lui avait écrit le 17 :

J’ai l’envie la plus effrénée de vous voir (...) J’ai dix millions de choses très importantes à vous dire et dix millions de baisers encore plus importants à vous donner ; deux mots de grâce, si vous pouvez et si vous voulez venir.

Et Eugénie avait répondu le 18 :

Je le peux, je le veux mais je n’osais avant ta lettre maintenant je te promets d’être chez toi demain vendredi soir à six heures, sois seul je ten prie que je ne voie personne. Toi adieu tout ce que j’aime (52)

Il annonce son triomphe en des termes peu lyriques quelques jours après à Eugène de Nully, mélangeant à plaisir ses amours :

Suivant tes sages conseils j’ai en fin finale dépucelé récemment la chère Eugénie ; cela m’a amusé ; au moins je n’aurai plus de remords sur la conscience. Ma pauvre Ninette Nina Cidalise est très malade et j’en suis affligé car j’ai eu bien du plaisir avec elle et je crains fort de n’en plus avoir ; au contraire (53).

Sa désinvolture cache un amour sincère qui se transformera en une amitié qui ne cessera qu’avec la mort de Gautier. Eugénie était jolie, telle qu’elle apparaît dans la Jacintha d’Onuphrius, et le restera, à en croire le témoignage de Judith Gautier, qui la vit lorsqu’il lui arriva d’accompagner son père en visite chez elle :

Jolie, très brune, la bouche ombrée d’un peu de duvet, la voix grave, mais très douce ; je ne pouvais m’imaginer autrement une Espagnole (54).

Aussi est-ce en Andalouse qu’elle est peinte dans " Le Château du souvenir " (55)

Elle vint un jour, sans compagne.

Et ma chambre fut l’Alhambra.

2 mars. -Publication du premier numérop d’Ariel, journal du monde élégant, fondé par Gautier et Charles Lassailly, hebdomadaire qui paraîtra jusqu’au 7 mai.

Fin mars. -Mort de Cidalise ; Rogier et Gautier se réconcilient dans la peine. Elle aussi a son portrait dans " Le Château du souvenir " (56), mais surtout

elle est embaumée et conservée à jamais dans le pur cristal d’un sonnet de Théophile,

comme le dit Nerval dans Les petits châteaux de Bohème (57).

Mars-avril.- Gautier publie dans l’Ariel le " Salon " de 1836.

Mai-juin. -Il récite chez le marquis de Custine les vers que lui avait inspirés la toile de L. Boulanger " Le Triomphe de Pétrarque ", qui parurent en 1838 dans La Comédie de la mort.

23-26 juin. La Chronique de Paris publie La Morte amoureuse.

Juillet. -Il rencontre pour la première fois Delphine de Girardin à un dîner auquel Emile de Girardin avait convié toute la rédaction de La Presse récemment fondée ; il y avait été, dit-il,

grâce à la protection de Hugo,accueilli avec indulgence malgré [ses] airs de rapin (58).

22 juillet. -Gautier et Nerval signent avec Renduel un traité pour un ouvrage qu’ils ne feront jamais : Confession galantes de deux gentilhommes périgourdins.

24 juillet. -Ils partent ensemble pour un voyage en Belgique ; ils déjeunent à Cambrai, s’arrêtent à Mons, sont à Bruxelles le 25 au soir. Le 26 juillet ils se rendent à Anvers, et repartent pour Gand le soir même. Ils sont à Ostende le 30 et ont sans doute entre temps visité Bruges et Malines. Gautier rentre à Paris vers le 24 août, ayant laissé Nerval malade en Belgique. Le voyage va faire l’objet de six articles publiés dans La Chronique de Paris du 25 septembre au 25 décembre, sous le titre " Un Tour en Belgique ".

Vers le 24 août.- Il quitte le Doyenné et s’installe avec A. Houssaye et Nerval,rue Saint-Germain-des prés n° 3

 

 

26 août. -Gautier publie son premier article dans La Presse : " Peintures de la chambre des députés ", article qu’Emile de Girardin a dû apprécier puisque dans un billet où il explique pourquoi sa publication a été retardée, il écrit :

Je désire de grand coeur que vous restiez des nôtres (59).

Sa collaboration à La Presse se poursuivra jusqu’au 4 avril 1855 ; il y publiera environ deux cents articles comprenant critique d’art, critique littéraire, récits de voyage, oeuvres narratives.

30 août. -Carlotta Grisi, dont Gautier sera amoureux toute sa vie, danse pour la première fois à l’Opéra de Paris.

25 septembre et 2 octobre. -Publication dans la Revue du dix-neuvième siècle de la Monograpie du bourgeois parisien.

27 septembre. -Il ramène Nerval à Paris.

1er octobre. -Publication dans Le Figaro de l’article " Du physique des acteurs ", que Lovenjoul croit pouvoir attribuer à Gautier et qui serait le premier d’une série d’articles tantôt signés, tantôt anonymes ; il est sûr en tous cas que Gautier a collaboré au journal d’Alphonse Karr jusqu’en mai 1838, mais de façon très irrégulière, ce qui explique qu’au début de juin 1838, Karr lui demande d’envoyer sa démission du journal (60).

Octobre. Gautier emménage avec Victorine au n°2 rue de Navarin.

29 novembre. Naissance de Charles-Marie Théophile, fils d’Eugénie Fort et Gautier. Celui-ci se refusant à épouser Eugénie est provoqué en duel par le frère de sa maîtresse, duel finalement évité sous la condition de la reconnaissance de l’enfant, ce que fait Gautier le 7 décembre. A. Houssaye, témoin avec Eugène Piot, dira dans les Confessions sa compassion pour Eugénie et son regret du mariage refusé. Gautier lui-même en éprouva plus tard regret : Eugénie note dans son Journal, à la date du 12 février 1861 :

Au Moniteur, voir T.G., nous nous promenons au soleil en causant, de quoi ? C’est à ne pas croire.... Du regret de n’avoir pu vivre ensemble, de la belle et bonne existence que nous eussions menée, lui devenu riche, moi bien heureuse. Je dis ceci aujourd’hui, mais les conversations reviennent souvent entre nous. Pauvre Théo, à qui la faute (61) ?

19, 23 et 24 décembre.-Publication dans Le Figaro du Petit chien de la marquise.

Fin 1836 ou début 1837. -Balzac malade demande à Gautier de venir le voir pour éclaicir " deux ou trois endroits obscurs " dans l’ " oeuvre imprimée " (62) qu’il est pressé de corriger et à laquelle Gautier a dû travailler ; on peut penser qu’il s’agit de la nouvelle édition du Chef d’œuvre inconnu, que Balzac avait repris en septembre 1836.

Cette année est nettement plus abondante en articles que la précédente : environ quatre-vingts de critique littéraire, artistique ou de variétés ; c’est le début de ce qu’il appellera dans sa notice biographique de 1867 ses " norias hebdomadaires ou quotidiennes " dont il se plaint tout au long de sa vie :

Là finit ma vie heureuse, indépendante et primesautière

dit-il dans le même texte.

 

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Février. -Balzac devant partir en Italie pour les affaires du comte Guibodoni-Visconti, propose à Gautier de partir avec lui ; celui-ci, retenu par le feuilleton, laisse Balzac partir seul le 14.

1er mars. -Ouverture du " Salon " ; les comptes rendus dans La Presse se succèderont jusqu’au 1er mai (seize articles).

Printemps. -Gautier et Victorine se déplacent du n° 2 au n°27 de la rue de Navarin.

22 mai. -Dans La Charte de 1830, article sur les " Statues de Michel-Ange ", qui sera repris en 1880 dans Fusains et Eaux-fortes.

25.mai. - Publication dans Le Globe de la première partie de La Comédie de la mort, " La Mort dans la vie ".

28 mai et 11 juin. -Publication de La Chaîne d’or ou l’amant partagé dans La Chronique de Paris.

28 mai au 24 juillet. -Publication dans Le Figaro de L’Eldorado, qui prendra le titre de Fortunio en 1838.

11 juillet. - Dans La Presse, article sur " L’Académie royale de musique ", considéré comme le premier article de critique théâtrale de Gautier, bien que le premier ait été sans doute un article du 23 mai 1835. C’est du moins le premier dans La Presse après que, selon lui, on eut

essayé pour le feuilleton de théâtre de Dumas, de Soulié, de Granier de Cassagnac. Mais ils trouvèrent la besogne trop rude, ou ne remplirent pas l’idée qu’on s’était formée d’eux, et je fus chargé du feuilleton avec Gérard. Nous signions d’un double G., imitation moqueuse du J.J. (de Jules Janin). Mon premier compte rendu porta sur un ballet des Mohicans, et ma manière parut drôle.

Quand cet article fut publié dans l’Histoire de l’art dramatique en France depuis vingt-cinq ans, en 1858, Gautier ajouta cette phrase qui l’authentifie comme ses débuts :

Notre début dans le métier de critique est marqué par un triste présage. Nous arrivons sur le champ de bataille dramatique juste pour constater une défaite et ramasser les morts de la veille.

Une lettre des deux amis au directeur du théâtre du Palais Royal lui fait savoir que le feuilleton des théâtres vient de leur être confié et qu’ils doivent s’occuper

tous les deux du même théâtre (63).

La liaison avec la Victorine est toujours orageuse, comme en témoigne cette invitation à déjeuner

avec la brune Victorine, à qui j’ai arraché hier encore une mèche de cheveux,

invitation accompagnée de cet avertissement :

Que si tu t’avises de ne pas me laisser battre Victorine, à l’occasion, pour me faire les griffes, je t’étripe galamment (64).

Octobre. -Il fait partie du comité de rédaction du Figaro, avec A.Karr, A. Houssaye etc..... ; il en partira en mai 1838.

L’année 1837 a été assez féconde en articles : quatre-vingt-dix-huit, dont une série dans Le Figaro , d’octobre à décembre, intitulée " Galerie des belles actrices ", qui s’achèvera le 5 janvier 1838, et deux articles sur " Galerie des actrices d’esprit " ou des " artistes d’esprit " (16 janvier 1838), et six poèmes.

 

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20 janvier. -Gautier assiste à la reprise d’Hernani à la Comédie-Française ; il rappelle dans La Presse du 22 que la pièce fut

un curieux monument d’histoire littéraire (...). Hernani était le champ de bataille où se colletaient et luttaient avec un acharnement sans pareil et toute l’ardeur passionnée les champions romantiques et les athlètes classiques,

et après huit ans

Hernani n’a pas excité le plus léger murmure ; il a été écouté avec la plus religieuse attention et applaudi avec un discernement admirable.

Il conclut en développant cette idée que

le principal mérite d’Hernani, c’est la jeunesse.

10 février. -Publication de La Comédie de la mort chez Desessart, que, dans la première édition, Gautier dit avoir terminé

à une heure après-midi, jeudi 25 janvier.

L’oeuvre aura de nombreux comptes rendus dans la presse de février à juillet (65). Avec le poème " La Comédie de la mort " lui-même, sont publiées dse pièces soit déjà parues, soit publiées pour la première fois.

2 mars. -Début du " Salon " de 1838 dans La Presse, huit articles jusqu’au 1er mai.

25 mars. Gautier demande à Hugo s’il dispose de quelques billets pour la reprise d’Angelo. Gautier entretient des relations très amicales avec le ménage Hugo ; assez fréquemment au cours de l’année, Adèle Hugo le convie à des visites, à dîner, à célébrer la fête de Victor ; elle lui dit avoir aimé Fortunio (66).

14 mai. Fortunio, roman incroyable est mis en vente, et inscrit dans la Bibliographie de la France du 26.

Mai-juin. -Gautier travaille simultanément à un ballet et à une nouvelle, tous deux consacrés à Cléopâtre. Le ballet a été écrit et la partition devait en être écrite par Xavier Boisselot ; accepté par l’Opéra, il ne fut jamais monté et le manuscrit en a été perdu.

9 juin. -Premier article des " Voyages hors barrières " dans La Presse : " Montfaucon " ;

25 juin. -" La Barrière du combat "

20 juillet . -" La Ville des rats ". Ces trois articles seront rassemblés en 1845 dans Zigzags, devenu Caprices et zigzags en 1852.

27 septembre. -Publication de La Pipe d’opium dans La Presse, mise dans le tome III de La Peau de tigre en 1852 et dans Romans et contes en 1863.

Balzac envisageait d’écrire une pièce en collaboration avec Gautier : cf 12 février 1839.

29 novembre. Début de la publication dans La Presse d’Une Nuit de Cléopâtre ; elle se poursuit le 30 et les 1, 2 et 6 décembre. Elle fera partie des Nouvelles en 1845.

Novembre. -Gautier demande à Adèle Hugo " encore deux billets de Ruy Blas " (67), dont la première a eu lieu le 8 novembre, et qui fut donné quatorze fois dans le même mois.

17 décembre. V. Hugo lui envoie un exemplaire de la pièce qui vient d’être publiée. Gautier n’en avait pas rendu compte et avait laissé ce soin à son confrère Granier de Cassagnac, ce dont, selon Adèle Hugo, " le grand homme " a été

vraiment un peu affecté (....). Je lui ai découvert un point humain, celui de l’amitié susceptible

écrit-elle à Gautier (68).

Fin 1838. Paraît dans La Galerie de la Presse, de la littérature et des Beaux-Arts une notice biographique signée A. M. (Auguste Maquet) et publiée par Lovenjoul (69).

Soixante-treize articles donnés à divers journaux, dont cinquante de critique littéraire, quatorze de critique artistique et six de variétés, et une trentaine de poèmes au cours de cette année 1838.

 

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Janvier. -Gautier est nommé, grâce avec l’intervention de Delphine de Girardin, directeur du feuilleton littéraire de La Presse, bien qu’à cette date il ne soit pas encore un des familiers de la maison de Girardin :

Je suis à présent directeur de La Presse pour la partie littéraire (70).

6 janvier. -Il rend visite à Balzac aux Jardies à Sèvres ; Balzac envisageait d’écrire une pièce en collaboration avec Gautier : cf 12 février.

26 janvier. -Publication d’Une Larme du Diable, mystère, chez Desessart.

28 janvier. -Adèle Hugo demande à Gautier de lui apporter ce livre :

Il est très ridicule que tout le monde ait lu vote livre avant nous (71).

2 février. -Son chocolat l’attend tous les dimanches chez les Hugo (72).

12 février. -Balzac écrit à Mme Hanska qu’il n’a pu compter sur Lassailly pour l’aider à écrire sa pièce, L’Ecole des ménages, et que maintenant

Théophile Gautier va venir pour faire une seconde pièce en cinq actes et j’attends beaucoup de lui (73).

Gautier raconte de manière assez humoristique cette anecdote dans son Honoré de Balzac, en disant qu’il s’agissait de Vautrin ; la collaboration n’aura pas lieu (74).

8 mars. -Il assiste avec Stendhal, chez le marquis de Custine, à la lecture de L’Ecole des ménages de Balzac , et il annonce sa lecture dans La Presse du 11 : on retrouve, dans cette pièce, dit-il

la science du coeur humain,l’analyse fine et puissante, et l’exacte observation des moeurs qui ont valu à ses romans de nombreux lecteurs.

21 mars. -1er article du " Salon " de 1839 : en tous dix articles jusqu’au 18 mai.

Mars-avril. -D’après Judith Gautier, son père compose pour Meyerbeer un oratorio intitulé Josué :

Le musicien égara le manuscrit et en fut très désolé. Il redemanda avec insistance à son père une nouvelle copie ; mais comme celui-ci n’en avait pas, sauf quelques vers qui semblent faire partie de cette oeuvre, le poème fut définitivement perdu (75).

Cf ces " quelques vers " avec le titre " Josué arrêtant le soleil " envoyés par Gautier au musicien avec la scansion (76).

28 avril. -Balzac propose à Gautier, en tant que directeur du feuilleton, qu’il lui fasse acheter par La Presse deux ouvrages qu’il n’a pas encore achevés, quoi qu’il en dise : Qui a terre a guerre (Les Paysans) et Une Election en province.

2 juin. -Balzac, à la suite d’une chute, demande à Gautier de venir le voir à l’occasion, aux Jardies, avec la Victorine (77) .

13 juin. - Balzac demande à son éditeur d’envoyer un exemplaire d’Un grand homme de province à Paris, qui a paru la veille, à Gautier qui a écrit un des sonnets attribués à Lucien de Rubempré : " La Tulipe ".

6 août. -Publication dans La Presse de La Toison d’or, qui se poursuit les 7, 8, 9, 10, 11 et 12. Elle fera partie des Nouvelles en 1845.

17 août. -Publication dans Le Livre d’or de la première patie de L’Ame de la maison ou la vie et la mort d’un grillon. La nouvelle paraîtra en entier dans La Presse les 13, 14 et 15 novembre.

25 août. Publication dans La Caricature du Portrait de Madame Jabulot, scène comique.

27 août. Gautier se livre dans La Presse à un double éloge : du Lorenzaccio de Musset, " une admirable étude dramatique " et de " Une Représentation de Mosé à la Fenice de Venise " (fragment de Massimila Doni de Balzac), qui vient de paraître dans La France musicale :

C’est un chef d’oeuvre tout uniment.

Début octobre. -Gautier laisse Victorine au 20 de la rue Navarin et s’installe au 14.

13 octobre. -Il demande au maire du 2ème arrondissement à être représenté devant le conseil de révision qui, le 11 octobre, a prononcé son maintien dans les cadres de la Garde nationale (78).

8 novembre. -Le conseil de révision le maintient dans les cadres.

20 novembre. -Gautier sort de la prison de la Garde nationale, où il avait été enfermé pour avoir refusé de prendre son tour de garde. Il écrit à Nerval au début de décembre :

Mon brave, je ne suis pas en Alger, mais bien dans les cachots de la Garde nationale qui sont très peu récréatifs. J’ai pourri onze jours sur la paille du gouvernement qui est fort dure (79).

Ce ne sera pas la seule fois que pareille mésaventure lui arrivera ; cf par exemple le billet à Pradier de novembre 1849 :

Des mouchards de la Garde nationale me saisissent pour me traîner aux Haricots (80)

11 décembre. -Compte rendu enthousiaste dans La Presse de la " symphonie dramatique " Roméo et Juliette de Berlioz, qu’il compare à la fois à Hugo et à Beethoven et qu’il défend contre ceux qui le trouvent difficile.

19 décembre. -A lieu chez Gautier la réunion préparatoire à la 5ème réunion du Comité de la Société des gens de lettres ; y assistèrent entre autres Balzac, Hugo, E. Guinot, L. Gozlan. Balzac était alors président de la Société ; il fut remplacé par Hugo le 9 janvier 1840.

22 décembre. -Publication dans La Caricature du Garde national réfractaire ; la seconde partie paraîtra le 5 janvier 1840.

24 décembre. -Balzac dépose chez son portier pour Gautier La Toison d’or que Gautier lui avait envoyée et qu’il avait

serrée comme un trésor qu’elle est (81).

Ont paru cette année dans La Presse soixante-trois articles, dont quarante-sept de critique littéraire, onze de critique artistique et cinq de variétés, et dans La France musicale un poème " L’Enfant de la montagne " (" Le Chasseur "), qui entrera dans Espana, dans les Poésies complètes de 1845, bien qu’il ne dût rien à l’Espagne.

 

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Début mars. -Gautier réclame à Dujarrier, administrateur-gérant de La Presse, de lui payer danvantage ses comptes rendus de Salon :

Il m’est impossible d’acccepter cinquante francs ; le soin extrême qu’exige une semblable critique, la nécessité d’aller au Salon tous les jours et faire son article la nuit, veulent être récompensés (82).

2 mars. -Gautier signale dans La Presse les débuts de Carlotta Grisi dans la ballet le Zingaro:

Elle sait danser ce qui est rare ; elle a du feu, mais pas assez d’originalité ; elle manque de cachet à elle ; c’est bien, mais ce n’est pas mieux .

Il ajoute que sa voix est

une très jolie voix de danseuse

et il donne une courte description de la danseuse.

11 mars. -Premier article du Salon ; suivront sept articles, les 13, 20, 22, 24, 25, 27 mars et 6 avril.

5 mai. -Gautier part avec son ami Eugène Piot pour l’Espagne. Piot, qui a hérité d’une solide fortune et est un collectionneur d’art passionné, pense trouver en Espagne des tableaux, des armes anciennes, des faïences et compte peut-être sur les connaissances de Gautier en matière de peinture ; il lui servira en même temps de banquier. Il pense aussi constituer un album de daguerréotypes.

6 et 7 mai. -Gautier et Piot ont passé la nuit à Tours. Gautier écrit de là à sa mère qu’il est en train de manger :

...J’ai avalé du potage, un beefteack, des côtelettes, du brochet, de l’anguille, des asperges, j’attends le second service... (83)

.

8 mai. -Arrivé la veille à Bordeaux -peu fatigué, et les cheveux " pas même défrisés "-,

J’ai une résille et un rond pour la tête et pour le cul (84),

il y passe la journée et part le 9.

9 mai. -Il est à Bayonne

11 mai. -Il quitte Bayonne ; il dîne a Astigarra, en part dans la nuit pour Victoria

12 mai. -Il arrive à Victoria le 12 au soir et assiste à une représentation d’ " Hercules français " et à une lamentable danse espagnole.

13 mai. -Arrivée à Burgos, dont il part le 17. Il a déjà envoyé deux articles à La Presse sur le début de son voyage et écrit trois poèmes ; il a

vu de bien belles choses (85).

17 mai. - Arrivée à Valladolid, où il reste jusqu’au 20 .

18 mai. - Il voit une pièce espagnole El Pelo de la Desa.

19 mai. -Il assiste à une représentation d’Hernani, le drame ayant été un peu amputé, mais " bien joué "

21 mai. - Arrivée à Madrid. Il y restera jusqu’au 27 juin.

25 mai. -Il assiste à sa première corrida ; entre temps, il a envoyé quatre articles à La Presse sur son voyage depuis son entrée en Espagne jusqu’au séjour à Burgos inclus ; il y a mêlé des pièces de vers. Il assiste à quelques représentations de pièces espagnoles au Liceo (25 mai ?)

27 mai. -Au théâtre del Principe (" billete de presentacion ") dû à don Mariano Roca de Togores, auteur de drames historiques).

Il visite le musée du Prado où il s’arrête longuement sur Goya, et l’Académie San Fernando ; on ne sait s’il put voir des collections particulières, étant donné le peu de connaissance que l’on a des relations qu’il eut avec les milieux madrilènes : il semble cependant avoir été mieux accueilli dans les salons que dans les milieux littéraires ; il rencontra cependant Breton de las Herreros, un écrivain antiromantique, et il eut Masonero Romanos pour guide averti dans Madrid et pour initiateur à la tauromachie. Il note pourtant dans une lettre à sa mère du 15 juin :

Les Espagnols sont très bonnes gens et nous avons assez de liaisons pour être obligés de fermer notre porte (86).

27 mai. -Le Rat, dans le tome III des Français peints par eux-mêmes , sur les " rats " de l’Opéra.

18 juin. - Obligé de retarder son départ par manque de places dans les voitures, il assiste à Madrid à la procession de la Fête-Dieu.

22 juin. -Il part pour Tolède ; il se baigne dans le Tage, visite la ville.

Nuit du 24 au 25 juin. -Il quitte Tolède pour rejoindre Madrid.

25 juin. -Il arrive à Madrid.

27 juin. -Il quitte Madrid. Visite d’Aranjuez. Nuit à Ocana.

28 juin. -Départ dans l’après-midi d’Ocana et voyage, même la nuit, avec quelques courts arrêts, escortés par le " correo real " pour prévenir les attaques de diligence, les 29 et 30 juin, jusqu'à Baylen, en passant par Tembleque, Puerto-Labiche, Manzanares, Valdepenas, la Carolina. Il passe la nuit à Baylen.

1er-2 juillet. -Le voyage se poursuit avec seulement arrêt à Jaen jusqu'à Grenade, où il arrrive le 2 juillet à deux heures du matin, où Piot et lui se hâtent de se loger dans une maison particulière prenant des pensionnaires et dont la maîtresse parle français.

1er juillet-12 août. -Séjour à Grenade ; les moeurs andalouses se révèlent très vite moins solennelles que celles de Madrid :

Au bout de cinq à six jours, nous étions tout à fait intimes, nous avions la liberté d’appeler par leur petit nom Carmen, Teresa, Gala, etc... les femmes et les filles des maisons où nous étions reçus (87).

Il leur adressait aussi des lettres d’amour et des poésies galantes, et l’une de ces jeunes filles a sans doute été sa maîtresse ; cela se passa à l’Alhambra où Gautier et Piot avaient été autorisés à passer quatre jours et quatre nuits dans la cour des Lions ; elle s’appelait Gracia (88) ; il la chantera dans " Les trois grâces de Grenade " (89). Le goût de la couleur locale le pousse à se faire faire, dès son arrivée, un costume de " majo " par le senor Zapata, tailleur renommé.

Juillet. -Le Chevalier double, dans Le Musée des familles.

4 août. -Il fait l’ascension du Mulhacen. Il écrit sans doute pendant son séjour les feuilletons correspondants aux chapitres VIII, IX et X du Voyage en Espagne.

12 août. -Départ de Grenade à dos de mule ; une traversée de la Sierra qu’il évoque encore en décembre 1871 dans une lettre à Carlotta.

14 août. -Arrivée à Malaga.

.

14-16 août. -Séjour à Malaga. Il note le caractère africain de la végétation et il apprécie le vin. Il assiste aux corridas organisées pour l’inauguration du cirque et y voit travailler le fameux Montès. Il voit au théâtre

l’une des plus remarquables productions de l’école moderne espagnole, Les Amants de Teruel,

de Juan-Eugenio Hartzembusch.

17 ou 18 août au matin. -Départ de Malaga.

20 août. -Visite d’Ecija.

22 août au matin. -Arrivée à Cordou.

23 août. Départ de Cordou pour Séville avec une autorisation de port d’armes. Nouveau passage à Ecija.

24 août. -Arrivée à Séville.

Septembre. -Le Pied de momie, dans Le Musée de familles.

24 août-2 septembre. -Séjour à Séville. Il n’y trouve

rien de particulièrement merveilleux, si ce n’est la cathédrale.

3 septembre. -Il quitte Séville par le bateau à vapeur de Cadix qui descend le Guadalquivir ; il arrive à Cadix " la nuit noire ".

4-12 septembre. -Séjour à Cadix.

5 septembre au soir. -Il dîne sur le brick de guerre " le Voltigeur " pour le commandant duquel il avait une recommandation ; il y fait un excellent dîner, mais le mauvais temps le retient deux jours à bord, il retourne à terre le 7.

Entre le 8 et le 12 septembre. Excursion à Puerto de Santa Maria, où il assiste à une course de taureaux bouffonne, et à Jerez où il enrichit ses connaissances oenologiques dans les caves du père de l’aimable Zuniga, qu’il avait connue à Grenade. Le mauvais temps retarde le départ prévu le 9.

12 septembre. -Il s’embarque sur " L’Océan ". Il passe le détroit de Gibraltar et voit au loin la côte d’Afrique :

La voir et passer, quel raffinement nouveau du supplice de Tantale.

Coucher à Malaga.

13 septembre. -Escale à Carthagène.

14 septembre. -Court arrêt à Alicante.

15 septembre. -Arrivée à Valence.

15-30 septembre. -Séjour à Valence, le mauvais temps ayant perturbé les horaires des bateaux.

1er octobre. -Départ de Valence.

2 octobre. -Débarquement à Port-Vendres, après une escale de quelques heures à Barcelone.

3 octobre. -Il part de Perpignan pour Toulouse où il pense arriver le 4 au matin, selon sa lettre à sa famille du 3 ; de Toulouse il veut filer sur Paris " le plus vite possible ".

8 ou 9 octobre. -Arrivée à Paris.

A dater de ce voyage en Espagne, dit-il dans sa notice biographique de 1867

(il n’eut) d’autre idée que de ramasser quelque somme et de partir : la passion ou la maladie du voyage s’était développée en (lui).

Cette année voit s’élever les premières difficultés entre Emile de Girardin et Gautier, en particulier à propos de la publication des feuilletons de voyage.

Pendant son absence ont paru neuf feuilletons : Sur les chemins ; Lettres d’un feuilletoniste, consacrés au voyage en Espagne, qui entreront dans Tra los montes en février 1843, devenu le Voyage en Espagne en 1845.

Il a publié neuf poèmes, dont six composés pendant le voyage en Espagne, et vingt articles de critique dramatique et artistique.

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17 et 31 janvier. -Publication dans La Revue des Deux Mondes de " Tolède ", qui sera le chapitre X du Vopyage en Espagne.

7 mars. -Gautier rend compte dans La Presse d’un pas de deux, inséré comme divertissement dans La Favorite de Donizetti, où Cartlotta Grisi fait ses débuts à l’Opéra. Il est enthousiaste :

Elle danse aujourd’hui merveilleusement. Il y a là beauté, jeunesse, talent, -admirable trinité.

Cet enthousiasme marquait le début d’un amour qui ne fut sans doute pas toujours platonique, surtout pendant la période où la danseuse ne pouvait dédaigner l’appui d’un critique influent, et qui dura jusqu'à la mort de l’écrivain.

9 mars. -Gautier dîne chez Madame d’Agoult avec Balzac, amené par Liszt, Hugo, Lamartine et Alphonse Karr.

23 mars. -Dîner chez Madame de Girardin avec Madame d’Agoult, Lamartine, Hugo, A. Karr.

18 et 25 avril. -Publication dans La Revue de Paris du " Salon " de 1841.

2 juin. -Il lit chez Madame de Girardin " La Marseillaise de la paix ", de Lamartine.

28 juin. -Première repésentation et publication de Giselle, ballet inspiré d’une légende allemande racontée par H. Heine dans De l’Allemagne, et que Gautier a écrit tout spécialement pour Carlotta. Le succès fut éclatant, et dû en grande partie au talent de la danseuse, comme le souligne Gautier dans son compte renfu présenté sous forme d’une lettre à Heine, dans La Presse du 5 juillet (90).

Juillet. -Publication dans Le Musée des familles de Fantaisies littéraires : Deux acteurs pour un rôle.

Début août. -Gautier est choisi comme témoin avec Alphonse Royer par Heine en vue de son duel avec S. Strauss. Le duel aura lieu le 7 septembre en dehors de la présence de Gautier (91).

21 novembre. -Il souffre d’une fluxion qui l’empêche d’écrire son feuilleton.

23 novembre. -Il est nommé membre de la commission chargée d’examiner le projet de construction du tombeau de Napoléon ; il y servit de secrétaire. Le rapport de la commission fut terminé le 21 décembre et parut dans Le Moniteur du 16 janvier 1842 ; Gautier en avait corrigé les épreuves. La commission ne s’était décidée pour aucun projet. Gautier avait son projet personnel, qu’il exposa dans un article qui ne fut pas publié et que Sp. de Lonvenjoul lui attribue : il estime qu’il eût été préférable de le laisser à Sainte-Hélène, mais qu’à Paris, seul le Panthéon convient, et non les Invalides, pour accueillir son tombeau, dont il esquisse ce qu’il doit être (92).

Fin 1841. -Publication dans la Galerie des artistes dramatiques de Paris, de " Madame Carlotta Grisi " (dans Giselle). Il en dessine un portrait attendri. Bien plus tard, il évoquera nostalgiquement ces premiers moments d’amour (93).

Giselle rapporta à Gautier, comme auteur du livret, 982,28 francs en 1841 et pour l’ensemble des représentations jusqu'à sa mort, 3 733,26 francs. Les ballets étaient donc une source importante de revenus, aussi n’hésita-t-il pas à écrire d’autres livrets (94).

Trente-huit articles de critique et de variétés, et seize poèmes qui entreront dans Espana.

 

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11 janvier. -Gautier assiste, costumé en Espagnol, au bal donné par Louis-Philippe au pavillon de Marsan.

17 janvier. -A la suite de sa participation à la commission chargée de l’examen des projets pour le tombeau de Napoléon et de la rédaction du rapport, il est nommé chevalier dans l’ordre royal de la Légion d’honneur. Les journaux reprochèrent au gouvernement que cette distinction lui eût été accordée à cette occasion, et non pour son oeuvre de poète et d’écrivain.

20 janvier. -Gautier accompagne E. de Girardin à la Comédie Française pour assister à la seconde lecture de Judith, tragédie en vers de Madame de Girardin, lue par l’acteur Beauvallet ; elle fut cette fois acceptée.

Février. -Gautier envoie à Perrot le canevas de son futur ballet, La Péri. Cet envoi peut se placer entre janvier et décembre, février paraissant plus probable (95).

6 mars. -Il est à Londres, où il accompagne Carlotta Grisi et Perrot.

12 mars. -Première représentation internationale de Giselle, qui eut lieu à Covent Garden. Il est enchanté de son séjour (96). Le succès du ballet est considérable, " énorme " dit Gautier ; la reine Victoria le vit deux fois ; et puis, il est très entouré par la famille Grisi (97).

13-14 mars. -Gautier quitte Londres pour la Belgique.

14-15 mars. -Il est à Gand chez la cantatrice Emma Carles, sa soeur et sa mère.

Vers le 20 mars. -Il rentre à Paris.

15 avril. -Publication dans la R.D.M. d’Une Journée à Londres, qui sera repris dans Caprices et zigzags en 1852. Il y dit entre autres que si les Anglais étaient capables de produire de l’argent, ils ne pouvaient produire " le génie, la beauté et le bonheur ".

Avril. -" Salon " de 1842, dans Le Cabinet de l’amateur et de l’antiquaire.

15 juillet. -Publication dans la R.D.M. du chapitre XII du Voyage en Espagne.

Août. -La mille et deuxième nuit, dans Le Musée des familles. Elle entrera dans les Romans et contes en 1863.

Eté-automne. -Idylle avec la soeur d’Emma Carles, Narcisse Odoïle, qu’il avait rencontrée à Gand en avril et avec qui il semble toujours en relation en 1843.

Septembre. -Publication dans Le Cabinet de l’amateur et de l’antiquaire, de l’article " Francisco Goya y Lucientes ", qui sera inséré dans le chapitre VIII du Voyage en Espagne.

4 septembre. -Publication dans La Revue de Paris de l’article " Shakespeare aux Funambules ", repris en 1856 dans L’Art moderne et en 1883 dans Souvenirs de théâtre, d’art et de critique.

2 octobre. -Représentation d’un Falstaff d’après Shakespeare par A. Vacquerie et P. Meurice, à l’Odéon ; l’acteur Monrose y récite un " Prologue " en vers de Gautier, prologue publié dans Le Compilateur du 10 octobre et inclus en définitive dans le Théâtre.

29 octobre. -Publication dans Les Français peints par eux-mêmes de Le Maître de chausson, monographie reprise dans La Peau de tigre en 1863.

1er novembre. -Publication dans la R.D.M. des chapitres XIII et XIV du Voyage en Espagne.

Depuis mai, Carlotta Grisi est à Paris chez sa mère et sa soeur Ernesta, et elle danse en juillet dans le ballet de H.V. de Saint-Georges, La jolie fille de Gand. Gautier est un habitué du foyer de l’Opéra et les petits journaux s’en amusent : " Il prend des leçons quotidiennes de Mlle Carlotta Grisi ", écrit A. Second.

Trente-neuf articles publiés au cours de 1842 : trente-deux de critique dramatique, quatre de critique artitique et trois de variétés, et cinq poèmes.

 

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1er janvier. -Publication dans la R.D.M. du chapite XV et dernier du Voyage en Espagne

18 janvier. -Début de son idylle avec Aimée C***, qui épousera plus tard M. de Brabant d’après une lettre de Gautier postérieure au 25 août 1855, et qui a gardé son mystère. Dans son feuilleton de La Presse, en partie consacré à la rentrée de Carlotta Grisi, il annnonce, sans lui donner de titre, qu’il travaille à un nouveau ballet :

le sujet de cette oeuvre chorégraphique sera emprunté aux légendes de l’Orient,

mais Le Courrier des spectacles du 7 décembre 1842 avait déjà annoncé que l’ouvrage était intitulé La Péri.

22 janvier. -Début de sa liaison avec Reine-Félicité Courtet, qui a dû le rendre heureux quelques jours plus tard. Elle avait alors dix-sept ans ; elle épousera en avril 1845 Alphonse Lhomme, et leur amitié retera fidèle à Gautier jusqu'à sa mort. Gautier l’appellera toujours Regina.

10 février. -Publication d’Une Visite nocturne, dans Les Guêpes d’Alphonse Karr, reprise dans La Peau de tigre en 1865, puis à la fin de l’édition des Jeunes-France de 1873.

18 février. -Publication de Tra los montes, chez Magen, qui regroupe les feuilletons des récits de voyage en Espagne.

13-14 mars. Articles enthousiastes de Gautier sur Les Burgraves de Hugo, dont la première repésentation avait eu lieu le 7 mars, ce qui n’empêcha pas la chute de la pièce.

27 mars. -Il assiste à la lecture de la tragédie de Ponsard, Lucrèce, à l’Odéon.

8 avril. Il dîne chez Hugo avec Balzac qui écrit à Madame Hanska :

J’ai été médiocrement content de ce dîner.Th. Gautier m’a souverainement déplu, c’est fini entre nous, et je lui ferai sentir mes griffes à notre première rencontre (98).

La brouille ne durera pas : Gautier écrira une introduction aux chapitres XXV à XXXVIII des Petites misères de la vie conjugale, parues dans La Presse du 2 au 7 décembre 1845.

22 avril. -Balzac goûte au hachich en compagnie de Gautier à l’hôtel Pimodan.

24 avril. -Première de la tragédie de Madame de Girardin, Judith, dont Gautier rend compte dans La Presse du 2 mai. Il avait suivi de près les répétitions ; il fait grand éloge de la pièce, et, dans le rôle de Judith, Rachel qui a, estime-t-il, ressuscité la tragédie. Il rend compte en même temps de la Lucrèce de Ponsard dont le succès vient surtout, selon lui, de ce qu’elle a été utilisée comme repoussoir pour attaquer Les Burgraves.

21 mai. Publication dans La Revue de Paris des vers " A une jeune italienne ", écrits pour Carlotta Grisi.

Avril-mai-juin. -Préparation de La Péri à l’Opéra : Gautier veille particulièrement aux décors.

10 juillet.-Publication dans La Presse de l’article " Le hachich ", où Gautier raconte l’expérience qu’il vient de faire de la drogue ; l’article sera repris dans le tome II de L’Orient en 1877.

17 juillet. -Première de La Péri, dansée par Carlotta ; le succès fut complet et la critique dans l’ensemble favorable. Le même jour, publication du livret.

25 juillet. -Sous forme d’une lettre à Nerval, Gautier fait le compte rendu du ballet, sorte de commentaire du livret, se terminant par un éloge lyrique de Carlotta, qui a en particulier dansé " avec un chaste embarras " le " Pas de l’abeille " (99).

Eté. -Gautier mène grand train, roule voiture et Carlotta semble apprécier les promenades ainsi faites. Il gardera son phaéton jusqu’en 1848. Il a également deux poneys et un domestique.

La liaison avec Madam Damarin se poursuit.

Début de sa liaison avec l’actrice Alice Ozy, liaison qui, avec des éclipses, durera plusieurs mois , puis devint une longue amitié tendre. Elle sera amie du couple Ernesta-Théophile, quoiqu’elle ne paraisse pas avoir grande sympathie pour Ernesta ; elle sera cependant choisie comme marraine de leur seconde fille , Estelle, en 1847. Gautier ne cessa d’autre part de la défendre comme actrice et de la soutenir dans sa carrière. Il avait pour elle une admiration d’artiste devant un corps parfait, mais il est aussi sensible à son esprit, qu’il met parmi ses grandes qualités d’actrice.

Août. -Publication dans Le Musée des familles de l’article " La Tauromachie ", repris dans le tome III de La Peau de tigre en 1852.

21 septembre. -Première au théâtre des Variétés du vaudeville Un Voyage en Espagne, écrit en collaboration avec Paul Siraudin ; fin octobre, Gautier écrit à Nerval qu’il

est infâme d’être passé vaudevilliste

poussé par le manque d’argent (100). N. Roqueplan en fait le compte rendu dans La Presse du 25 septembre, sous forme d’une lettre à Gautier (101). Alice Ozy interprétait le personnage de Rosine et lui prêtait, écrit Gautier dans son feuilleton de La Presse de 2 octobre :

une jolie figure, une jolie voix, une allure dégagée et mutine qui laisse pressentir juste ce qu’il faut, la grisette de la rue Vivienne sous la mantille de l’Espagnole.

Publication du vaudeville chez Detroux et Tresse.

1er octobre. -Carlotta qui a donné la veille la première de La Péri à Londres, fait part à Gautier de sa désapprobation quant à sa métamorphose en vaudevilliste : il doit prétendre " au Théâtre-Français et non aux Variétés " ; sa jalousie à l’égard d’Alice Ozy n’était pas étrangère à sa réaction : elle l’assure qu’il n’a aucune autre amie qui s’intéresse comme elle à tout ce qui le regarde.

1er novembre. -Sur le chemin de Londres, Gautier s’est arrêté à Rouen chez Ernesta Grisi, la soeur de Carlotta. Il a dîné avec elle et l’emmène avec lui : c’est le début d’une liaison qui durera jusqu’en 1866. Elle avait débuté au Théâtre-Italien de Paris dans La Norma en novembre 1838. Gautier, dans son compte rendu, en avait tracé un portrait rapide :

Elle est petite, assez potelée, la figure pleine et ronde, un peu courte, les yeux très beaux avec des prunelles vert de mer et des sourcils noirs en pinceaux, le nez manque de noblesse, la bouche est vermeille et s’épanouit assez gracieusement, les bras sont d’un galbe élégant (102).

La critique lui trouve en général une belle voix de contralto, mais qui manque de souplesse. Elle ne parviendra pas vraiment à faire carrière, malgré l’aide de sa soeur Carlotta, puis le soutien sans défaillance de Gautier.

2 novembre. -Gautier et Ernesta arrivent à minuit à Londres. Il évoque leur traversée de la Manche dans le feuilleton de La Presse du 10 décembre, " Yeux verts et talons roses ".

Vers le 10 novembre.- Il écrit à Noël Parfait :

Je gagne ma vie par le moyen de Giraldon-Bovinet qui me donne des sols pour les notices d’opéra (103).

Ces notices paraîtront par livraisons de juin à novembre 1844 dans Les Beautés de l’Opéra

18 novembre.-Gautier est peut-être resté à Londres jusqu'à cette date, date de la dernière représentation de La Péri ; Calotta devait danser à nouveau le ballet à Paris à partir du 26 novembre.

10 et 19 décembre. -Publication dans La Presse d’une série intitulée Pochades, paradoxes et fantaisies ; elle entra en 1852 dans Caprices et Zigzags.

Quarante-six articles de critique dramatique et dix de variétés, ainsi que dix poèmes.

 

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26 mars. -Début du " Salon ". Gautier lui consacre sept articles dans La Presse, les 26, 27, 28, 29,30 mars et 2 et 3 avril.

Mars-avril. -Ernesta, à Rouen dans l’attente d’un concert que Carlotta tente de lui organiser à Londres, écrit fréquemment à Gautier et fait quelques voyages à Paris pour le voir.

Mai. -Publication dans Le Musée des familles de la nouvelle Le Berger, qui entrera dans La Peau de tigre en 1852.

3 mai. -Retour à Paris de Carlotta, pour laquelle, dit Gautier, dans son feuilleton du 8, on a frêté exprès et un convoi de chemin de fer et un steamer.

24 mai. -Depuis une quinzaine de jours ", dit-il à un correspondant, il n’habite plus à Paris ; il a en effet loué une maison avec un gardien à Auteuil, Route Royale du Point du jour (104), où il s’est installé avec Ernesta. Il y restera jusqu’en octobre.

Gautier est invité avec Nerval pour le dimanche suivant à un dîner

offert par de grands poètes, les officiers d’état-major du 1er et2ème Carabiniers (105).

Juin. -Excursion en Gascogne, où il est reçu par son cousin Henri de Poudens au château de Brassempouy.

1er juin. -Publication de Les Beautés de l’Opéra (première livraison) : La Giselle

1er juillet. -Deuxième livraison : Le Barbier de Séville.

1er août. -Troisième livraison : Le Diable boîteux.

1er septembre. -Quatrième et cinquième livraisons : Les Huguenots.

1er octobre. -Publication dans La Presse du Roi Candaule ; elle se poursuivra les 2, 3, 4 et 5 et entrera en 1845 dans les Nouvelles.

3 octobre. -D’après une lettre de N. Parfait à Louis de Cormenin, Gautier

paraît bien décidé à partir pour l’Egypte à la fin de ce mois

et une lettre, sans doute de cette époque, de Gautier à Joseph Lingay, fait part de l’itinéraire qu’il se propose de suivre (106).

12 octobre.-Publication des Grotesques, chez Desessart.

22 et 29 octobre.-Publication dans Le Diable à Paris du récit Feuillets d’album d’un jeune rapin ; il sera repris dans La Peau de tigre en 1865, et en 1872 dans les Contes humoristiques placés à la suite des Jeunes-France.

Ce même mois, il revient s’installer avec Ernesta au 14 de la rue de Navarin.

1er novembre.-Sixième livraison : La Norma. Ces livraisons seront réunies en volume en 1845 et reprises en 1883 dans Souvenirs de théâtre, d’art et de critique.

16 décembre. -Compte rendu enthousiaste du Désert de Félicien David, pour son

sentiment large et panthéistique de la nature

et surtout sa restitution des beautés de l’Orient. Gautier consacrera à nouveau une grande partie de son feuilleton du 6 janvier 1845 au Désert de F. David et à l’Orient.

Soixante articles : quarante-six de critique dramatique, et dix de critique artistique, quatre de variétés et onze poèmes, dont sept feront partie d’Espana.

 

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13 janvier. -Traité avec Charpentier pour l’édition d’un volume de Romans, dont Mademoiselle de Maupin et Les Jeunes-France, un volume de Nouvelles, dont Fortunio et Une Larme du diable, un volume de Voyages et un volume de Poésies, dont Albertus et La Comédie de la mort.

11 mars. -Début des comptes rendus du " Salon ", qui se poursuivront les 18, 19, 20 mars, 15, 16, 17, 18 et 19 avril.

Mars. -Gautier organise les concerts que va donner la pianiste Marie Pleyel au Théâtre-Italien les 1er et 15 avril. Il rendra compte du premier dans La Presse du 7 avril. Il la considère comme une des meilleures pianistes de l’époque, la mettant à côté de Chopin et de Liszt (107) et la qualifiant de " ce Liszt en jupons " (108). Il y aura entre elle et lui une amitié profonde.

7 avril. -Première de Le Tricorne enchanté ou Le Chapeau de Fortunatus, bastonnade en un acte et en vers, écrite par Gautier, avec, peut-être, une part de collaboration de Paul Siraudin : Théophile Gautier fils écrivait een effet en 1898, que l’on n’était pas fixé " sur l’existence de cette collaboration ". Le succès fut très appréciable ; Gautier avait créé le rôle de la soubrette spécialement pour Alice Ozy, mais celle-ci, engagée à Londres, ne put le créer et elle en eut, dit-elle à Gautier " un vrai chagrin " (109).

12-13 avril.-Publication du Tricorne enchanté dans La Presse.

22 avril. Traité avec l’éditeur Delavigne. Gautier s’engage à donner un ouvrage, Le Vieux de la montagne, dans un délai d’un an, en échange de quoi Delavigne cède à Charpentier ses droits de réimpression de Tra los montes, Une Larme du diable, La Comédie de la mort. Le Vieux de la montagne ne fut jamais écrit.

3 mai .- Publication du Tricorne enchanté en brochure. Repris en 1855 dans le Théâtre de poche, puis dans les Poésies, il finit par entrer dans le Théâtre en 1872.

2 juin. -Publication dans La Presse de la notice " Gavarni ", reprise dans les Oeuvres choisies de Gavarni chez Hetzel (19 juin), augmentée de l’étude " Les Enfants terribles ". Le tout sera repris en 1883 dans Souvenirs de théâtre, d’art et de critique.

Juin. -L’Oreiller d’une jeune fille, dans Le Musée des familles.Il fera partie de La Peau de tigre en 1852 et en 1865.

Il a commencé la rédaction du " roman-steeple-chease " en collaboration avec Delphine de Girardin, Jules Sandeau et Joseph Méry.

3 juillet. -Gautier part pour l’Algérie avec Noël Parfait. Nerval le remplacera au feuilleton pendant son absence.

6 juillet. -Gautier débarque à Avignon du bateau à vapeur qui l’amené et s’arrête chez sa tante, une soeur de son père, qui y tenait " une petite pension bourgeoise ".

6 ou 7 juillet. -Il quitte Avigon.

8 ou 9 juillet.-Il arrive à Marseille. Lui et N. Parfait logent chez J. Méry, à la villa Estienne, qui possède un établissement de bains où Gautier se livre avec joie à la natation ; il a dit plus tard à son gendre qu’il avait fait à la nage l’aller-et-retour du château d’If (110). Méry l’emmène chez sa maîtresse, lady Greigh, femmme du premier secrétaire du gouvernement de Malte qui tenait salon et recevait les célébrités de passage.

Les journées que nous avons passées à la villa Estienne compteront parmi les plus douces

écrira Gautier à Méry le 22 (111) et il en rappellera le souvenir dans son article nécrologique sur Méry dans Le Moniteur universel du 19 juin 1866. Il termine pendant son séjour les deux dernières lettres qui lui incombaient dans La Croix de Berny.

5 juillet.- Publication des Poésies complètes, chez Charpentier.

9 juillet. -La Presse commence la publication de La Croix de Berny, roman steeple-chease par le vicomte de Launay (Madame de Girardin), Th. Gautier, J. Sandeau, J. Méry. La publication se poursuivra les 10, 11, 12, 13, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 22, 23, 24, 25, 26, 29, 30, 31 juillet et 1er, 2, 3, 5, 6, 7, 8, 9, 10 août.

15 juillet. -Il quitte Marseille à bord du Pharamond et arrive à Alger le 16 en fin d’après-midi. Il sera guidé dans Alger par un officier de spahis rencontré sur le bateau, par le fils de Joseph Lingay et probablement par Ausone de Chancel, un ancien Jeune-France.

22 juillet. -Il assiste à une rerprésentation de la comédie Le Maître de Chapelle, de Sophie Gay, en présence du maréchal Bugeaud.

23 juillet. -Gautier et N. Parfait, à qui le maréchal Bugeaud a proposé de l’accompagner dans son expédition en Kabylie, quittent Alger pour Dellys par bateau, avec l’état-major, et " un peintre-capitaine ", Baccuët, et rejoignent le corps expéditionnaire le 24 à Ain el Arbah. Gautier est enchanté (112).

23 juillet-5 août. -Déroulement des opérations dans les montagnes de Kabylie, un paysage dont Gautier a reçu et gardé une forte impression : il les évoque encore en 1865 dans Quand on voyage, " Florence " (113).

De retour à Alger, il fait connaissance d’Ernest Reyer le musicien, qui viendra faire carrière à Paris en 1848 et collaborera avec Gautier. Une excursion à Blidah organisée par Bourbaki lui permet d’assister aux étranges cérémonies des Aïssaouas.

14-19 août. -Excursion par mer à Oran, où Gautier et Parfait rencontrent Louis de Cormenin venant d’Espagne ; ils rentrent avec lui à Alger.

21 août. -Gautier quittent Alger par mer, jusqu'à Philippeville ; de là, ils gagnent Constantine à cheval. Ils visitent la ville guidés par l’ingénieur qui a dressé les plans et Gautier en gardera un inoubliable souvenir ; il y assiste à la danse des Djinns.

25 août. -Naissance de Judith, que lui annonce Carlotta par lettre le 26 :

Une charmante petite fille a fait son entrée dans le monde le 25 du mois d’août. Elle ressemble infiniment à son père et si elle y ressemble en esprit, ce sera le plus charmant chef-d’oeuvre que le bon Dieu ait fait (114).

28 août. Ils rentrent à Alger.

29 août. -Gautier et Parfait quittent Alger à bord du Charlemagne.

31 août.- Arrivée à Marseille, retour nuancé de tristesse (115).

7 septembre. -Gautier et Parfait sont de retour à Paris.

3 novembre. -Séance de haschich, ou " fantasia " à l’hôtel Pimodan avec le Docteur Moreau l’aliéniste, qui était très intéressé par les effets de la drogue et y insiste dans son ouvrage, La Psychologie dans ses rapports avec la philosophie de l’histoire (1859).

15 novembre. -Prologue d’ouverture à l’Odéon, publié dans La Presse du 16, entré dans son Théâtre en 1872.

19 novembre. -Dîner chez Madame de Girardin avec Balzac (116). Gautier fréquente beaucoup chez Mme de Girardin, qui a pour lui beaucoup d’amitié. Balzac écrivait le 9 septembre à Mme Hanska : " Elle est folle de Gautier ", et ne cesse de la soutenir dans ses difficultés avec Emile de Girardin ; elle vient d’écrire en collaboration La Croix de Berny et deux ans plus tard, Gautier aura une part de sa Cléopâtre.

29 novembre. -Publication chez Magen de Zigzags, groupant des articles parus entre le 8 décembre 1832 et le 31 janvier 1840 : " Venise ", " Un Tour en Belgique ", " Une Journée à Londres ", " Pochades, Paradoxes et fantaisies ".

Novembre.-Gautier vend à la R.D.M. Le Capitaine Fracasse, sur lequel il touche une avance de 2000 francs et dont il n’écrit pas une ligne.

2 décembre. -Gautier introduit dans La Presse les Petites misères de la vie conjugale ; le 30 novembre, Balzac avait écrit à Mme Hanska que Gautier " s’est chargé de faire quelques lignes " (117).

22 décembre. -Séance de haschich à l’hôtel Pimodan avec encore le Docteur Moreau, à laquelle probablement Baudelaire assista. Balzac, qui y assistait, rendit compte à Mme Hanska de ses impressions le lendemain 23 (118), puis le 27 janvier 1846 (119), impressions à comparer avec les expériences de Gautier, en particulier dans Le Club des Haschichins ou dans La Croix de Berny.

31 décembre. -Gautier dîne chez Mme de Girardin avec Balzac ; il est encore question de la pièce de Balzac, Richard-Coeur-d’Eponge ; " Gautier et moi ferons la pièce ", dit-il (120).

Sans date. -Oeuves choisies de Gavarni ; selon Sp. de Lovenjoul, peut-être écrit pendant le voyage en Algérie, repris en 1883 dans Souvenirs de théâtre, d‘art et de critique.

Gautier a publié cinquante-trois articles dont quarante de critique dramatique et onze de critique artistique, et onze poèmes, dont trois entreront dans Espana.

 

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1er janvier. L’Almanach du Jour de l’An, petit messager de Paris, annonce la publication pour ce mois de janvier du Voyage pittoresque en Algérie ; Alger, Oran, Constantine, la Kabylie, par Th. Gautier. Pressé par son éditeur Hetzel, Gautier en commença la rédaction, vingt-quatre pages furent imprimées, quelques feuilles furent encore tirées en épreuves, ainsi que les vignettes sur bois exécutées d’après les dessins de Gautier (121).

15 janvier. -Gautier assiste, avec Nerval et Balzac, au

mariage de Joseph Lingay. Balzac écrit à Mme Hanska : " 

Hier Gautier et Gérard qui étaient à la messe à Chaillot ont dîné chez moi ; le reste de la journée a été pris par eux. J’ai besoin de Gautier pour un feuilleton sur mes meubles florentins (122).

17 janvier. -Balzac a trouvé à Rouen " les débris d’un meuble royal " et veut consulter Gautier

pour savoir s’il faut le garder ou le mettre en vente (123).

1er février. -Publication dans la R.D.M. du Club des Hachichins, qui entrera en 1863 dans les Romans et contes.

13 février. -Au cours du dîner, il a été question du médecin toxicologue Orfila :

Ce monstre aime les petites filles au-dessous de treize ans, et Gautier a trouvé cela très naturel

écrit Balzac à Mme Hanska (124).

28 février. -Lecture de la pièce Regardez, mais ne touchez pas de Bernard Lopez, auquel Buloz, alors administrateur du Théâtre-Français, avait adjoint comme collaborateur Gautier ; admise à corrections à cette date, elle est définitivement refusée le 8 avril. Nestor Roqueplan acceptera dans le courant de l’été de créer la pièce, mais un scandale provoqué par un des acteurs prévus fit échouer le projet.

1er mars.-" Fantasia " à l’hôtel Pimodan. Publication de La fausse conversion, proverbe en un acte, dans la R.D.M. Ce proverbe ne fut pa joué du vivant de Gautier, mais sa fille Judith le fit représenter à l’Odéon les 24 avril et 1er mai 1899, sans grand succès. Publié dans le Théâtre de poche en 1855, il sera repris dans le Théâtre en 1872.

28 mars. E. de Girardin se plaint de la lenteur de Gautier à lui livrer sa copie, aors qu’il a un compte déficitaire à La Presse : il devait donner depuis deux ans Les Roués innocents, annoncés dans La Presse en 1844 :

Vous n’en avez pas écrit une ligne;

vous devez à La Presse soixante-douze articles et vous êtes loin de les avoir remis (125).

Gautier, passablement endetté, passera l’année dans des difficultés financières et, pour payer sa dette à La Presse, il ne remplit pas ses engagements envers Buloz et La Revue des Deux Mondes.

28 avril. -" Fantasia " à l’hôtel Pimodan.

19 mai. -Publication dans La Presse des Roués innocents ; elle se poursuivra les 20, 21, 22, 23, 24, 26, 27, 28, 29 et 30.

Printemps. -Hetzel envoie à Gautier " une épreuve de l’Algérie tout entière " et lui demande de remettre le lendemain le texte du prospectus destiné à annoncer la publication du Voyage pittoresque en Algérie, lequel prospectus fut remis et imprimé.

Mai. -Il sollicite d’Hetzel un prêt de 300 livres, car il est sans argent en attendant d’être payé par La Presse :

Sauve ton ami pour qu’il puisse finir L’Afrique (126) ;

mais il ne la finira pas et là s’arrêtera le projet de publication.

30 mai. Balzac envoie à Mme Hanska Les Roués innnocents qui viennent de paraître :

... une oeuvre de.Gautier qui fera plaisir à lire (127).

14 juin. -Gautier quitte Paris pour assister à l’inauguration du chemin de fer du Nord ; il passe par Amiens, Arras, Douai, Lille où il est traité

comme un prince par le journaliste de la ville (...) qui est immensément riche (128).

De là il décide de pousser " une pointe jusqu’au Rhin "

20 juin. -Me voilà tout de même sur le Rhin en Prusse, et je pars ce soir pour Amsterdam en Hollande d’où j’irai probablement rejoindre Ernesta à Londres (129).

21 juin. -Il est à Duetz, passe par Düsseldorf, Emmeruck, Arnhem, pour rejoindre Amsterdam.

22 juin.-Il visite le musée d’Amsterdam et poursuit son voyage sur Harlem, La Haye, Delft.

24 juin. -Il s’embarque à Rotterdam pour l’Angleterre.

26 juin. -Il est à Londres. Il raconte à sa mère les conditions du voyage (130). Il retrouve Ernesta qui doit donner des concerts et compte sur Carlotta, également à Londres, pour attirer le public : le Times annonce une repésentation pour le 4 août. Il reste à Londres plus longtemps qu’il n’avait prévu dans l’espoir d’y voir jouer Rachel, qu’une indisposition empêche de venir, de sorte qu’il assiste au banquet offert par le Lord-Maire le 10 juillet.

29 juin. -Girardin demande à Gautier de lui envoyer

tout de suite cinq ou six articles, sur ce qu [’il voudra]: voyage en Belgique, en Angleterre, théâtres, expositions de peinture, chemin de fer, navigation, machines, politique même

pour donner un répit à Dumas en remplissant le feuilleton quatre ou cinq jours (131).

28 et 29 juillet. -Publication dans La Presse d’" Esquisses de voyages ", qui se poursuivront les 30 et 31. Trois de ces articles seront repris dans Caprices et zigzags en 1831.

11 ou 12 juillet.-Gautier est de retour à Paris.

22 août. -Annonce de la publication de La Croix de Berny.

Vers le 20 septembre. -Gautier s’installe rue lord Byron, n°18, comme locataire d’Arsène Houssaye.

Septembre. Gautier part pour l’Espagne avec M. de Vatry pour assister aux mariages espagnols : le duc de Montpensier épousait le 10 octobre Luisa Maria Fernanda, soeur d’Isabelle II, reine d’Espagne et celle-ci épousait l’infant Francisco d’Assise, neveu de Ferdinand VII. Le baron de Vatry, parlementaire, représentait la Chambre des Députés et il était venu chercher Gautier pour l’accompagner, ce qui réduisit sans doute considérablement les dépenses de l’écrivain.

4 octobre. -Gautier et de Vatry arrivent à Madrid ; le voyage de Bayonne à Madrid a fait l’objet d’un feuilleton de La Presse du 14 octobre, sous forme d’une lettre à E. de Girardin, " Courrier de l’étranger, Espagne " (132).

8 octobre. -Il est invité par l’ambassadeur de France et déjeune " chez les princes " (le duc de Montpensier et le duc d’Aumale) qui logeaint à l’ambassade,

qui (lui) ont parlé longuement eu égard à la circonstance et au nombre de gens qu’ils avaient sur les bras (133).

Les princes avaient emporté avec eux l’ouvrage de Gautier, Voyage en Espagne, " et s’en sont beaucoup amusés ". Assistaient à ce déjeuner de nombreux autres artistes et écrivains.

10 octobre. -Il assiste au mariage de la reine, pour lequel il a reçu un billet d’invitation. Il avait reçu aussi une invitation pour le lendemain à la cérémonie des " velationes ", mais il n’est pas sûr qu’il y assistât. Il n’assista pas non plus aux diverses courses de taureaux et l’on ne sait s’il profita de la permission du duc d’Ossuna d’aller visiter sa résidence de l’Alameda et les toiles de Goya qui s’y trouvaient. Enfin il n’assista pas au bal donné par l’ambassadeur le 18. Il est probable qu’il a travaillé pendant ces jours-là, soit à sa nouvelle Militona,, soit aux articles sur son voyage.

19 octobre. -De Vatry et Gautier quittent Madrid.

26 octobre. -Ils sont de retour à Paris.

12 novembre. -Première au théâtre de la Porte Saint-Martin de La Juive de Constantine, drame anecdotique en cinq actes et six tableaux, écrit en collaboration avec N. Parfait, un mélodrame directement inspiré par le voyage en Algérie : cf l’article de Gautier sur sa pièce dans La Presse du 16 novembre ; ce fut un échec.

15 novembre.- Balzac écrit à Mme Hanska :

Je n’ai pas pu me dispenser d’aller à la pièce de Gautier (...) C’est au-dessous de l’ignoble et du bête ! Gautier s’est nommé après trois actes hués et sifflés justement, et pas assez selon leur mérite de platitude (134).

3 novembre. -E. de Girardin manifeste sa mauvaise humeur à l’égard de Gautier ayant toujours besoin d’argent et ne remplissant pas ses obligations envers La Presse qui l’a toujours régulièrement payé et lui a même consenti des avances (135).

22-29 novembre. -Dans La Presse, histoire de la recherche du prince Raden-Salek-Ben-Jagjia par Th. Gautier, qui avait vu à La Haye un tableau peint par le prince (136).

5 décembre. -Publication de La Juive de Constantine par Marchant.

7 décembre. -Compte rendu dans La Presse de La Damnation de Faust de Berlioz, dont Gautier fait un grand éloge :

Hector Berlioz nous paraît former, avec Victor Hugo et Eugène Delacroix, la trinité de l’art romantique.

12 décembre. -E. de Girardin, apprenant que Gautier souffre d’une fluxion espère que cela ne l’empêchera pas de poursuivre Militona.

19 décembre. -Publication dans La Presse des Oeuvres choisies de Gavarni :Les Etudiants de Paris, repris en 1883 dans Souvenirs de théâtre, d’art et de critique.

26 décembre. Publication chez Gide, Goupil et Vibert de La Turquie, moeurs et usages des Orientaux au XIXe siècle...., dessins de Camille Rogier, avec une introduction de Th. Gautier reprise en 1880 dans Fusains et Eaux-Fortes.

Décembre. -Publication dans Le Musée des familles du Voyage en Espagne (10 octobre 1846), avec des dessins qui seraient de Gautier.

Quarante-quatre articles de critique dramatique, huit de critique artistique, quatre de récit, un de variétés et deux poèmes.

 

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Janvier. Fin du Voyage en Espagne dans Le Musée des familles. Le tout sera repris dans La Peau de tigre en 1852, puis dans Loin de Paris en 1865.

1er janvier. -Début de la publication dans La Presse de Militona. Elle se poursuivra les 2, 5, 6, 7, 9, 12, 13, 14, 15 et 16.

3 janvier. -Début d’une publication dans La Presse d’une série " La Croix de Berny, Courrier de Paris ". A cause du succès du roman, La Presse fait rédiger le " Courrier de Paris " que tenait Mme de Girardin, alternativement par les quatre auteurs du roman : il paraîtra dix articles de Gautier, le dernier le 27 juin.

Février. -Gautier, toujours en peine d’argent, sollicite Hetzel. Voir leurs comptes dans leur correspondance du second semestre de cette année (137).

30 mars. -Début des comptes rendus du " Salon ", onze articles dont le dernier paraîtra le 10 avril. Dans ce dernier article, Gautier fait l’éloge de la statue de Clésinger " La Femme piquée par un serpent ", qui fit scandale. Le " Salon " sera édité par Hetzel le 15 mai .

Entre mars et août. -Collaboration avec l’auteur dramatique H. Dupin autour d’une pièce de théâtre, mais qui n’aboutit pas.

12 juin. - Publication de Militona chez Desessart.

25 juin. -Balzac écrit à Mme Hanska :

Je pense beaucoup à faire Orgon (suite au Tartuffe) et demain je verrai Gautier mon voisin, pour savoir s’il veut mettre ma prose en vers.

Le lendemain :

....j’ai vu Gautier, chez qui je suis allé deux fois et qui est venu, et qui a été foudroyé d’étonnement en voyant ma demeure, il m’a dit qu’il ne pouvait pas faire plus de dix vers par jour et qu’une comédie à rimer voulait six mois. (138).

14 juillet. -Balzac est en conflit avec Girardin et s’étonne que Gautier en supporte les camouflets (139).

Août. -E. de Girardin presse Gautier de lui remettre la suite de son roman Les deux étoiles, qu’il voudrait commencer à publier le 8 et qui ne paraîtra qu’à partir du 20 septembre 1848.

1er septembre. -Publication dans la R.D.M. de " Du beau dans l’art ; Réflexions et menus propos d’un peintre genevois ; ouvrage posthume de M. Töpffer ". Cet article sera repris dans L’Art moderne en 1856.

6 septembre. -Gautier assiste chez Mme de Girardin à une séance de magnétisme à laquelle il consacre son article du lendemain dans La Presse.

4 octobre. -Première au théâtre du Vaudeville de Pierrot Posthume, arlequinade écrite en collaboration avec P. Siraudin qui, en se proclamant co-auteur, provoqua une vive réaction de Gautier et engagea un procès contre le directeur du Vaudeville pour que son nom parût sur l’affiche auprès de celui de Gautier ; la pièce fut plutôt mal accueillie tant par le public que par la critique. Elle sera publiée en 1855 dans le Théâtre de Poche et en 1872 dans le Théâtre.

20 octobre. -Première à l’Odéon de Regardez, mais ne touchez pas, comédie de cape et d’épée écrite en collaboration avec B. Lopez.

28 novembre. -Naissance de la seconde fille de Gautier et d’Ernesta, Estelle.

11 décembre. -Publication de Regardez, mais ne touchez pas, chez Michel Lévy.

Cinquante-neuf articles de critique, dont quarante-huit de critique dramatique et onze de critique artistique, deux articles de variétés et un poème, " Rondella ", inséré dans Militona, puis dans Emaux et Camées en 1852.

 

 

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10 janvier. Article dans La Presse sur le nouveau Jardin d’Hiver.

Début janvier. -Gautier est en relation avec Berlioz sur un projet de ballet commandé par le compositeur et entrepreneur de spectacles Jullien, ballet qui, d’après une lettre de Berlioz du début janvier, aurait eu pour sujet le Wilhelm Meister de Goethe et le personnage de Mignon.

21 janvier. -Jullien accuse réception à Gautier de son " charmant ballet ", mais les difficultés financières de Jullien et la Révolution de 1848, qui ruine Gautier, mirent fin à l’affaire. Il a été retrouvé dans les papiers de Gautier une ébauche de ballet en deux actes qui a pour sujet les amours de Mignon et de Wilhelm Meister.

24 février. -Révolution et proclamation de la IIe République. La situation politique, les troubles qui suivirent le rétalissement de la république, le marasme économique ruinent Gautier qui va connaître de grands embarras. Pour tenter d’échapper aux difficultés de tous ordres ; il se réfugie dans sa poésie (140). Réfugié dans un petit logement au cinquième de la rue Rougemont, il commence à composer les poèmes du premier recueil d’Emaux et Camées, le sonnet-liminaire faisant l’aveu de cette retraite.

1er mars. -Gautier assiste à une assemblée d’artistes organisée par la Démocratie pacifique, qui rend compte de cette assemblée dans son n°3 : Gautier fait partie du bureau provisoire de l’Assemblée : il s’agit de proposer une administration spéciale des beaux-arts. Le nom de Gautier disparaît des comptes rendus des réunions ultérieures.

6 mars. -Balzac écrit à Mme Hanska, à propos des raisons pour lesquelles il a refusé de se rendre à l’invitation de Mme de Girardin:

Je suis allé chez Gautier pour le prier de tout expliquer à Mme de Girardin. Vous ne sauriez croire comme Ernesta Grisi est hideuse, et quelle vermine ronge ce ménage composé de deux personnes aussi sales l’une que l’autre (141).

26 mars. -Mort de la mère de Gautier.

21-22 avril. -Début dans La Presse des comptes rendus du " Salon ", quatorze articles, le dernier le 10 mai.

27 mai. -Communion de Théophile Gautier fils.

Juin. -Buloz consent à annuler le traité concernant Le Capitaine Fracasse dans la R.D.M., traité conclu en novembre 1845 ; Gautier devra rembourser en articles les 2000 francs payés d’avance.

26 juin. -La Presse est suspendue jusqu’au 6 août, ce qui n’arrange pas les affaires de Gautier. Il publie un article, " La République de l’avenir " dans Le Journal d’A. Karr, et deux articles dans L’Evénement, " Ateliers de peintres et de sculpteurs, Ingres " le 2 août et " Plastique de la civilisation : Du beau antique et du beau moderne " le 8 août. Les deux premiers seront repris dans Fusains et eaux-Fortes.

7 juillet. -Le père de Gautier est mis à la retraite et se retire avec ses deux filles à Montrouge, route de Châtillon, où Gautier se rendit souvent.

6 août. -Gautier, sans doute écoeuré par les événements, désire se fixer comme colon en Algérie et fait une demande au ministre de la guerre d’une concession de quatre-vingt-dix-neuf hectares dans la vallée de Zerhamma dans le périmètre de Philippeville. La demande est restée à l’état de brouillon.

5 septembre. -Début de la publication dans La Presse de " Le Panthéon. Peintures murales de Chenavard " ; la publication se poursuivra les 6, 7, 8, 9, 10 et 11 ; l’ensemble sera repris dans L’Art moderne en 1856.

 

20 septembre. -Début de la publication dans La Presse du roman Les deux étoiles (Partie carrée, la Belle Jenny) qui se poursuivra en vingt feuilletons jusqu’au 15 octobre. Il paraîtra en librairie en 1851 sous le titre Partie carrée et aura une nouvelle édition en 1865 sous le titre La Belle Jenny.

Novembre. -Au début du mois, Gautier s’installe à l’hôtel Pimodan dans une dépendance de son ami le peintre Boissard de Boisdenier, chez qui se passaient les " fantasia " évoquées par Gautier, mais aussi des dîners et des soirées musicales, auxquels il était souvent convié.

Dans l’année, quarante-trois articles de critique dramatique, vingt-neuf de critique artistique, et deux articles de variétés.

 

NOTES

  1. L’Illustration, 9 mars 1867, reprise dans Portraits contemporains, Paris, Charpentier, 1874, 2e éd. pp. 6-13.
  2. Paris, Juven, 1907.
  3. Paris, Juven, 1909.
  4. Paris, Charpentier, 1879.
  5. Paris, Plon, 1874.
  6. Il est publié dans le Bulletin de la Société Théophile Gautier, n° 2, 3, 5, 7, 9, 10, 11, 13, 14,16, 17, 19, à suivre.
  7. Paris, Hachette, 1907.
  8. Paris, Hachette, 1892, 2 vol.
  9. Paris, Flammarion, sd (1896).
  10. Paris, Dentu, 1885-1891, 6 vol., plus particulièrement le tome I.
  11. Cf Correspondance générale, éd. par Claudine Lacoste-Veysseyre, Genève, Droz, 1985 sqs, 11 vol. parus .
  12. Le Moniteur universel 25 février 1862 et 26-27 décembre 1863.
  13. La Presse 21 mars 1852.
  14. La Gazette de Paris 23 janvier 1872.
  15. Pr. 24 mars 1851.
  16. GP. 17 décembre 1871
  17. Cor. VII, p.258; 25 février 1861.
  18. Le Figaro, 9 décembre 1836.
  19. Histoire du romantisme p.6.
  20. Pr. 20 novembre 1848.
  21. Janvier 1823.
  22. Le Journal officiel 5 octobre 1870.
  23. Lettre à Pierre Gautier du 8 mars 1829, cité par R. Jasinski Les Années romantiques de Théophile Gautier, Vuibert, 1929, p.31.
  24. M.U. 28 janvier 1856.
  25. Pr. 20 octobre 1845.
  26. M.U. 23 novembre 1862.
  27. Hist. R., p.96.
  28. Lovenjoul, Histoire des oeuvres de Théophile Gautier, I, pp.11-15.
  29. Voir Bulletin de la Société Théophile Gautier
  30. Hist. R., pp.166-167.
  31. Albertus, str. L-LVI.
  32. P.35.
  33. Souvenirs littéraires, II, pp.19-20.
  34. Théophile Gautier, p.93.
  35. Lovenjoul, HOTG, I, pp.176-177.
  36. M. Du Camp, Théophile Gautier, p.45.
  37. Pp.44-51.
  38. Cité par R. Jasinski, op. cit. p.133, n.2.
  39. Revue des deux mondes, 1er juillet 1848, repris dans L’Art moderne, pp.95-97.
  40. Confessions, I, p.307.
  41. Cor. I, p.49.
  42. Hist. R., pp.236-238.
  43. Houssaye, op. cit., pp.308-309, repris par R. Jasinski, op. cit. p.266.
  44. Op. cit. I, p.352.
  45. Voir Cor. I, p.416.
  46. Confessions, IV, pp.274-275, cité par R. Jasinski, op. cit. pp.295-296.
  47. Cor., I, pp.72-73.
  48. Cf R. Jasinski, op. cit., p.295.
  49. Notice pour A. Baschet, Lovenjoul HOTG, I, p. XXV.
  50. Vert -Vert, 15 décembre.
  51. Portraits contemporains, p.45.
  52. Cor. I, pp.56-57.
  53. Cor., I, p.58.
  54. Le Collier des jours.
  55. Strophes 28-32.
  56. Strophes 23-27.
  57. Poésies diverses, Sonnet " Pour veiner de son front la pâleur délicate.... ".
  58. L’Artiste, 10 mai 1857, " Galerie du XIXe siècle. Madame Emile de Girardin ".
  59. 25 août, Cor., I, pp.74-75.
  60. Cor., I, p.115.
  61. BSTG. N° 14, p.108.
  62. Cor., I, p.83.
  63. Cor., I, p.94, billet à Houssaye.
  64. Cor., I, p. 104.
  65. Voir BSTG. N° 1, p.65.
  66. Cor., I, p.118.
  67. Cor., I, pp.132-133
  68. Lettre du 28 janvier 1839, Cor., I, p.141.
  69. HOTG., I, pp.175-180.
  70. Lettre à Eugène de Nully de janvier 1839, Cor., I, p.142.
  71. Cor., I, p.141.
  72. Lettre d’Adèle, Cor., I, p.144.
  73. Lettres à l’Etrangère, éd. R. Pierrot, I, p.636.
  74. Portraits contemporains, pp.119-121.
  75. Second rang du collier, p.120.
  76. Cor., I, pp.145-146.
  77. Cor., I, p.151
  78. Cor.,I, pp.157-158.
  79. Cor., I, p.164.
  80. Cor., IV, p.72.
  81. Cor. de Balzac, op. cit., III, p.790.
  82. Cor., I, p.183.
  83. Cor.,I, p.192.
  84. Cor., I, p.192, A sa mère, 8 mai.
  85. Cor.,.I, pp.193-194. A sa mère, 16 mai.
  86. Cor., p.197.
  87. Voyage en Espagne, éd. Berchet, GF p.255
  88. " Yeux verts et talons roses ", in Le Salon littéraire, 28 septembre 1843, repris dans Caprices et zigzags.
  89. La Sylphide, 3 juillet 1842, repris dans Espana.
  90. Cor. I, pp.254-262.
  91. Cf Cor., I, pp.265-269.
  92. Lov HOTG, I, pp.231-236.
  93. Début mars 1865, Cor., IX, p.38.
  94. Cf. Edwin Binney, Les Ballets de Théophile Gautier.
  95. Cor., I, p.302 n.1
  96. Lettre à sa mère du 6 mars 1841, Cor., I, p.306.
  97. Id., 17 mars, Cor, I, p.307.
  98. Lettres à l’Etrangère, II, 9 avril 1843.
  99. Cor., I, pp.254-261.
  100. Cor., II, p.94.
  101. Cor., II, p.70.
  102. La Presse, 23 novembre 1838.
  103. Vers le 10 novembre, Cor., II, p.98.
  104. Cor., II, p.180.
  105. Lettre de L. Lherminier du 24 mai, Cor., II, p.155.
  106. Cor., II, pp.187-188.
  107. Pr., 26 janvier 1846.
  108. Ibid., 17 janvier 1848.
  109. Cor., II, p.213, lettre de février 1845.
  110. E. Bergerat, op. cit, p.41.
  111. Cor., II, p.270.
  112. A ses parents, 23 juillet, Cor., II, p.271.
  113. " Florence ", p. 180.
  114. Cor., II, p.283.
  115. M. U., 24 août 1862
  116. Lettres à l’Etrangère, III, pp.71-72.
  117. Ibid., III, p.77.
  118. Ibid., III, pp.112-113.
  119. Ibid., III, pp.154.
  120. Ibid., III, p.130.
  121. Cf Th. Gautier Voyage pittoresque en Algérie, éd. Madeleine Cottin.
  122. Lettres à l’Etrangère, IV, p.46.
  123. Ibid., III, p.147.
  124. Ibid., III, p.186.
  125. Cor., III, p.29.
  126. Cor., III, p.51.
  127. Lettres à l’Etrangère, III, p.186.
  128. A sa mère, 26 juin, Cor., III, p.128. Cette lettre donne le détail de son itinéraire jusqu’en Angleterre. Cf également Th. Gautier, Voyages en France, éd. par Cl. Lacoste-Veysseyre, La Boite à documents, 1998.
  129. Cor., III, p.58. Cf En Allemagne et en Suisse avec Théophile Gautier, éd . par François Brunet, la Boîte à documents, sous presses.
  130. 26 juin, Cor., III, p.62.
  131. Cor. , III, p.63.
  132. Cor., III, pp.94-99.
  133. A sa mère, Cor., III.
  134. Lettres à l’Etrangère, III, p.479.
  135. Cor., III, p.108.
  136. Cf Lovenjoul HOTG, I, pp.323-324.
  137. Cor., III, pp.286-287.
  138. Lettres à l’Etrangère, IV, pp.67 et 69.
  139. Ibid., IV, p.97.
  140. Cf M. du Camp, préface d’Emaux et Camées, 1887.
  141. Lettres à l’Etrangère, IV, pp.227-228.

 

 

CHRONOLOGIE DE LA VIE DE

THEOPHILE GAUTIER (1)

DEUXIEME PARTIE

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Février. - Premiers billets connus à Apollonie Sabatier, mais qui laissent entendre des relations déjà amicales, puisque le 4 il lui envoie Ernesta qu’il ira ensuite prendre chez elle, que le 15 mars il lui propose de l’emmener au bal de la Mi-Carême, le 18 avril d’aller avec lui voir Rachel dans Adrienne Lecouvreur etc... ; ces invitations seront fréquentes tout au long des années. De son côté Gautier assiste aux dîners dominicaux que donne Apollonie - la " Présidente "-, du moins tant qu’elle reste entretenue par le riche H. Mosselman. Gautier commence à la tutoyer au début de 1850 ; la liberté de propos, souvent plus que grivois , à laquelle Gautier s’abandonne avec elle, n’autorise pas à conclure qu’il ait été son amant : ce n’était sans doute qu’un jeu provocateur, dans le milieu d’artistes qui se réunissaient chez la Présidente, et peut-être aussi pour Gautier, comme le suggèrent les Goncourt lorsqu’ils racontent dans le Journal, à la date du 13 décembre 1857, la lecture chez Mario Uchard de la fameuse lettre à la Présidente du 19 octobre 1850 : " Fanfaronnade et toujours fanfaronnade chez ce bourgeois. " Judith Gautier, dans Le Collier des jours, le second rang du collier, a laissé un portrait de celle qui fut " la très chère, la très belle, la très bonne " de Baudelaire qui devait être alors dans la quarantaine (2).

13 et 17 février. -Publication dans La Presse de Musée : Galerie française, repris, à la suite du précédent article, dans Tableaux à la plume.

15 mars. - " Le froid m’a chassé de Pimodan ", écrit-il à Apollonie Sabatier ; il se réfugie chez Ernesta, qui habite 14 rue Rougemont.

15 avril. -Publication dans La Revue des Deux-Mondes des " Variations sur le Carnaval de Venise ", qui entreront dans Emaux et Camées en 1852.

26 mai. -Gautier arrive à Londres en compagnie du peintre Charles Landelle, et du ménage Lhomme, Régina et Alphonse, et il retrouve Nerval.

11 juin. - Il quitte Londres pour la Hollande et débarque à Rotterdam.

Jusqu’au 13 juin. -Il est à Amsterdam, puis se dirige vers Dusseldorf.

21 ou 22 juin. -Il est de retour à Paris. Ch. Landelle a dessiné pandant ce voyage au moins deux portraits de Gautier. Pendant ce séjour qui lui permettait de fuir les pénibles événements de France : " dans cette malheureuse semaine de choléra et d’émeute qui vient de s’écouler, les théâtres de Paris n’ont rien joué (3)  ", écrit-il dans son feuilleton du 20 juin, il peut rendre compte de représentations à Londres ; Gazza ladra de Rossini, Don Juan de Mozart, etc... ; il va à Covent Garden, assiste aux courses d’Ascot, il visite une jonque chinoise. Enfin, il fait la connaissance de Marie Mattéi : " Tu te souviendras qu’il y a trois ans à pareille époque, nous nous sommes parlés pour la première fois à Londres, et le ciel de Lyon vaut bien celui de B. Street (4) ".

26 juillet. - Début des comptes rendus du Salon dans La Presse : douze articles, le dernier publié le 11 août.

Vers le 10 août. -Gautier souffre de dysenterie : est-ce une petite atteinte du choléra, qui sévit toujours à Paris ?

12 août. -Il espère pouvoir aller se " mettre au vert " auprès d’Ernesta qui a fui le choléra et s’est réfugiée avec la Présidente et sa sœur, chez le peintre Boissard à Fontainebleau.

Vers le 20 août. -Il annnonce à son père qu’il est invité à Bilbao " où se donne une course de taureaux de trois jours ".

25 août. -Il passe à Irun.

30 juin. -Il quitte Bilbao le matin après avoir vu les courses, dont il rappelera le souvenir dans un article de La Presse du 10 juillet 1853.

14 septembre. -Il est de retour à Paris après avoir fait un détour par les " provinces basques " (le pays basque espagnol).

Octobre. -Publication dans le Conseiller des enfants de L’Enfant aux souliers de pain qui fera partie des Romans et Contes en 1863.

15 octobre. - Marie Mattéi devient la maîtresse de Gautier.

15 décembre. - Publication de L’Ambassadrice, biographie de la comtesse Rossi (la cantatrice Mlle Sontag).

26 décembre. -Gautier demande à M. de Vatry d’intervenir en sa faveur en vue d’une place d’inspecteur des Beaux-Arts auprès de M. Barrot, le ministre de l’intérieur.

En 1849, Gautier a publié cinquante articles de critique dramatique, dix-sept de critique artistique et huit poèmes.

 

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Début janvier. -Gautier est " pris d’un tel rhume qu’[il] éternue, tousse et crache en même temps. Triplicité phénoménale peu réjouissante (5) ! "

1er janvier. -Publication dans La Revue des Deux-Mondes du poème " Quinze décembre " (" Vieux de la vieille, quinze décembre "). Offenbach fait connaître à Gautier le succès obtenu, lors de son concert du 29 décembre, par le boléro qu’il a écrit sur " la Sérénade du torero " ; il a été bissé ; Gautier n’en parlera pas -à cause du mauvais œil d’Offenbach ?

13 janvier. - Marie Mattei quitte Paris et écrit le lendemain de Lyon à Gautier : " Il y aura demain trois mois, mon cher bien aimé que tu as fait luire le jour pour moi et éveillé mon âme qui dormait si cachettement... "

29 janvier. - Ernesta débute au Théâtre-Italien dans La Dona del Lago de Rossini, et Le Courrier français en fait un bel éloge le 4 février, mais Gautier avait demandé à son confrère d’être " bon " pour Ernesta. Le compte rendu de Paul Meurice dans L’Evénement est plus nuancé.

Février. - Gautier s’engage auprès d’Arsène Houssaye, devenu administrateur du Théâtre de la Répubique (la Comédie française), à lui fournir une pièce qu’il ne donnera jamais.

15 février. -Publication dans L’Artiste du poème " A une robe rose ", écrit pour Mme Sabatier ; il entrera dans Emaux et Camées en 1852.

Mi-mars. -Retour à Paris de Marie Mattei.

23 mars. -Publication du livret de Selam, scènes d’Orient, poésie descriptive sur un poème de Gautier et une musique d’Ernest Reyer.

3 avril. - Marie Mattei quitte Paris pour la " campagne " de son père à Marseille et va mal supporter l’éloignement. Elle lui rappelle leur première rencontre en Angleterre dans une lettre du 4 juin qui lui laisse bien entendre qu’elle en fut l’instigatrice6.

5 avril. - Première audition du Selam au Théâtre-Italien. Méry en fait le compe rendu dans La Presse du 8 avril, soulignant l’originalité de Reyer d’avoir voulu un vrai poète pour composer le livret, mais louant aussi les mérites du compositeur.

17 avril. -Seconde représentation du Selam et Gautier se contentera de parler du succès dans son feuilleton du 22. Représenté à Marseille, la ville natale de Reyer, en juin-juillet, Le Selam y fut très malmené.

21 juin. -Gautier annonce son arrivée à Régina Lhomme dont le fils allait être son filleul.

25 juin. -Baptême du fils de Régina, Théophile.

7 juillet. -Marie Mattei espère que Gautier lui fera savoir s’il part pour l’Italie et attend sa lettre : " ... je te réponds bien cette fois que je ne manquerai pas Venise que je rêve depuis si longtemps ". Et le 15, elle précise : " ... J’y arriverai jusqu'à toi. Veux-tu du 15 au 20 août à Venise ?.... "

9 juillet. -Publication dans La Presse du premier feuilleton de Jean et Jeannette histoire rococo, elle se poursuivra les 11, 12, 16, 17, 20, 21, 22, 23, 24, 25 et 26 juillet. Ce récit fera partie d’Un Trio de romans en 1852.

17 juillet. -Gautier écrit à Ernesta qu’il travaille à Jean et Jeannette en cours de publication, mais qu’il espère partir " vers le milieu de la semaine prochaine " pour l’Italie avec Louis de Cormenin et peut-être le ménage Lhomme. Il est d’autre part objet de poursuites pour des affaires quelque peu ridicules de la part du lampiste du Théâtre-Italien et d’un marchand de boutons de guêtres.

1er juillet. -Le passeport de Gautier pour l’Italie lui est délivré.

2 juillet. -Il écrit encore à Buloz de Paris.

Début août. - Départ de Gautier pour l’Italie avec L. de Cormenin. Le ménage Lhomme les rejoindra un peu plus tard à Venise.

4 août. -Il passe par Genève.

7 et 8 août. Il passe passe le Simplon, Domodossola, Sesto Calende.

10 août. -Il arrive à Milan.

19 août. - Marie Mattei rejoint à Venise Gautier et Cormenin qui logent " à l’angle du Campo San-Mosé, chez le signor Tramontini, dans le logement laissé vacant par un prince russe. " Marie Mattei reste à Venise jusqu’au 5 septembre. Gautier et Cormenin restèrent, selon Gautier, environ six semaines, au cours desquelles il connaît un bonheur presque complet, mais il doit en même temps écrire, pour des raisons financières, le récit de son voyage et de son séjour pour La Presse, feuilletons qui paraîtront pendant ce séjour même.

24 septembre. -Début de la publication dans La Presse de Loin de Paris, notes de voyage (Italia) qui se poursuivra les 24, 25, 26, 27, 28 septembre, 2, 3, 4, 8, 9, 11 et 15 octobre ; le récit se termine à Venise. Il évoquera cependant le séjour à Florence dans un des chapitres de Quand on voyage. Ces feuilletons paraîtront en volume en 1852 sous le titre Italia, qui deviendra Voyage en Italie en 1875.

Entre le 22 et le 26 septembre. -Départ pour Florence, où Gautier et Cormenin séjournent entre le 25 (?) et le 30.

29 ou 30 septembre. -Ils visitent Pise et le Campo Santo.

1er octobre. -Ils quittent Florence pour Rome où Marie Mattei renonce à venir les retrouver. Il semble que Rome n’ait pas plu à Gautier, à en croire une lettre postérieure de Marie Mattei du 24 novembre 1852 ; peut-être était-ce à cause de son absence.

22 octobre. - Ils quittent Rome pour Naples.

23 ou 24 octobre. - Ils arrivent à Naples. Ils visitent Pompéi, Herculanum et Sorente.

4 novembre. - Gautier est expulsé du royaume de Naples, considéré, dit une note de police, comme " un Français très exalté du parti rouge ". Il embarque sur le " Lombardo ", fait escale à Civitavecchia, Livourne et Gênes.

8 novembre. - Il arrive à Marseille avec Cormenin. Ils y retrouvent Marie Mattei, avec laquelle ils circulèrent dans la région, passant à Arles, à Montpellier.

17 (?) novembre. Gautier et Marie Mattei se séparent à Avignon.

19 novembre. - Gautier et Cormenin arrivent à Paris.

15 décembre. -Traité avec Delavigne où Gautier lui cède le droit de publier un ensemble de ses romans et nouvelles en compensation de deux mille francs déjà reçus ; il est question à nouveau du Vieux de la montagne pour lequel Gautier, ne l’ayant pas livré, s’engage à payer cinq cents francs de dédit.

En 1850, Gautier a publié trente-six articles de critique dramatique et six de critique artistique, deux de variétés et deux poèmes.

 

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15 janvier. -Première représentation du ballet Paquerette à l’Opéra, livret de Gautier et Saint-Léon, musique de M. Benoist. Le ballet eut peu de succès malgré un accueil favorable de la critique, et la grâce de la danseuse Fanny Cerrito. Le livret est publié le 25 janvier et entrera dans le Théâtre en 1872.

24 janvier. -Le caissier de La Presse avance à Gautier le paiement du Salon à condition qu’il fournisse au plus tôt les treize feuilletons qui terminent le Voyage en Italie. Il fait le compte de ce que Gautier a touché de La Presse depuis ses débuts : 100.336,97 francs.

5-6 février.-Debut du Salon de 1850-1851 ; il comptera vingt-trois articles et la pubication s’en terminera les 6-7 mai.

Mi-avril. -Marie Mattei vient à Paris, où elle restera jusqu’au 2 août, un séjour qui n’est pas très heureux : Gautier est pris par son travail, Ernesta est là, les rendez-vous sont difficiles, elle s’ennuie parfois, elle trouve que Gautier n’est pas " tendre " ; c’est le début d’une détérioration de la passion.

23 juin. -Traité avec Lecou pour la publication du Voyage de Paris à Venise.

Juillet. -Gautier a passé quelques jours à l’Abbaye de l’Eau, près de Chartres, chez les Lhomme.

4 août. -Publication dans La Presse de Poésies à Maxime Du Camp I " Nostalgies", II, " Coquetterie posthume " ; III " Etude de mains " ; I " Impéria " ; II " Lacenaire ". Ces poésies entreront dans Emaux et Camées en 1852.

11 août. -Délivrance à Gautier d’un passeport pour se rendre à l’exposition de Londres, sans doute à la demande de Mme de Girardin et, d’après son feuilleton du 18, il serait parti le soir même pour Londres. Il rentrera à Paris vers le 25. Il rendra compte de cette exposition de Londres sur l’Orient dans ses feuilletons de La Presse des 18 et 25 août, 5, 7 et 11 septembre ; les articles de septembre parus dans La Presse sous le titre " Le Palais de cristal : les Barbares ", paraîtront dans Caprices et zigzags en 1852, sous le titre " L’Inde " et seront repris en 1877 dans la tome 1er de L’Orient.

15 septembre. -Gautier devient co-propriétaire de la nouvelle Revue de Paris, dont le titre est propriété d’Arsène Houssaye, avec Maxime Du Camp et Louis de Cormenin.

29 septembre. D’après La Presse, Gautier est à nouveau emprisonné par la Garde Nationale.

4 octobre. -Baptême des deux filles de Gautier : les parrain et marraine de Judith sont M. Du Camp et Carlota Grisi, ceux d’Estelle L. de Cormenin et Alice Ozy.

Novembre. -Courte liaison avec l’actrice Anaïs.

1er novembre. -Publication dans La Revue de Paris de Les Aïssaoua, ou les Khouan de Sidi-Mahammet-ben-Aïssa : scène d’Afrique.

21 novembre. -Traité avec Lecou pour la publication d’un volume contenant des romans, nouvelles, etc... de Gautier déjà publiés.

Avant le coup d’état du 2 décembre. - Adèle Hugo demande à Gautier des conseils pour écrire un portrait de Mme de Girardin.

20-21 décembre. -Publication dans Le Pays de Paris futur, repris en 1852 dans Caprices et Zigzags.

27 décembre. - Première au théâtre des Variétés de La Négresse et le pacha, parade en un acte de Ali-Biblot-ben-Salmigondis (Gautier et Charles de la Rounat). Cette parade fut écrite pour Maria Martinez, dite " la Malibran noire ", Gautier n’en ayant sans doute écrit que le " Couplet d’annonce au public " et le " Couplet final " (7). Gautier en rendra compte dans le feuilleton de La Presse du 30 décembre. La critique fut partagée et sur l’intérêt de la parade et sur la qualité de la voix de Maria Martinez.

En 1851, Gautier a publié quaante-neuf articles de critique dramatique et vingt-neuf de critique artistique, seize de voyage, cinq de variétés et neuf poèmes.

 

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1er janvier. -Publication dans La Revue de Paris de " Coerulei oculi ", " Modes et chiffons " et " Diamant du cœur ", qui entreront cette année dans Emaux et Camées. Ernesta Grisi arrive à Constantinople où elle va tenter sa chance.

11 janvier. -Publication dans Le Pays de la suite du Voyage en Italie : Loin de Paris : notes de voyage, qui se continuera les 28 janvier, 13 février et 13 mars. L’ensemble de ces feuilletons, avec ceux de La Presse composeront en 1875 le Voyage en Italie.

18 janvier. - Marie Mattei arrive à Paris ; elle y restera jusqu'à fin mars. Penant ce séjour, elle présente son père à Gautier, mais la présence du père ne facilite pas les rencontres et leur liaison continue à s’entourer de mystère.

28 janvier. - Publication dans Le Pays de Loin de Paris : Notes de voyage, Florence ; elle se poursuivra les 13 février et 13 mars. C’est le dernier chapitre rédigé sur le voyage en Italie ; il paraîtra dans Quand on voyage en 1865, et se trouvera être le dernier chapitre du livre en 1875.

1er mars. - Publication dans La Revue de Paris d’Arria Marcella, souvenir de Pompéi, qui entrera en 1863 dans les Romans et Contes.

19 mars. - Ernesta, en procès avec son impresario à Constantinople n’est pas payée ; Gautier emprunte cinq cents francs à Maxime Du Camp et les lui envoie ; très touché de la " grâce " avec laquelle Du Camp a accompli ce geste, il l’en remercie en disant qu’il a mis le billet qui accompagnait l’argent " dans mon coffre en laque, comme une lettre d’amour, au tiroir des Italiennes, avec Carlotta, Ernesta et la Mattei, c’est-à-dire ce que j’ai le plus aimé et que j’aime le mieux. Tu es le seul homme dans la boite sacrée " (8).

11-14 avril. -Publication dans La Presse de Pierre Corneille, pour l’annniversaire de sa naissance, le 6 juin 1851, repris dans le Théâtre de poche en 1855, puis dans les Poésies nouvelles en 1863 et 1866, enfin dans le Théâtre en 1872.

4 mai. - Début du Salon dans La Presse. Il se poursuivra les 5, 7, 11, 12, 13, 14, 25, 26 et 27 mai, 2 , 3, 4, 6, 8 et 10 juin.

8 mai. -Publication de la notice Les Noces de Cana, de Paul Véronèse ; gravure au burin par M. Z. Prévost, elle sera jointe en 1883 aux Souvenirs de théâtre, d’art et de critique.

15 mai. - Publication d’Italia chez Lecou.

1er juin. -Publication de " Tristesse en mer " dans La Revue de Paris, repris dans Emaux et Camées le mois suivant.

4 juin. -Marie Mattei vient retrouver Gautier à Paris avant qu’il ne parte pour Constantinople.

9 juin. -Départ de Gautier pour Constantinople. Il ne cessera tout au long du voyage de penser à Marie Mattei : ses lettres à Cormenin révèlent sa tristesse, sa nostalgie et son amour.

11 juin. -Gautier embarque à Marseille à bord du Léonidas.

14 et 15 juin.- Il est à Malte, où il visite La Valette. Il avait pour le gouverneur de l’ile, une recommandation de Lamartine.

18 juin. -Il est à Syra.

20 juin. - Il est à Smyrne, dont il visite les environs.

22 juin. -Il arrive à Constantinople. Pendant le voyage, il a écrit le poème " Inès de las Sierras " qui va paraître dans Emaux et Camées, et il a commencé un autre poème " Les Néréides ".

17 juillet. -Publication chez E. Didier d’Emaux et Camées. Le recueil connaîtra cinq éditions (1853, 1858, 1863, 1866 et 1872), chacune contenant des pièces nouvelles. L’accueil de la critiqute est dans l’ensemble favorable. Paul de Saint-Victor en fait un compte rendu dithyrambique, " écrit, dit-il, avec une verve enthousiaste (9).

22 juillet-28 août. -Séjour à Constantinople, ce ne fut pas un séjour heureux. Déception du voyageur : il n’y a pas assez à voir, connaître les habitants est impossible ; il manque d’argent et il doit travailler d’arrache-pied aux feuilletons ; enfin il a des soucis familiaux : mauvaise santé et échec de la saison d’Ernesta (10).

 

28 août.-Gautier quitte Constantinople avec Ernesta. Il passe par Syra.

1er septembre. -Athènes, où ils restent quatre jours , Gautier visitant essentiellement l’Acropole. " Athènes m’a transporté. A côté du Parthénon, tout semble barbare et grossier " (11).

14 septembre. -Par le golfe de Corinthe, Corfou et Trieste, ils arrivent à Venise, où ils sont reçus par Oscar Marinitsch, un ami de Maxime Du Camp et de Flaubert, qui, à Constantinople, avait servi de guide à Gautier " le guide le plus intelligent, le plus actif et le plus agréablee possible ". Là Gautier attend l’argent du retour.

24 septembre. -Il quitte Venise, non sans avoir pensé avec nostalgie au passé : " Je loge à deux pas de ce Campo San Mosé où j’ai passé avec toi et la Signora le plus beau mois de ma vie " (12).

1er octobre. -Début dans La Presse de la publication de son récit de voyage De Paris à Constantinople, promenade d’été, qui se continue les 2, 5, 6 et 8 octobre.

4 octobre. -Gautier, Ernesta et Estelle sont à Paris.

18 octobre. -Début de son feuilleton de La Presse : Retour de Constantinople -Remerciements à L. de Cormenin (qui a assuré le feuilleton dramatique en l’absence de Gautier). Le Franc et le Hammal, pantomime turque à Moda-Bournu concerne le voyage.

20 octobre. -Publication dans Le Moniteur universel de Excursion en Grèce, qui se poursuivra les 21 et 27 octobre, trois feuilletons destinés à un Voyage en Grèce qui ne sera jamais publié.

23 octobre. -Publication de La Peau de tigre, chez Souverain.

28 octobre. -Gautier va être poursuivi pour dette, n’étant pas allé voir son créancier pour traiter l’affaire à l’amiable.

1er novembre. -Publication dans La Revue de Paris de La Danse de Djinns, scène d’Afrique, qui sera repris dans Loin de Paris en 1865.

13 novembre. -Publication d’Un Trio de romans comprenant Les Roués innocents, Militona et Jean et Jeannette.

8 décembre. -Marie Mattei met fin à sa liaison avec Gautier : " ... un mot seul pour vous dire que vous avez écrit le mot fin sur mon corps la veille de votre départ pour l’Orient " (12). Ce n’était que l’aboutissement d’une prise de conscience qui remontait à plus loin. Elle ne pouvait supporter ni les mystères ni le partage (13). A Naples, en novembre, le père Ange l’avait consolée et lui avait montré le ciel ; dans sa lettre du 8 décembre, elle écrit à Gautier : " Il fallait bien revenir à Dieu complètement. Notre liaison a retardé de trois ans cette conclusion... " , mais elle ajoute aussi qu’elle n’est plus jeune et ne veut pas être ridicule. Gautier ne sera plus pour elle qu’un ami, même s’ils se revoient à Paris pendant le séjour de Marie Mattei de mars à août 1853, pendant celui de 1854, puis en 1863 et peut-être à Venise en 1868 ; il recevra d’elle une dernière lettre au début de 1870, qu’elle termine ainsi : " En attendant, recevez mes voeux tout au moins pareils à ceux que nous échangeâmes le 1er janvier 1850, et croyez-moi bien sincèrement votre affectionnée Mattei ".

Décembre. -Vaines démarches pour obtenir de succéder à Pierre Félix Cottreau comme inspecteur des Beaux-Arts. Court voyage à Bordeaux pour visiter, entre deux feuilletons, l’exposition organisée par la Société des Beaux-Arts de Bordeaux.

En 1852, Gautier a publié trente-cinq articles de critique dramatique, seize de critique artistique, quatre de variétés, onze de voyage et trois poèmes.

 

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1er janvier. -Publication dans La Revue de Paris du poème " Les Accroche-coeurs ", qui paraîtront dans la deuxième édition d’Emaux et Camées cette année.

15 janvier. -Compte rendu dans La Presse de " L’Exposition de 1852 " de la Société des Amis des Arts de Bordeaux.

24 janvier. -Gautier est invité " à la fête que leurs Majestés l’Empereur et l’Impératrice ont bien voulu accepter du Sénat. "

29 janvier. -Publication de Les Peintres vivants, recueil collectif de gravures, eaux-fortes, lithographies de peintres contemporains, où se rencontrent quelques extraits de Salons de Gautier.

5 février. -Deuxième édition d’Emaux et Camées, augmentée de deux pièces : " Les Accroche-coeurs " et " Les Néréides ".

Début mars. -Marie Mattei arrive à Paris.

18 mars. -Traité avec l’éditeur Michel Lévy : Gautier lui vend pour six ans, au prix de mille francs, deux volumes " qui comprendont ses impressions de voyage en Turquie, en Grèce et en Afrique. ". Dans un second traité, Gautier vend à Michel Lévy, au prix de 1100 francs, deux volumes intitulés Les Grotesques.

15-16 avril. -Reprise dans La Presse de ses impressions de voyage en Orient : Constantinople ; la publication se poursuivra les 21, 22, 23, 27, 28, 29 et 30 avril, 20, 21, 22, 23, 24 et 25 septembre, 28, 29 et 30 octobre, 1er et 2-3 novembre.

Annonce de Salmigondis de nouvelles, ouvrage collectif auquel participe Gautier.

24 mai. -Représentation à bénéfice pour Maria Martinez, la Malibran noire, que Gautier a, non sans difficultés, organisée et au cours de laquelle Ernesta a chanté un air de L’Italienne à Alger.

24 juin. Début des comptes rendus du Salon de 1853. Ils s’échelonneront sur un mois : 25, 28, 29 et 30 juin, 1er, 2, 6, 9, 20, 21, 22, 23 et 25 juillet.

22 juillet. -Audience du Tribunal de la Seine pour l’affaire opposant La Revue des Deux-Mondes à La Presse, au sujet de l’opposition pratiquée auprès de La Presse par Buloz, créancier de Gautier. Le procès n’eut pas de suite, le financier Morès ayant fait désintéresser La Revue des Deux-Mondes, mais celle-ci restera hostile à Gautier jusqu’en 1870.

4 août.-Marie Mattei est à Bade et s’excuse auprès de Gautier de l’avoir dérangé la veille de son départ de Paris.

6 août. -Publication des Grotesques chez Michel Lévy.

20 août. -Publication des Roués innnocents à la Librairie Nouvelle.

25 août. -Gautier est à Bayonne et a assisté aux courses de taureaux à Saint-Esprit. Il est présenté à Ucharès " le plus célèbre torero d’Espagne ", qui lui remet " une superbe devise qu’il a arrachée lui-même àun taureau " (14). Ernesta l’accompagnait et a donné deux concerts très applaudis.

28 août. -Gautier quitte Bayonne.

29 août. -Il est à Paris.

1er septembre. -Traité entre Gautier et Brandus, le plus célèbre éditeur musical de l’époque, traité par lequel Gautier s’engage à fournir la traduction en vers français de Struensée, drame allemand de Michel Beer, frère de Meyebeer, pour une musique de ce dernier. Meyerbeer avait fait remettre à Gautier la partition de piano, afin qu’il pût y adapter les paroles , mais Gautier ne réalisa de cet ouvrage qu’un Prologue, publié dans son Théâtre en 1872.

3 septembre. -Gautier est revenu de Bayonne.

20 novembre. -Ernesta loue un appartement 24, rue Grange-Batelière, où Gautier s’installe également.

Au cours de cet automne, Gautier a une courte liaison avec Adeline Sabatier, dite " Bébé ", la sœur de la Présidente.

14 décembre. -La Presse annonce Le Jettatore, dont il est déjà question dans une lettre.

31 décembre. -Publication de Constantinople chez Michel Lévy.

En 1853, Gautier a publié quarante-six articles de critique dramatique, dix-sept de critique artistique, deux de critique littéraire, un de variétés et deux poèmes.

Il écrit aussi sans doute, pendant cette année-là, le ballet-pantomime La Statue amoureuse, qui ne fut ni représenté ni publié. Emile Bergerat en donnera le livret dans son Théophile Gautier.

 

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1er janvier. -Publication dans La Revue de Paris de " Lied ", qui entrera dans la troisième édition d’Emaux et Camées en 1858.

1er février. -Publication dans La Revue de Paris de " Fantaisie d’hiver ", qui entrera dans la troisième édition d’Emaux et Camées.

11 février. -Maurice Sand invite Gautier à une représentation de sa troupe de marionnettes.

7 mars. -Mariage de Louis de Cormenin, auquel assiste toute la famille de Gautier, dont Estelle, sa filleule.

1er avril. -Publication dans La Revue de Paris de " Odelette anacréontique ", qui entrera dans la troisième édition d’Emaux et Camées.

12 avril. -Publication dans Le Moniteur universel de Excursion en Grèce : le Pathénon. Cette publication se poursuivra les 29 avril (Le Temple de la Victoire Aptère) et 6 mai (L’Erechteum, le temple de Minerve, le Pandrosium). Ces articles devaient constituer, avec ceux parus en 1852, le Voyage en Grèce, qui ne fut jamais achevé ; l’ensemble entrera sous le titre En Grèce dans Loin de Paris, en 1865.

22 avril. -Traité entre Gautier et les frères Olonna, " auteurs dramatiques et directeurs de théâtre en Espagne ", par lequel Gautier leur concède " le droit exclusif de traduire, arranger, imprimer et faire représenter, dans toutes les villes de l’Espagne et ses possessions, toutes les pièces dramatiques que le dit fera représenter dès aujourd’hui sur les théâtres de France... "

31 mai. -Première à l’Opéra de Gemma, ballet sur un livret de Gautier, musique du comte N. Gabrielli, chorégraphie de F. Cerrito. La critique fut dans l’ensemble sévère et le ballet connut en définitive un échec.

10 juin. Publication du livret de Gemma chez Michel Lévy ; il entrera dans le Théâtre en 1872.

6 juillet. -Gautier part pour Munich avec une avance de deux cents francs de La Presse, " afin, lui écrit Girardin, de vous engager à profiter de votre séjour à Munich pour nous envoyer sur l’exposition de l’industrie et sur les galeries autant d’articles que vous voudrez, je les ferai passer tous........ " (15). Il restera à Munich du 10 au 22 juillet, et, dès le 11, il commence à écrire ses feuilletons de critique pour La Presse et de critique d’art pour Le Moniteur universel.

18 juillet. -Debut de ses feuilletons sur l’Allemagne dans La Presse :Théâtre royal de Munich : I Antigone. La Fiancée de Messine.

22 juillet. -Il quitte Munich.

23 juillet. -Il est à Nuremberg, " la ville des joujoux et des clochers pointus ".

25 juillet. -Dans La Presse : Théâtre royal de Munich : II. Nathan-le-Sage ; Emile Galotti de Lessing ; le Prophère, de Meyerbeer.

1er août. -Gautier quitte Nuremberg.

1er au 3 août. -Gautier et à Dresde, et son hôtelier lui prête de quoi se rendre à Francfort

. 3 août. -Dans La Presse :Théâtre royal de Munich : III. Faust, de Goethe.

5 août. -Il quitte Francfort.

7 août. -Il est de retour à Paris.

10 et 11 août. -Dans Le Moniteur universel : Ecole moderne allemande : I. P. de Cornelius ; II. Cornélius ; la Glyptothèque ; la Pinacothèque.

15 août. -Dans La Presse : Théâtre royal de Munich : Egmont, de Goethe.

22 août. -Mort de son père, Pierre Gautier. Il reçoit des témoignages d’amitié : Du Camp, Emile et Delphine de Girardin, Michel Lévy, Chassériau....

29 août. -Dans La Presse : Munich.

6 et 13 septembre. -Dans Le Moniteur universel : Ecole moderne allemande : la nouvelle Pinacothèque. Tous les articles consacrés à Munich ont été rassemblés dans L’Art moderne en 1856.

22 septembre. -Traité avec Jacottet, Bourdilliat et Cie pour l’édition d’un ouvrage intitulé Théâtre bleu, qui paraîtra le 17 février 1855 sous le titre : Théâtre de poche.

23 septembre. -Gautier part avec Ernesta qui va donner un concert à Saint-Etienne le 29 ? Il rentre à Paris le 30.

7 octobre. -Gautier écrit à Arsène Houssaye : " Je travaille comme un bœuf et je serai en mesure de te livrer un acte entièrement versifié et rimé avec soin à la fin du mois. " Il s’agit de la pièce que Gautier s’était engagé à donner au Théâtre-Français en février 1850 et à laquelle il s’était remis à travailler lorsque le romancier et dramaturge Mario Uchard lui proposa un nouveau plan de pièce où serait utilisé ce qui était déjà écrit. Cette pièce, qui devait s’appeler d’abord La Perle du Rialto prit successivement plusieurs titres pour finir par celui de L’Amour souffle où il veut. Gautier remania le premier actee, écrivit une partie du second, et s’arrêta là. Une version primitive du premier acte parut dans les Poésies complètes en 1878, sous le titre de Perle du Rialto, et la version définitive de L’Amour souffle où il veut a été publiée dans l’édition du Théâtre de 1872.

Octobre. -Auguste de Châtillon presse Gautier de lui envoyer la préface qu’il doit mettre à son volume Chant et poésie, prêt à paraître : selon Gaulier, rédacteur du Rappel, l’initiative serait venue de Nerval qui aurait montré les vers de Châtillon à Gautier : " Gautier a fait sa préface en cinq minutes au crayon tandis qu’on attendait pour tirer l’ouvrage " (17).

9 décembre. -Préface de Gautier à La Turquie pittoresque de William A. Duckett ; elle sera reprise dans L’Orient, tome I, en 1877.

26 décembre. -Maxime Du Camp rappelle à Gautier qu’il s’est engagé à donner à La Revue de Paris Le Capitaine Fracasse ; il en a remis " trois feuilles " " il y a un an ", et a reçu 1100 francs : " Tu as des épreuves, l’imprimerie a la composition, et nous attendons toujours " (18).

En 1854, Gautier a publié quarante-six articles de critique dramatique, seize de critique artistique, dix de critique littéraire et trois poèmes.

 

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30 janvier. -Gautier assiste aux obsèques de Gérard de Nerval qui s’est pendu le 26, rue de la Vieille-Lanterne. Le même jour paraît dans La Presse, datée du 27, son article nécrologique repris dans Histoire du romantisme, Gérard de Nerval, chapitre II.

31 janvier. - Gautier demande de laisser " à des amitiés jalouses la triste joie d’élever et payer sa pierre " (19).

1er février. -Traité vec Hachette pour la réimpression de Militona.

24 février. -Publication de La Croix de Berny roman steeple-chase, en collaboration avec Charles de Launay, Jules Méry et Jules Sandeau., à la Librairie Nouvelle.

24 mars. - Publication de Militona, chez Hachette.

Fin mars. - " A Madeleine Brohan, quatrain ", dans le Décaméron dramatique, album du théâtre français, album de musique d’Offenbach ; le quatrain de Gautier a été inséré dans ses Poésies omplètes en 1876.

29 mars. -Exposition universselle de 1855 : Peinture dans Le Moniteur unniversel ; les comptes rendus se poursuivront les 19,21, 23, 25 et 31 mai, 2, 4, 8, 11, 14, 16, 18, 21, 25, 28 et 30 juin, 6, 12, 14, 19 et 25 juillet, 4, 9, 11, 13, 18, 20, 23 et 25 août, 6, 8, 10, 13, 20, 22, 24 et 29 septembre, 6, 11 , 13, 18, 20, 22,27 et 29 octobre, 2, 3, 9, 15, 17, 19, 23 et 29 novembre, 1er, 3, 8, 15, 17, 20, 22, 26, 27 et 29 décembre. L’ensemble de ces articles sera réuni dns le second tome des Beaux-Arts en Europe, qui paraîtra le 17 février 1856.

30 mars. -Traité avec Hetzel et Lebègue pour la publication de L’Art et le théâtre en France depuis vingt ans, qui paraîtra sous le titre Histoire de l’art dramatique en France en 1858-1859.

2 avril. -Emile de Girardin s’étonne que Gautier ne soit pas venu le prévenir qu’il quittait La Presse pour Le Moniteur universel et lui souhaite qu’il trouve au Moniteur " pendant dix-neuf ans  (le temps qu’il a passé à La Presse) des rapports d’amitié aussi constamment dévoués ". Gautier était mieux payé au Moniteur et avait en Julien Turgan, l’un des directeurs, un bon ami.

4 avril. -Dernier article de Gautier à La Presse.

9-10 avril. -Premier article de critique dramatique au Moniteur universel.

16 avril. -Publication dans Le Moniteur universel de l’article " Les Embellissements de Paris ", qui " le pose, dira Maxime du Camp, comme très bonapartiste " (20).

20 avril. -Lettre de Maxime Du Camp à Gautier : il se demande si sa collaboration à La Revue de Paris peut se poursuivre, maintenant que Gautier collabore à un journal officiel ; il estime " une anomalie singulière " le fait que la signature de Gautier paraisse dans deux publications de tendances politiques si opposées ; il lui demande de fournir la suite du Capitaine Fracasse.

28 avril. -Publication de Paris démoli d’Edouard Fournier, préface de Gautier. Publication de Le Rêve et la vie de Nerval, notice de Gautier.

12 mai. -Delacroix a invité à dîner "Gautier et les aimables hommes qui m’ont été agréables pour mon exposition " (Journal). Gautier consacrera ses deux articles des 19 et 23 juillet à l’Exposition de Delacroix.

14 mai. -Traité avec Hachette pour la réimpression d’Italia et de Caprices et zigzags, publiés chez Lecou en 1852.

19 mai. -Publication des Poésies complètes chez Charpentier.

2 juillet. -Article nécrologique dans Le Moniteur universel sur Mme de Girardin, morte le 29 juin.

31 juillet. -Traité avec Michel Lévy pour la publication de deux volumes, l’un contenant " divers articles de revues et journaux " et qui constituera L’Art moderne, publié en juin 1856, l’autre constitué du Salon de 1855 et qui sera le tome II des beaux-Arts en Europe.

11 décembre. -Publication dans Le Moniteur universel de l’article " Achèvement du Louvre " écrit à la demande du ministre de la Maison de l’Empereur (21).

24 décembre. -Gautier pose sa candidature à l’Académie pour le fauteuil de de Lacretelle. Il n’obtiendra qu’une voix le 10 avril 1856.

29 décembre. -Participation à l’ouvrage collectif Paris et les Parisiens au XIXème siècle, moeurs, arts et monuments. Deux articles de Gautier des 19 août 1854 et 2 août 1855 du Moniteur universel sont incomplètement reproduits sous le titre Le Louvre.

En 1855, Gautier a publié quarante-sept articles de critique dramatique, trois de critique littéraire, trois de critique artistique, plus cinquante-quatre sur le Salon, deux de variétés et dix poèmes.

 

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2 février. -Quatrième édition des Nouvelles chez Charpentier.

16 février. -Publication des Beaux-Arts en Europe, 2e série, chez Michel Lévy.

25 février. Dans Le Moniteur universel, article nécrologique sur Henri Heine.

29 février. -Début de la publication d’Avatar dans Le Moniteur universel ; la publication se poursuivra les 1er, 5, 7, 12, 13, 14, 15, 27, 28 et 29 mars, et le 3 avril. Il sera publié en volume en 1857 et entrera dans les Romans et Contes en 1863.

8 mars. -" Avant Propos " de Gautier au Catalogue de la précieuse réunion de tableaux de l’école française, provenant du cabinet de M. Baroilhet.

10 mars. -A propos de la reprise d’Henri III et sa cour d’Alexandre Dumas, Gautier rappelle " l’heureuse époque " des premières représentations et les passions qu’elles avaient suscitées.

31 mars. Nouvelle édition des Reisebilder de Heine, avec une " Etude sur Henri Heine " de Gautier, dans laquelle il fait entrer son article nécrologique du 25 février.

1er avril. Traité avec Hetzel pour la publication d’Avatar.

17 avril. -Publication dans Le Moniteur universel de " Nativité, poème sur la naissance du prince impérial ".

10 mai. - 2ème édition de Caprices et zigzags chez Hachette. Publication de la Nouvelle galerie des artistes dramatiques vivants, ouvrage auquel Gautier a collaboré.

15 mai. -Gautier est nommé membre de la Commission chargée de décerner les primes aux meilleurs ourages représentés en 1856 ; avec lui, Mérimée, Sainte-Beuve, Scribe, Lebrun, Nisard, H. Rolle, Ed. Thierry et C. Doucet.

14 juin. - Publication de L’Art moderne chez Michel Lévy.

21 juin. -Annonce du Baptême du prince impérial chez Gleinarec, accompagné du poème " Nativité " et de sa traduction allemande, qui avait paru le 3 mai.

25 juin. - Début de la publication dans Le Moniteur universel de Paul d’Aspremont (Jettatura), conte ; elle se pouruivra les 26, 27, 28 et 29 juin, 5, 9, 10, 11, 16, 17, 18, 19, 20 et 23 juillet. Publication en 1857 sous le titre Jettatura, entré dans les Romans et Contes en 1863.

6 juillet. -Publication dans L’Artiste de " L’Aveugle ", qui entrera dans la troisième édition d’Emaux et Camées en 1858.

2 août. -Publication des Contes bizarres d’Achim von Arnim, avec une introduction de Gautier.

5 septembre. -Début des comptes rendus dans Le Moniteur universel de " L’Ecole des Beaux-Arts : Concours pour le grand prix de Rome : sculpture " ; suivront le 12 " Gravure ", le 19 " Architecture ", le 28 " Peinture historique ", le 4 octobre " Exposition des grands prix ; Envois de l’Ecole de Rome ".

20 septembre. -Gautier est à Bayonne et il va assister aux courses de taureaux de Saint-Esprit.

27 et 29 septembre. -Deux articles dans Le Moniteur universel sur " Les Courses de taureaux à saint-Esprit ". Ils seront repris dans Quand on voyage en 1865. Gautier en profite pour faire une excursion en Espagne. Il revoit l’église d’Urugne et la devise de son horloge ; " Vulnerant omnes, ultima necat " qui fait se lever de mélancoliques souvenirs du premier voyage en Espagne ; il va ensuite à Saint-Jean-de-Luz, Béhobie, descend la Bidassoa en barque jusqu'à Fontarabie, "une ville morte ", mais qui reste pittoresque. Il va ensuite jusqu'à Irun et revient à Bayonne.

28 septembre. -Sa tante Mion, d’Avignon, lui envoie un saucisson de Bologne.

13 octobre. -Compte rendu dans Le Moniteur universel de l’ouvrage d’Ernest Feydeau Histoire des usages funèbres et des sépultures des peuples anciens, article repris en 1876 dans le tome II de L’Orient.

Novembre. Ernesta est à Nice pour une saison de concerts avec la pianiste Virginie Huet. Elle y restera jusqu’en avril 1857.

1er novembre. -Nouvelle édition de Mademoiselle de Maupin, revue et corrigée, chez Charpentier.

29 novembre. - Nouvelle édition des Grotesques chez Charpentier.

1er décembre. Début de sa fonction de rédacteur en chef de L’Artiste qu’il remplira jusqu’en février 1859.

14 décembre. -Publication dans L’Artiste d’une " Introduction ".

21 décembre. -Publication dans L’Artiste d’un article sur " Gustave Doré ".

28 décembre. -Publication dans L’Artiste d’un article sur " Gérôme ".

En 1856, Gautier a publié quarante-sept articles de critique dramatique, quinze de critique artistique, trois de critique littéraire, trois de variétés et un poème.

 

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3 janvier. -Les Goncourt voient Gautier à L’Artiste : " Au bureau de L’Artiste, Théophile Gautier, face lourde, les traits tombés dans l’empâtement des lignes, une lassitude de la face, un sommeil de la physionomie, avec comme des intermittances de compréhension d’un sourd, et des hallucinations de l’ouïe qui lui font éouter par derrière, quand on lui parle de face. Il répète et rebâche amoureusement cette phrase : De la forme naît l’idée, une phrase que lui a dite, ce matin, Flaubert, et qu’il regarde comme la formule suprême de l’école, et qu’il veut qu’on grave sur les murs " (22).

11 janvier. -Article sur " Gavarni " dans L’Artiste ; il sera repris dans les Portraits contemporains en 1874.

17 février. -Gautier emprunte à l’Odéon un costume pour un bal : il sera Agamemnon.

11 mars. -Début de la publication dans Le Moniteur universel du Roman de la momie ; elle se poursuivra les 12, 13, 14, 18, 19, 20, 26, 27, 28 et 30 mmars, 2, 3, 8, 15, 17, 23, 24, 29 et 30 avril et 6 mai. Il sera publié chez Hachette en 1858.

19 mars. Gautier assiste à un bal déguisé en Turc. Il devait mettre ce costume de temps à autre : le 28 septembre, Eugénie Fort note dans son journal : " T(héophile) G(autier) (..) a endossé son costume turc et a fumé sans cesse jusqu'à onze heures et demie. "

Avril. -Gautier et sa famille quittent Paris, poussés par les deux directeurs du Moniteur, Paul Dalloz et Julien Turgan, qui le souhaitaient comme voisin et ils s’installent à Neuilly, 32 rue de Longchamp. Judith Gautier a décrit , dans Le second rang du collier, la maison, et raconté leur installation. Gautier garde un petit pied-à-terre à Paris, 35, rue de Gramont, pour y coucher les soirs où le théâtre le retient tard ; il le quittera en 1858.

5 avril. -Publication dans L’Artiste d’un article sur " La Galerie du XIXème siècle : Ingres ", qui sera repris en 1874 dans les Portraits contemporains.

3 mai. -Pubication dans L’Artiste " de " Exposition des oeuvres de Paul Delaroche au palais des Beaux-Arts ", repris dans les Portraits contemporains en 1874.

4 mai. -Gautier assiste aux obsèques d’Alfred de Musset.

10 mai. Publication dans L’Artiste de " Galerie du XIXème siècle : Madame Emile de Girardin ", repris en 1875 Portraits et souvenirs littéraires.

12 mai. -Nouveau jugement des Goncourt sur Gautier, plus nuancé : " Théophile Gautier ce styliste à l’habit rouge pour le bourgeois, apporte dans les choses littéraires le plus étonnant bon sens, et le jugement le plus sain, et la plus terrible lucidité jaillissant en petites phrases toutes simples, d’une voix qui est comme une caresse. Cet homme, au premier abord un peu fermé, ou plutôt comme enseveli au fond de lui-même, a un grand charme, et devient avec le temps sympathique au plus haut degré. " (23).

16 mai. - Publication d’Avatar chez Michel Lévy, et d’une nouvelle édition de Mademoiselle de Maupin chez Charpentier.

30 mai. -Flaubert invite Gautier à Croisset, avec Ernet Feydeau et Paul de Saint-Victor.

6 juin. -Publication de Jettatura chez Michel Lévy.

6-15 juin. -Gautier est à Croisset chez Flaubert.

14 juin. Début des comptes rendus du Ssalon. Ils se poursuivront les 21 et 28 juin, 5, 12, 19 et 26 juillet, 2, 9, 16, 23 et 30 août, 6, 13 et 20 septembre, 4 et 25 octobre, 1er, 8, 15 et 22 novembre. Gautier écrivait à Poulet-Malassis le 17 juin : " Le Salon m’occupe tellement que je ne sais plus où donner de la tête. " -il lui envoyait avec retard le traité concernant la nouvelle édition d’Emaux et Camées et des pièces de vers à y ajouter. (24)

25 ? juin. -Marix a dîné chez les Gautier. Marix était un modèle qui, toute jeune, à quinze ans, en 1837, devint la maîtresse du peintre Boissard et était en consquence bien connue des milieux familiers de l’hôtel Pimodan ; elle posa pour Ary Scheffer, pour Paul Delaroche, et naurellement pour Boissard ; elle était fort belle et en 1843, le sculpteur Geoffroy-de-Chaume fut autorisé à prendre un moulage de son corps ; Boissard et elle se séparèrent en 1847 et en 1848, elle se lia avec le baron d’Ahlefeld, secrétaire d’ambassade, qui l’épousa en 1851 et mourut en 1855. Gautier lui rendra visite dans sa propriété du Schlesvig lors de son prochain voyage en Russie.

29 juin. -Gautier signe un traité pour une suite d’articles d’art à faire pendant un séjour de deux mois en Russie ; il sera payé trente mille francs.

13 septembre. -Publication dans L’Artiste de " A Monsieur Théodore de Banville ; réponse à son Odelette (L’art) ", poème qui paraîtra sous le titre " L’Art " dans la troisième édition d’Emaux et Camées. En 1858, A. Weil écrit à Gautier : " Votre réponse à Banville est un joyau royal. Vous n’avez rien fait de si parachevé, de si fouillé, de si complet de fond et de forme " (25).

29 septembre. -Publication dans Le Moniteur universel d’un article sur le Tannhäuser de Wagner représenté à Wiesbaden ; Gautier se targuait d’avoir été le premier à en parler à Paris, comme le rappelle Judith dans Le second rang du collier ; l’article était plein de sympathie, Wagner apparaissant aux yeux de Gautier comme romantique au sens allemand du terme, c’est-à-dire " impliquant seulement un retour au Moyen-Age " et musicalement le romantisme de Wagner étant, selon lui, " bien plutôt un retour aux formes anciennes qu’une innovation révolutionnaire ".

Fin septembre. -Gautier est en Allemagne, à Wiesbaden et à Stuttgart.

29 novembre. -Publication dans L’Artiste de l’article " Une Maison de Pompéi, avenue Montaigne ", repris dans le recueil collectif Paris qui s’en va en 1858, et repris dans Le Palais pompéien en 186626.

14 décembre. -Dans Le Moniteur universel "Reprise de Chatterton " ; à cette occasion, Gautier rappelle ses souvenirs de jeunesse (27).

18 décembre. -Journal d’Eugénie Fort : " G(autier) raconte un projet de ballet indien ". Il s’agit de Sacoutala, qui sera représenté en 1858.

22 décembre. -Gautier écrit à Sainte-Beuve pour le féliciter de son article sur Banville et lui rappelle leurs luttes communes pour le romantisme : " Nous avons été ivres du beau, nous avons eu la sublime folie de l’art comme vous le dites si bien... " (28).

25 décembre. Traité avec Hachette pour l’édition du Roman de la momie : cinq cents francs pour trois mille exemplaires.

En 1857, Gautier a publié quarante-six articles de critique artistique, cinquante-trois de critique dramatique, trois de voyage et un poème.

 

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Janvier. -Article dans Le Moniteur universel sur " La Rue Lafitte : les étalages des marchands de tableaux ", où Gautier approuve cette espèce d’exposition permanente.

11 janvier. -Dans Le Moniteur universel, article nécrologique que " Mademoiselle Rachel ", qui sera repris dans les Portraits contemporains en 1874.

24 janvier. -Pubication dans L’Artiste du poème " A M. Ernest Feydeau (Bûchers et tombeaux) ", qui sera repris dans la troisième édition d’Emaux et Camées.

20 mars. -Début de la publication dans L’Artiste de l’étude " Galerie du XIXème siècle. Honoré de Balzac ", qui se continuera les 28 mars, 4, 18 et 25 avril et 2 mai. Elle est publiée aux mêmes dates dans Le Moniteur universel et sera reprise dans les Portraits contemporains en 1874.

20 mars. -Seconde édition des Nouvelles chez Charpentier.

3 avril. -Publication chez Charpentier des Poésies complètes.

22 avril. -Première au théâtre de la Porte-Saint-Martin du ballet-pantomime Yanko le Bandit. Il était donné en complément de spectacle à un drame de Félicien Mallefille, Les Mères repentantes ; la musique était d’E. Deldevez. La critique fut favorable, admirant aussi bien les décors et les costumes que la musique. Il a été édité en 1872 dans le Théâtre.

21 mars. - Gautier est invité par Charles Monselet au dîner de fondation de l’hebdomadaire Le Gourmet, avec un très riche menu gastronomique (29).

11 ? mai. -Gautier se retire de la Société des gens de lettres.

Mai-juin. -Gautier voyage dans la vallée du Rhin, en Alsace, en Suisse, en Allemagne, en Hollande et en Belgique. Il publie dans le même temps ses impressions de voyage.

29 mai. -Début de la publication dans Le Moniteur universel de ses impressions de voyage " Ce que l’on peut voir en six jours : I. Le lac de Neuchâtel. II. De Berne à Strasbourg. III. Heidelberg, Mannheim. IV. Le Rhin. V. Dusseldorf. VI. Rotterdam, La Haye, Scheveningue. VII. La Haye, Dordrecht, Anvers, Bruxelles ". La publication se poursuivra les 31 mai, 3, 4, 10 12 et 21 juin. Ces articles seront repris en 1865 dans Loin de Paris.

30 mai. -Publication dans L’Artiste du poème " La Source " ; il fera partie en 1863 de la quatrième édition d’Emaux et Camées, puis des Poésies nouvelles.

12 mai. -Nouvelle édition du Voyage en Espagne chez Charpentier.

20 juin. -Article nécrologique dans L’Artiste sur " Ary Scheffer ", qui sera repris dans les Portraits contemporains en 1874

4 et 18 juillet. Pubication dans L’Artiste de " Les douze Dieux de la peinture. I. Léonard de Vinci ". Cet article reparaîtra en 1863 dans Les Dieux et les demi-Dieux de la peinture, et sera repris en 1882 dans le Guide de l’amateur au Musée du Louvre.

14 juillet. -Première à l’Opéra de Sacountala, ballet-pantomime, livret de Gautier, musique de Reyer, chorégraphie de Petipa. Le succès fut complet et la critique élogieuse ; la musique de Reyer fut particulièrement appréciée : Berlioz en loua l’originalité. Le livret fut publié le 17 juillet et entrera en 1872 dans le Théâtre. Gautier fit lui-même le compte rendu du ballet dans Le Moniteur universel du 19 juillet.

30 juillet. -Gautier est nommé officier dans l’ordre de la légion d’honneur. Il fait un aller et retour à Baden : il dit n’être resté qu’une journée. Il voulait voir Méry pour qu’il négociât un engagement d’Ernesta Grisi pour des concerts pendant les courses ; elle chantera le 24 septembre.

1er septembre. -Publication dans L’Artiste de " Baden ". Baden est alors " le centre et le siège d’été " de l’aristocratie et du monde fashionable européen, sur lequel Gautier s’attarde, ainsi que sur la description de la ville. Cet article sera repris en 1865 dans Quand on voyage.

3 août. - Publication dans Le Moniteur universel de " Les cinq nouveaux tableaux espagnols du Musée " repris en partie en 1864 dans Les Dieux et les demi-Dieux de la peinture, étude sur Murillo, puis dans le Guide de l’amateur au Musée du Louvre en 1882.

4 août. -Gautier part pour Cherbourg assister à l’inauguration du grand bassin Napoléon, qui eut lieu les 5, 6 et 7 août.

28 août. -Traité avec Poulet-Malassis pour l’édition de son étude sur Honoré de Balzac.

3 septembre. -Publication dans Le Moniteur universel du rendu compte de l’inauguration du bassin Napoléon sous le titre " Cherbourg " ; elle se poursuivra les 5, 9, 14 et 15 ; l’ensemble sera publié en 1865 dans Quand on voyage.

15 septembre. - Gautier part pour la Russie ; il y restera jusqu’en mars 1859 ; il s’agissait de préparer la publication d’un ouvrage sur les Trésors d’art de la Russie ancienne et moderne, illustrée de deux cents planches en hélio-gravure tirées d’après des photographies ; le photographe Richebourg était chargé de faire les clichés sur les indications de Gautier, ce dernier devant écrire le texte d’accompagnement. Le projet était sous le patronage du tsar Alexandre II et commandité par un homme d’affaires Carolus van Raay qui avait envisagé cette publication dès l’automne 1857 et était en rapport avec Gautier en mai 1858 ; il se révélera par la suite à la fois incapable et indélicat, et fut en grande partie responsable de l’échec du projet. L’affaire était financièrement intéressante pour Gautier : tous les frais étaient payés, il touchait d’emblée 3000 francs non remboursables en cas d’échec, le reste était payé à mesure de la publication des livraisons ; de plus, il s’était engagé à fournir au Moniteur universel, en échange d’un congé de six mois, une série d’articles sur ses impressions de voyage.

25 septembre. - Il est à Ludwigsburg chez la baronne d’Ahlefeld où il doit rester huit jours ; Ernesta y fera un séjour en septembre 1859. Publication de Sacountala chez Michel Lévy et De la mode chez Poulet-Malassis.

7 octobre. -Gautier est à Lübeck.

9 octobre. -Deuxième édition du Roman de la momie chez Hachette.

11 octobre. - Début de la publication de ses impressions de voyage : " Esquisses de voyage. I. Berlin. " (Voyage en Russie, I). Elles se poursuivront le 18 octobre, les 1er , 8, 11 (le seul publié par Gautier en Russie), 24 et 25 novembre, 6, 8, et 26-27 décembre.

15 octobre. - Gautier est à Saint-Pétersbourg.

17 décembre. -Lettre à ses soeurs pleine de nostalgie : " J’ai été bien triste le 2 novembre en pensant à tous ceux qui ne sont plus ; il faisait presque nuit à midi, le ciel était jaune, la terre couverte de neige et j’étais si loin de ma patrie, tout seul dans une chambre d’auberge, essayant d’écrire un feuilleton qui ne venait pas et d’où dépendait, chose amère, la pâtée de bien des bouches, petites et grandes.... " (30).

En 1858, Gautier a publié trente-deux articles de critique dramatique, vingt-quatre de critique artistique, neuf récits de voyage, quatre de variétés et un poème.

 

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1er janvier. Troisième édition d’Emaux et Camées chez Poulet-Malassis.

2-3 janvier. - Suite des Esquisses de voyage dans Le Moniteur universel ; elles se poursuivront les 10 janvier, 21 février et 9 avril.

9 janvier. - Dans L’Artiste, article sur le peintre hongrois Zichy qui avait fondé à Saint-Pétersbourg la société des Vendrediens, qui réunissait, tous les vendredis, de jeunes peintres de tous pays, et dont Gautier fit partie pendant son séjour. Selon Judith Gautier, son père tenta de fonder une société analogue à Paris : " Sa proposition avait été accueillie par les artistes avec enthousiasme, et cependant le projet n’aboutit pas " (31). La publication se poursuivra les 10 et 23 janvier, 21 février et 9 avril. L’ensemble des Esquisses de voyage constituera les deux volumes du Voyage en Russie qui paraîtra en 1866.

Début février. -Gautier est à Moscou, " l’endroit le plus éloigné qu’ait atteint Napoléon ", écrit-il à ses soeurs, et dont il dit à Feydeau : " C’est étrange, splendide, incroyable, chimérique. Je mets Moscou à côté de Constantinople, de Venise et de Grenade ".

7 février. - Gautier est de retour à Saint-Pétersbourg.

9 mars. - Gautier reçoit son passeport pour rentrer en France, mais le mauvais tempss retarde son départ. Il est encore à Saint-Pétersborg le 18 mars.

27 mars. - Gautier est de retour à Paris.

18 avril. - Début des comptes rendus de l’exposition de 1859. Ils se poursuivront les 23 (" Gérôme ") et 30 avril, 7, 21 (Delacroix ") et 28 (" Fromentin ") mai, 3, 11, 16, 18, 23, 25, 29 juin, 1er, 6, 7, 13, 20 et 29 juillet, 3, 6, 15 et 25 août, 21 septembre et 10 octobre.

16 mai. -Traité avec Amyot pour la publication d’un ouvrage intitulé Saint-Pétersbourg ; cet ouvage ne sera jamais fait, mais se transformera en Voyage en Russie en 1866.

Mai. -Impression des Trésors d’art de la Russie ancienne et moderne, première livraison : Saint-Isaac. Malgré l’annonce de sa mise en vente dans Le Moniteur universel du 25 mai, sa publication ne fut annoncée que le 19 octobre 1861 dans la Bibliographie de la France. Elle a été reprise dans le tome I du Voyage en Russie en 1866. Seules cinq livraisons de l’ouvrage parurent, à la grande déception de Gautier qui comptait beaucoup sur le rapport financier de l’affaire ; il touchera cependant de l’éditeur français Gide, au cours de l’année 1860, 7.800 francs.

10 mai. - Théophile Gautier fils, dit Toto, part pour la Russie afin de s’occuper de l’affaire des Trésors d’art de la Russie. Il rentrera le 19 mars 1860.

28 mai. -Nouvelle édition de Mademoiselle de Maupin chez Charpentier.

Juin. -Gautier est dans les soucis financiers à la fois avec Hetzel pour la publication de l’Histoire dramatique en France et avec le photographe Richebourg à propos de ses frais de déplacement en Russie.

5 juin. -Publication de Honoré de Balzac chez Poulet-Malassis.

25 août. - Gautier invite le journaliste Adolphe Gaïffe à dîner pour son annniversaire le 31, avec ce commentaire : " A cette époque néfaste, j’entrai dans le monde où je devais faire tant de copie mal payée et inutile -car je en crois pas que le feuilleton soit un sacerdoce " (32). Il dit à nouveau à Julien Turgan , le 10 septembre, dans une lettre pleine d’amertume et de découragement, qu’il ne s’imagine pas " remplir un sacerdoce en vomissant tous les dimanches mon même article sur la même pièce, et les mêmes baladins ", " ni être le prince des critiques " (33).

3 septembre. Début des comptes rendus sur les concours de l’Ecole des Beaux-Arts : " Concours pour le Grand Prix de Sculpture " ; ils se poursuivront les 9 (Grand Prix de Gravure en médailles), le 18 (Grand Prix d’Architecture), le 22 (Grand Prix de Peinture) et le 28 (Envoi des Grands Prix de Rome).

10 septembre. -Gautier fait un voyage à Tarbes et dans la région. Il écrit à sa sœur Emilie : " J’ai cherché mon berceau sans le trouver " (34).

19 septembre. - Publication dans Le Moniteur universel du poème " Ce que disent les hirondelles, chant d’automne ", qui entrera dans la quatrième édition d’Emaux et Camées.

1er octobre. -Il est à Bagnères-de-Bigorre, où il fait des excursions dans la montagne.

5 octobre. -Il est de retour à Paris.

1er novembre. -Publication dans La Revue européenne des poèmes " La Montre " et " Le Souper des armures " , qui entreront dans la quatrième édition d’Emaux et Camées.

2 novembre. -Traité avec Gide pour l’édition des Trésors d’art de la Rusie, dont ne paraîtront que les cinq premières livraisons sur les seize et demie prévues.

19 novembre. -Publication du Voyage en Espagne chez Charpentier.

10 décembre. - Dans Le Moniteur universel publication d’un article sur les Oeuvres complètes de Balzac, parues dans l’édition populaire à la Librairie Nouvelle : Gautier y fait l’éloge sans réticence de l’écrivain et de son œuvre.

17 décembre. -Troisième édition de Militona chez Hachette.

24 décembre. -Sixième édition des Nouvelles chez Charpentier.

En 1859, Gautier a publié trente-six articles de critique artistique, trente-trois articles de critique dramatique, trois de variétés et quatre poèmes.

 

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5 janvier. -Suite dans Le Moniteur universel des Esquisses de voyage, poursuivies les 6 et 13 janvier.

14 janvier. -Publication dans Le Monde illustré de l’article " Le Baptême de la Néva ", qui n’a pas été publié dans le Voyage en Russie.

15 janvier. -La Femme de Diomède, prologue écrit pour l’inauguration de la maison poméienne du prince Napoléon et offert aux invités ; il fut publié dans L’Artiste le 1er janvier 1863, puis dans les Poésies nouvelles la même année.

28 janvier. Nouvelle édition des Poésies complètes chez Charpentier.

6 février. -Début, dans Le Moniteur universel de la série d’articles consacrés aus Tableaux de l’école moderne ; Exposition au profit de la caisse de secours des artistes peintres, sculpteurs, architectes et dessniateurs ; ils se poursuivront les 9, 20, 23 et 24 février, 7 et 21 mars.

15 mars. - Exposition au profit de la caisse.... reprise partielle dans La Gazette des Beaux-Arts des articles du Moniteur universel des 6 et 9 février ; ils seront publiés en 1880 dans Tableaux à la plume.

3 avril. -Article dans Le Moniteur universel sur " Le Mont Saint-Michel ", poursuivi le 6 avril ; ils seront repris dans Quand on voyage en 1865.

18 avril. -Traité avec Charpentier pour l’édition dans Le Magasin de Librairie d’" une revue des tableaux qui existent dans le palais du Louvre ". Ce contrat ne fut jamais rempli.

Juillet. -Projet de concert à Londres pour Ernesta, devant avoir lieu le 16 ; le projet semble ne pas avoir abouti et fut une des dernières tentatives d’Ernesta.

Gautier a acheté un terrain à Villiers-sur-Marne pour y faire construire " une jolie baraque et un beau poulailler " (35).

18 août. -Publication de Les Vosges par Jean-Joseph Bellel, vingt dessins d’après nature, lithographiés par J. Laurens. Texte descriptif de Théophile Gautier. Le texte reparaîtra dans les Vacances du lundi en 1881.

27 août. -Dans Le Moniteur universel article nécrologique sur Alexandre Decamps. C’était, selon Gautier, un peintre unique : " Il a tout créé, son sujet, sa couleur, sa manière ; sur un rayon d’or, il a fait entrer l’Orient dans le domaine de l’art. "

30 août. -Dans Le Moniteur universel article sur l’"Exposition du boulevard des Italiens ; ancienne école française ". Ces études se poursuivront les 5 septembre, 18 et 24 octobre, 16 et 26 novembre et le 15 décembre, cette dernière étant consacrée à Prudhon.

7 septembre. -Début des comptes rendus sur les concours pour le grand Prix des Beaux-Arts (Sculpture), le 15 (Gravure en taille-douce), le 21 (Architecture), le 28 (Peinture).

5 octobre. -Dans Le Moniteur universel, article sur " Ecole des Beaux-Arts ; Envois de Rome ".

10 novembre. -Publication dans Le Revue Nationale et Etrangère du poème " Les Joujoux de la morte ", qui entrera dans la quatrième édition d’Emaux et Camées en 1863.

17 novembre. -Nouvelle édition de Mademoiselle de Maupin chez Charpentier.

8 décembre. - Publication de Gemma, ballet, chez Michel Lévy.

20 décembre. -Dans Le Moniteur universel, " Bibliographie : Théâtre de Madame Emile de Girardin ", article qui, avec celui de L’Artiste de 1857, servira à la notice mise en tête des Oeuvres complètes, le 2 mars 1861.

25 décembre. -Dans La Revue Nationale et Etrangère, article sur le Voyage en Orient de Nerval, repris dans le tome I de L’Orient en 1877.

En 1860, Gautier a publié trente articles de critique artistique, quarante-cinq de critique dramatique, deux de critique littéraire, six récits de voyage et un poème.

 

 

NOTES

  1. Pour les années 1811-1848, voir la première partie.
  2. Pp. 180-183.
  3. Il s’agit du soulèvement des ouvriers des journées de juin.
  4. Lettre du 21 mai 1852, Correspondance générale éditée par Claudine Lacoste-Veysseyre, tome V p.54.
  5. Billet à Feydeau, Corr.gén. Tome IV p.92.
  6. Corr. gén. tome IV p.152.
  7. Lovenjoul, Histoire des Oeuvres de Théophile Gautier, tome I pp.462-492.
  8. Corr. gén.,tome IV p.18.
  9. Cf ses lettres à Louis de Cormenin des 24 juin, 5, 8 et 25 juillet, Corr. gén. pp.68-69, 72-74,82-83.
  10. A Gautier le 19 août, Corr. gén. , tome V p.97.
  11. A Cormenin, 22 septembre, Corr. gén., tome V p.104.
  12. Corr. gén., tome V p.132.
  13. Voir ses lettres à Cormenin des 16 et 28 mai, Lettres de Marie Mattei à Théophile Gautier et à Louis de Cormenin,éditées par E. Kaye, pp. 171 et 174-175.
  14. La Presse du 5 septembre 1853.
  15. 2 juillet 1853.
  16. Voir au 12 octobre 1872. Voir aussi Lov. HOTG, tome II pp.514-539, un plan de la version primitive en prose.
  17. Corr. gén. tome VI, pp.85-86.
  18. Ibid. p.102.
  19. Ibid. p.119.
  20. Lettre du 20 vril, Corr. gén. tome VII, p.145.
  21. Lettre du 4 décembre, Corr. gén., tome VI, p. 187.
  22. Journal, tome I, p.126.
  23. Ibid., tome I, p.143.
  24. Corr. gén., tome VI, p.312.
  25. Ibid., p.337.
  26. Cf Lov. HOTG, tome II, p.142. Voir aussi au 26 mai 1866.
  27. Voir Histoire du romantisme, pp.152-161.
  28. Corr. gén., tome VI, p.338.
  29. Ibid., tome VII, p.33.
  30. Ibid., p.85.
  31. Le second rang du collier.
  32. Corr. gén., tome VII, p.162.
  33. Ibid., p.168.
  34. Ibid. p.177.
  35. Ibid., p.232, lettre à Ernesta du 5 août.

 

 

 

CHRONOLOGIE DE LA VIE

DE THÉOPHILE GAUTIER

TROISIEME PARTIE

de 1861 à 1872.

1861

10 janvier. - Publication dans Le Papillon du poème " Le Jésus des neiges ; Noël " qui entrera dans la quatrième édition d’Émaux et Camées en 1863.

1er février. - Dans le Moniteur universel, article nécrologique sur Henri Murger.

4 février. Dans le M.U. article sur " Les Nuits d’hiver, par Henry Murger " ; cet article entrera en 1874 dans les Portraits contemporains.

11 mars. - Traité avec Charpentier pour l’édition du Capitaine Fracasse.

14 mars. - Le Figaro annonce : " M. Théophile Gautier a accepté la présidence de la commission chargée de l’emploi des fonds de la souscription ouverte par les amis d’Henri Murger " et destinés à l’érection d’un monument à la mémoire de l’écrivain.

15 avril. - Publication dans La Revue fantaisiste du poème " Vieille guitare romantique : Carmen ", qui entrera dans la quatrième édition d'Émaux et Camées en 1863 sous le titre " Carmen ".

26 avril. - Gautier, qui a dîné chez Eugénie Fort, y refait les vers du poème " La Nativité ", qu’il avait publié en mars 1856 pour la naissance du prince impérial.

2 mai. - Début des comptes rendus du Salon de 1861 dans le M.U. ; ils se poursuivront les 6, 10-11, 17, 19, 23-25, 31 mai, 7, 21-23, 25, 27, 29 juin, 1er, 2, 3, 5, 6, 7, 9, 10, 12, 13-14, juillet.

27 mai. - Eugénie Fort note dans son Journal : " Il (Toto) me raconte que son père est allé dimanche aux Tuileries, l’Empereur l’a reçu d’une façon qui lui a plu... " Gautier lui portait une livraison des Trésors d’art (de la Russie).

16 juillet. - Publication de : Les Poètes français ; recueil des chefs d’œuvre de la poésie française depuis les origines jusqu'à nos jours. Gautier y a écrit les notices sur Théophile de Viau et Saint-Amant qui ont été publiées dans Fusains et Eaux-fortes en 1880.

3 août. - Dans le M.U. article sur " La Chapelle des Saints-Anges à Saint-Sulpice par M. Eugène Delacroix " : " Jamais auteur de (....) tant d’autres chefs d’œuvre n’a été plus hardi, plus vivace, plus emporté, plus romantique en un mot. "

Gautier part pour son second voyage en Russie. Il est accompagné de son fils Théophile et d’Olivier Gourjault, un ami de la famille Gautier.

9 août. - Gautier et ses compagnons arrivent à Saint-Pétersbourg. Il est découragé par la lenteur que met le photographe Richebourg à lui fournir ses planches, et par le retard de la publication de l’ouvrage des Trésors d’art de la Russie ancienne et moderne : lettre du 4-16 août à Gide, l’éditeur français (Corr. gén., tome VII, p. 306).

18 août. - Gautier part pour Moscou, pour un court passage : " Nous sommes à Moscou, écrit-il à Ernesta le 19, prêts à partir pour Nijni-Novgorod, où se tient une foire très curieuse qui rassemble sur un point tous les peuples à costumes de la Russie. C’est comme si l’on faisait un long voyage, tout est groupé sous l’œil. Ensuite nous retournerons à Moscou, et de là à Saint-Pétersbourg, puis en France vivement ; l’année n’est guère favorable pour les entreprises de l’art. " (Corr. gén., tome VII, p. 307)

20 août. - Gautier part pour Nijni-Novgorod.

22-23 août. - Description dans le M.U. du sacre et du couronnement de LL.MM. l’Empereur Alexandre et l’Impératrice Marie Alexandrowna.

2 septembre. - Gautier est de retour à Moscou.

15 septembre. - Il est à Saint-Pétersbourg, où il est reçu en séance solennelle de l’Académie, " membre attaché honoraire de l’Académie impériale des Arts ", en tant que peintre.

28 septembre. - En possession de son passeport pour la Prusse, il quitte Saint-Pétersbourg. Il rencontre Ernest Feydeau à Bamberg et s’arrête à Genève chez Carlotta Grisi, où il est immobilisé par un rhumatisme qui " l’a empoigné par le genou gauche avec ses griffes lancinantes " ; le voyage en Russie a d’ailleurs été peu favorable à sa santé : dans cette même lettre à Turgan, " rhume atroce, dysenterie opiniâtre, arthrite, se sont disputés ma pauvre carcasse " (lettre du 14 octobre, de Genève Corr. gén., tome VII, p. 323). Il s’amuse à composer des bouts-rimés donnés par Ernesta, Toto, Carlotta, Judith et l’institutrice de la villa.

19 octobre. - Annonce dans la Bibliographie de la France de la première livraison des Trésors d’art de la Russie ancienne et moderne.

23 octobre. - Son " rhumatisme articulaire " du genou est à peu près guéri " à force de chloroforme et d’immobilité " (Corr. gén., tome VII, pp. 325-326). Gautier est de retour à Paris.

31 octobre. – Premier article dans le M.U. des " Esquisses de voyage " sur ce second voyage en Russie. Les suivants paraîtront les 11, 17, 23, 30 novembre et 12 décembre.

30 novembre. - Annonce de la publication des deuxième et troisième livraisons des Trésors d’art de la Russie ancienne et moderne.

6 décembre. - Gautier est allé à Mantes.

10 décembre. - Publication dans La Revue nationale et étrangère du poème " Après le feuilleton ", qui entrera dans la quatrième édition d’Émaux et Camées en 1863.

25 décembre. - Début de la publication dans La Revue nationale et étrangère du Capitaine Fracasse. La publication se poursuivra les 10, 25 janvier 1862, 10 février, 25 mars, 10 juillet, 10 août, 10 septembre, 10 octobre, 10 décembre 1862, 10 février, 10 mars, 10 avril, 10 mai, 10 juin 1863.

26 décembre. - Il lit à Eugénie Fort son poème " Le Château du souvenir ", dont il est content et qui sera publié dans le M.U. du 30 décembre et entrera en 1863 dans la quatrième édition d'Émaux et Camées.

En 1861, Gautier a publié trente-cinq articles de critique artistique, vingt-neuf de critique dramatique, quatre de variétés, sept de voyages et trois poèmes.

1862

2 janvier. - Dans le M.U. publication de " Une Esquisse de Velasquez ", article qui sera repris en 1880 dans Tableaux à la plume ; il avait été auparavant transformé pour entrer dans l’étude : " Don Diego Velasquez de Silva " publiée en 1863 dans Les Dieux et les demi-Dieux de la peinture.

Janvier. - Gautier est invité à Compiègne.

Février. - Il organise la Société nationale des Beaux-Arts ( voir BSTG n° 16).

8 février. - Annonce de la publication des Poésies complètes chez Charpentier.

fin février. - Carlotta, alors à Paris, devait dîner chez les Gautier ; son " départ subit " l’en a empêchée et " (les) a privés de (lui) dire adieu " ( Corr. gén., tome VIII, p. 20).

6 et 28 mars. Dans le M.U. comptes rendus de " L’Exposition du boulevard des Italiens ".

Fin mars-début avril. - Gautier envoie à Carlotta ce qui est paru du Capitaine Fracasse : " Je ne sais si j’ai fait un chef d’œuvre, comme le bruit en est venu jusqu’à vous, du moins, j’ai tâché d’être le moins bête possible en ce temps stérile et stupide. " (Corr. gén., tome VIII, p. 28).

1er avril. - Compte rendu dans le M.U. de l’ouvrage des Goncourt L’Art au dix-huitième siècle : " Les archives des autographes leur ont ouvert leurs trésors, et souvent un petit billet dans le tiroir d’une chiffonnière en bois de rose leur révèle toute une facette inaperçue de caractère. "

Fin avril. - Publication de la quatrième livraison des Trésors d’art de la Russie ancienne et moderne. Selon Sp. de Lovenjoul, la sixième aurait été prête à la publication dès cette date, alors qu’elle ne paraît qu’en février 1866.

10 avril. - Article dans le M.U. " Revue des arts : Jésus parmi les docteurs, tableau de M. Ingres ", qui témoigne de la fidèle admiration de Gautier pour le peintre.

29 avril. - Gautier part pour l’Exposition de Londres - il est accompagné de toute sa famille : Ernesta et ses deux filles ; Judith a raconté ce séjour à Londres dans Le second rang du collier.

Mai. - Dans La Gazette des Beaux-Arts, article sur " Meissonier ", qui sera repris dans Souvenirs de théâtre, d’art et de critique.

1er mai. - Gautier est à peine arrivé à Londres qu’il se rend de bon matin à l’Exposition : " J’ai visité le local soigneusement, prenant des notes et relevant le plan de la chose. Je me suis installé dans une boutique industrielle de connaissance et j’ai écrit au crayon une partie de mon article que je vais terminer cette nuit (...) Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu et j’écris sur le champ, ce qui prouve ma supériorité sur César ". (Lettre à Dalloz du 1er mai, Corr. gén., tome VII, p. 35). Il se plaint du brouillard londonien. Il retrouve à Londres la famille Lhomme et Louis de Cormenin, et il est satisfait de l’accueil qu’il reçoit, mais il éprouve " la cherté de la vie anglaise ".

4 mai. - Début des comptes rendus sur " L’Exposition de Londres ". Ils se poursuivront les 10, 11, 18, 20, 24, 27 mai, et le 2, 5, 11 juin et 10 juillet ; dans les Dieux et les demi-dieux de la peinture ont été repris des fragments des articles des 10, 18, 20, 24 et 27 mai sous le titre " William Hogarth ", et de l’article du 2 juin sous le titre " Sir Joshua Reynolds ". Les études publiées dans les Dieux et les demi-dieux de la peinture reparaîtront dans le Guide de l’amateur au Musée du Louvre.

18 mai. - Il fait une excursion au château et au jardin botanique de Kew.

27 mai. - Gautier écrit à ses sœurs qu’il sera de retour " vers le 5 ou 6 juin environ " (Corr. gén. tome VIII, p. 44).

30 juin. - Gautier assiste à la reprise d’Antony : " Il est bon de revoir, dans l’âge mûr, ce qu’on a admiré dans sa jeunesse, et de faire de temps en temps l’inventaire du siècle. Le présent ne doit pas se séparer brusquement du passé, et il y a plus d’enseignement à retirer de ces exhibitions rétrospectives " (M. U. du 30 juin 1862 , repris dans Histoire du romantisme pp. 166-171).

Fin juin. - Gautier est témoin au mariage d’Arsène Houssaye.

2 août. - Publication du tome IV des Poètes français, publié sous la direction d’Eugène Crépet ; Gautier y écrit la notice sur " Charles Baudelaire ", qui sera reprise dans Fusains et Eaux-fortes en 1880. Baudelaire le remercie le 4 août : " C’est la première fois que je suis loué comme je désirais l’être " (Corr. gén. , tome VIII, p. 58).

7 août. - Gautier part pour l’Algérie, invité par la Compagnie du chemin de fer à l’inauguration de la ligne Alger-Blidah.

15 août. - Gautier assiste à l’inauguration, qui a lieu le jour de la fête de l’Empereur.

22 août. - Gautier est de retour à Paris.

23 août. - Journal des Goncourt : " Gautier dîne à côté de nous chez Peters. Il revient d’inaugurer les chemins de fer algériens, et il est furieux contre la civilisation, les ingénieurs qui abîment les paysages avec leurs rails, les militaires, tout ce qui met dan un pays une saine édilité. "

24 août. - Publication dans le M.U. de l’article " Inauguration du chemin de fer de Blidah " qui sera repris dans Loin de Paris en 1865.

31 août. - Journal des Goncourt : " Nous avons reçu ces jours-ci un petit morceau de papier, portant ceci : M*** vous êtes prié d’assister à la petite fête de famille, qui sera donnée à Neuilly, rue de Longchamp, 32, le 31 août 1862 ". Ils y trouvent " vingt-cinq à trente invités " et assistent à une représentation de Pierrot posthume par la famille Gautier.

6 septembre. - Gautier est invité à Bruxelles à un banquet en l’honneur de V. Hugo, offert par les éditeurs des Misérables aux critiques qui ont bien accueilli l’ouvrage. Gautier ne s’y est pas rendu.

18 octobre. - Annonce de la publication de Jean et Jeannette et des Roués innocents chez Hachette.

5 novembre. - Mort de la mère d’Ernesta et de Carlotta Grisi ; Gautier envoie de l’argent à Ernesta et lui fait savoir : " Nous tenons, en ton absence, la maison de notre mieux, et cela ne va pas trop mal... " (Corr. gén., tome VIII, p. 74).

15 novembre. - Publication des Aventures du baron de Münchausen, traduction de Théophile Gautier fils, illustration de Gustave Doré et préface de Théophile Gautier. Cette préface sera reprise en 1880 dans Fusains et Eaux-fortes.

22 décembre. - Dans le M.U. compte rendu de Salammbô par Gustave Flaubert. La conclusion de l’article est la suivante : " Ce n’est pas un livre d’histoire, ce n’est pas un roman : c’est un poème épique ! ". L’article sera repris dans le tome II de L’Orient en 1877. Flaubert l’en remercie dans un billet du 23 décembre, lui disant que son " panégyrique de Trajan " le venge " de la 3ème Philippique de Sainte-Beuve " (Corr. gén. tome VIII, p. 81).

27 décembre. - Publication de " Dessins de Victor Hugo " avec une préface de Th. Gautier ; elle sera reprise en 1883 dans Souvenirs de théâtre, d’art et de critique. Hugo l’en remercie : " ... Vous venez de me donner une joie de jeunesse (...). Ma sombre chambre d’exil m’a semblé tout à coup pleine d’une clarté d’aurore (...) Vous refaites splendidement toutes ces ébauches, et de votre plume elles sortent tableaux. Le peintre, c’est vous ; le poète, c’est vous ; l’âme, c’est vous " (Corr. gén., tome VIII, p. 77).

En 1862, Gautier a publié trente-six articles de critique dramatique et vingt-trois de critique artistique, deux de variétés et un de voyage.

 

1863

Des rumeurs circulent selon lesquelles Gautier quitterait le Moniteur universel pour entrer dans l’administration des Beaux-Arts

23 janvier. - Article nécrologique sur " Horace Vernet " : " On le comprenait tout de suite, car il possédait une qualité bien rare dont les pédants font peu de cas : la vision des choses modernes. "

18 février. - Gautier est invité à dîner chez la princesse Mathilde le 22.

26 février. - Paraît dans le M.U. " Notes sur le Japon, la Chine et l’Inde, par le baron de Chassiron ", article qui sera repris dans le tome I de L’Orient , en 1877.

Vers le 2 mars. - Gautier, dont le pied a glissé sur le parquet s’est " rompu un petit nerf du mollet " et doit renoncer à se rendre à Genève auprès de Carlotta Grisi (lettre à Carlotta du 10 mars, Corr. Gén., tome VIII, p. 104).

10 mars. - Publication dans La Revue nationale et étrangère du poème " Chanson à boire ", tirée du chapitre XVI du Capitaine Fracasse, paru le même jour dans le M.U. Il entrera en 1876 dans le tome II des Poésies complètes.

3 avril. - Flaubert invite Gautier à Croisset pour régler avec lui le scénario d’un opéra tiré de Salammbô dont Verdi écrit la musique.

25 avril. - Le Ministre d’Etat fait allouer à Gautier, à partir du 1er avril, une indemnité annuelle de trois mille francs. Annonce d’une nouvelle édition des Nouvelles chez Charpentier.

27 avril. - Gautier est reçu à l’unanimité membre des dîners Magny. J. de Goncourt lui en fait part le 28 et l’informe que les dîners ayant lieu le lundi tous les quinze jours, il sera reçu au dîner du lundi 11 mai. Les dîners Magny prennent leur origine dans le dîner que Gavarni, pour célébrer ses retrouvailles avec Sainte-Beuve, donna chez lui le 8 novembre 1862, en invitant avec Sainte-Beuve, les Goncourt, de Chenevières, conservateur du Louvre, et Veynes, son médecin. Ce dîner donna aux participants l’idée d’une réunion bimensuelle que l’on choisit de tenir au restaurant Magny, rue de la Contrescarpe ; ces réunions commencèrent le 22 novembre et se poursuivirent régulièrement jusqu'à la guerre de 1870, en s’ouvrant à d’autres convives. Étaient présents le 27 avril, pour la réception de Gautier, les Goncourt, Gavarni, Sainte-Beuve, Charles Edmond, Paul de Saint-Victor, Tourgueneff, Taine, Baudry, E. Soulié.

11 mai. - Gautier assiste à son premier dîner chez Magny ; il y défend Balzac contre Sainte-Beuve. Les Goncourt relateront dans leur Journal les dîners Magny, où Gautier est souvent en scène.

13 et 20 mai. - Dans le M.U., deux articles sur la rénovation par Charles Garnier de la salle de la rue Lepeletier, que Gautier appelle assez improprement dans ses articles " le nouvel Opéra ".

23 mai. - Début dans le M.U. des comptes rendus du Salon de 1863 ; ils se poursuivront les 13, 18-20 juin, 3, 8-11, 17, 31 juillet, 7, 22 août et 1er septembre.

10 juin. - Traité avec Charpentier pour la publication des Romans et contes et des Poésies nouvelles, tirage à cinq cents exemplaires chacun, pour la somme de mille francs.

13 juillet. - Gautier est prié de venir dîner chez la princesse Mathilde le 15 (Corr. gén. tome VIII, p. 159)

17 juillet. - Les Goncourt dînent à Neuilly chez Gautier ; ils tracent un charmant portrait de Judith et d’Estelle, qui leur parlent avec enthousiasme de leur Chinois. Il s’agit de Ting-Tun-Ling, qui leur sert alors de professeur de chinois et qui s’installera complètement à Neuilly au début de 1864, faisant désormais partie de la famille. Judith Gautier, dans Le second rang du collier, a raconté son introduction et son installation à Neuilly.

14 août. - Article nécrologique dans le M.U. sur " Eugène Delacroix ", qui sera repris dans les Portraits contemporains en 1874.

15 août. - Publication des Poésies nouvelles chez Charpentier.

31 août. - Nouvelle représentation à Neuilly pour l’anniversaire de Gautier ; on joue Pierrot posthume et Le Tricorne enchanté, toujours dans les décors peints par Puvis de Chavannes et interprétés par la famille. Judith en rend longuement compte dans Le second rang du collier et cite un certain nombre d’invités.

7 au 12 septembre. - Gautier est chez George Sand à Nohant. Il y a reçu, écrit-il à Ernesta Grisi : " l’accueil le plus amical (...) Madame Sand est la tranquillité même (...) ; il est impossible d’être meilleure femme et meilleur garçon à la fois. " (Corr. gén. tome VIII, p. 164). Le 14 septembre, au dîner Magny, il dira que Nohant est amusant " comme un couvent de frères Moraves " et il racontera l’emploi du temps d’une journée. Il y voit le théâtre de marionnettes aménagé par Maurice Sand, mais il ne pourra assister à la représentation, la troupe étant dispersée " par l’ouverture de la chasse ".

15 septembre. - Il dit à George Sand son regret de ne pouvoir retourner à Nohant assister à une représentation de marionnettes, retenu par ses articles sur les envois de Rome (Corr. gén. tome VIII, p. 178).

3 septembre. - Début de ses comptes rendus sur les " Concours pour le grand prix de l’École des Beaux-Arts " ; ils se poursuivront les 10, 26 septembre et 1er octobre.

28 septembre. - Dans le M.U. article nécrologique sur " Alfred de Vigny ": " Peu d’écrivains ont réalisé comme Alfred de Vigny l’idéal qu’on se forme du poète " (Cf Histoire du romantisme, pp.162-165). Louis de Cormenin incite Gautier à se présenter sur le fauteuil ainsi rendu vacant à l’Académie française. (Corr. gén. tome VIII, p.182).

23 octobre. - Gautier ne peut accompagner les Goncourt à Croisset, chez Flaubert, Ernesta étant partie pour Genève ; il leur annonce la publication du Capitaine Fracasse, dont ils trouveront les volumes chez eux ; ils n’apprécient pas le roman. (Corr. gén., tome VIII, p. 190).

7 novembre. - Annonce dans la Bibliographie de la France de la publication du Capitaine Fracasse. Le 14, annonce des deuxième et troisième éditions. Gautier écrit à Ernesta Grisi le 30 novembre : " Le succès du Capitaine Fracasse dépasse celui des Misérables et sa vogue grandit tous les jours " (Corr. gén., tome VIII, p.208).

9 novembre. Journal des Goncourt : Théophile Gautier développe la théorie " qu’un homme ne doit se montrer affecté de rien, que cela est honteux et dégradant, qu’il ne doit jamais laisser passer la sensibilité dans ses œuvres, que la sensibilité est un côté inférieur en art et en littérature. "

19 novembre. - Gautier est réélu président de la Société nationale des Beaux-Arts. Il prononce à l’assemblée générale de cette Société, le même jour, une courte allocution, reproduite dans Le Courrier artistique du 6 décembre.

23 novembre. - Au sortir du dîner Magny, Gautier se plaint de ce que, dans ses articles récents du Constitutionnel, Sainte-Beuve n’ait pas parlé des poésies " où il a mis le plus de lui-même des Émaux et Camées " (Goncourt, Journal).

28 novembre. - État des comptes de Gautier à ce jour pour ses publications chez cet éditeur depuis 1861 : Gautier a touché 16.139, 40 francs.(Corr. gén. tome VIII, p. 207).

30 novembre. - Gautier est nommé membre du Conseil supérieur de l’enseignement pour les Beaux-Arts.

15 décembre. - Annonce de la quatrième édition du Capitaine Fracasse.

19 décembre. - Annonce de la publication des Dieux et demi-dieux de la peinture, chez Morizot, avec une introduction par Th. Gautier, avec, outre ses études déjà citées sur Hogarth, Reynolds et Velasquez, deux études sur " Corrège " et " Murillo ", qui, comme les précédentes, reparaîtront en 1882 dans le Guide de l’amateur au Musée du Louvre.

28 décembre. - Gautier est invité à souper chez la princesse Mathilde le 31 (Corr. gén., tome VIII, p. 225).

En 1863, Gautier a publié vingt-cinq articles de critique artistique et quarante-huit de critique dramatique, trois de variétés et un poème.

 

1864

2 janvier. - Quatrième édition du Capitaine Fracasse chez Charpentier.

6 janvier. - Gautier rappelle aux artistes leur promesse d’envoyer à l’Exposition de la Société nationale des Beaux-Arts qu’il organise, au moins une de leurs œuvres inédites. (Corr. gén., tome VIII, p.239).

7 et 13 janvier. - Deux articles dans le M.U. sur " Don Quichotte, illustré par Gustave Doré ". Il admire la profonde étude de l’Espagne à laquelle s’est livré Doré pour illustrer le livre.

9 janvier. Annonce d’une nouvelle édition de Mademoiselle de Maupin chez Charpentier.

16 janvier. - Gautier rend visite avec son fils, à George Sand qui, malade, ne peut les recevoir (Corr. gén., tome VIII, p. 244).

17 janvier. - Selon le Courrier artistique, qui cite son discours, Gautier propose à la Société nationale des Beaux-Arts, qu’il préside, de créer, à l’exemple des Vendrediens de Saint-Pétersbourg, une caisse de secours pour aider les sociétaires en difficulté, alimentée par la vente d’un album composé des œuvres des artistes sociétaires.

19 janvier. - Gautier est élu vice-président de l’Union des poètes.

4 février. - Publication dans le M.U. de l’article " Photosculpture " qui paraîtra en brochure chez Dupont le 5 mars.

Vers le 10 février. - Gautier est invité à dîner le 13 chez les Goncourt, avec, entre autres, Sainte-Beuve et Flaubert.

18 février. - Dans le M.U., " Revue des Beaux-Arts : Exposition de la Société nationale des Beaux-Arts ". Gautier y fait l’éloge de Corot. Les articles se poursuivront les 27 février (il y parlera des " Patineurs du bois de Boulogne ", de Ziem) et 9 mars.

10 mars. - Gautier est élu président de la commission pour l’exposition des œuvres de Delacroix.

15 mars. - Traité avec Charpentier pour l’édition de l’ouvrage intitulé " Saint-Pétersbourg " qui deviendra le Voyage en Russie ( Corr. gén., tome VIII, p. 267).

23 mars. - Gautier est désigné pour faire partie du jury de la section de peinture pour l’exposition des Beaux-Arts de 1864.

24 mars. - Dans le M.U., article nécrologique sur " Hippolyte Flandrin " ; il sera repris dans les Portraits contemporains en 1884.

Avril. - Gautier fait partie du comité chargé d’organiser le trois centième anniversaire de la naissance de Shakespeare ; vers le 15 Paul Meurice lui demande quelques vers pour un " prologue d’ouverture ". Il avait annoncé cette manifestation dans un article du M.U. du 4 avril.

Avril. - Publication à Bruxelles, chez Poulet-Malassis, du tome premier du recueil de vers clandestins : Le Parnasse satyrique du dix-neuvième siècle, qui contient un certain nombre de pièces de Gautier, signées " A ". Il les avait par avance désavouées auprès de l’éditeur par lettre du 16 octobre 1863 : il estimait cette publication " inopportune et dangereuse ", peut-être à cause d’une éventuelle candidature à l’Académie (Corr. gén., tome VIII, p.189). Les pièces sont les suivantes : " La Mort ", " L’Apparition et les obsèques du capitaine M.. ", " Question ", " Bonheur parfait ", " Concordances ", " Le C... de la gloire ", " Musée secret " ; ces pièces seront publiées à nouveau en 1873 dans Poésies de Théophile Gautier qui ne figureront pas dans ses œuvres, chez Poulet-Malassis.

18-21 mai. Premiers comptes rendus du Salon de 1864 ; ils se poursuivront les 27 mai, 1er, 5, 10-12, 17, 25 juin, 4, 8, 16, 23 juillet, 3 et 14 août. Dans le premier feuilleton, Gautier fait l’éloge de Meissonier (" S’il est une œuvre d’une individualité profonde, d’une modernité absolue, c’est bien celle-là ").

Juin. - Gautier est directeur du journal L’Entr’acte.

4 juin. - Annonce de la publication de Les Gladiateurs, Rome et Judée, roman de G.J. Whyte-Melville, traduit par Ch. Bernard-Derosne, avec une préface de Gautier ; cette préface a été reprise dans Souvenirs de théâtre, d’art et de critique en 1883. Gautier prononce l’oraison funèbre de son confrère Pier-Angelo Fiorentino della Rovere, journaliste à La Presse et au Constitutionnel, avec qui il entretint toujours d’amicales relations ; il avait publié le 1er juin un article nécrologique dans le M.U. du soir. E. des Essarts recommande à Gautier le tout jeune peintre Henri Regnault, dont Gautier déplorera la mort en 1871 comme celle d’un très grand maître. (Corr. gén. tome VIII, p. 312).

10 juin. - Gautier fait partie de la commission chargée de l’examen des cantates pour le grand prix de Rome de composition musicale. Il cessera d’en faire partie en 1870.

20 juin. Dîner Magny : Gautier défend la mémoire de Heine contre Sainte-Beuve.

23 juillet. - Gautier a remanié Pierrot posthume en vue d’une reprise au Vaudeville.

13 août. - Gautier quitte sans doute Paris pour l’Espagne, comme correspondant du M.U. pour l’inauguration du chemin de fer qui va relier Madrid à Irún. Il est accompagné par Ernest Reyer.

15 août. - Il assiste à l’inauguration à Saint-Sébastien. Il écrit de là à Dalloz : " Rey (Reyer) te salue. Il a perdu sa malle et on m’a volé ma couverture. L’Espagne se civilise et se rend digne des chemins de fer qu’on lui fabrique. " (Corr. gén., tome VIII, p. 334).

17 août. Gautier prend le train pour Madrid ; il s’arrête à Villareal, invité par un ingénieur de la ligne ; on l’emmène le lendemain assister à une course de taureaux à Vittoria et il reprend le soir le train pour Madrid. Il revoit Madrid avec un peu de nostalgie du Madrid d’autrefois, mais avec joie le Museo real et la peinture espagnole. Il revoit l’Escorial et Tolède, puis visite Avila qu’il n’avait pas vue lors de son premier voyage. Il reprend le chemin de fer pour Burgos, où il s’arrête une courte journée, et se retrouve enfin à Irún le 23 août ; ainsi se termine son dernier voyage en Espagne ; il est à Paris probablement avant le 30 août, jour de la reprise de Pierrot posthume au Vaudeville.

18 août. - Début de sa relation du voyage en Espagne dans le M.U. du soir ; la relation se poursuivra les 4 ; 8, 16, 17 et 19 octobre. L’ensemble sera publié sous le titre " Et Ferro Carril " dans Quand on voyage en 1865.

30 août. - Reprise de Pierrot posthume au théâtre du Vaudeville, dans une version remaniée (Cf Lov ; HOTG tome II, pp 285-291). Gautier en fera un bref compte rendu dans le M.U. du 5 septembre.

5 septembre.- Gautier part pour Genève pour se rendre chez Carlotta Grisi à la villa Saint-Jean ; il y restera six semaines. Les relations avec Gautier, qui s’étaient distendues à partir de 1852-1853 avaient repris au moment du second voyage de Gautier en Russie - la correspondance, cessée le 23 septembre 1853, reprend le 25 janvier 1861- et vont connaître avec ce séjour une évolution décisive, devenant celle d’une amitié amoureuse ; c’est ainsi que les deux " amants " conviendront d’une double correspondance ( voir par exemple la lettre à Carlotta de mi-févier 1866 qui indique les règles suivies, Corr. gén., tome IX p. 178) : l’officielle adressée à domicile, l’intime envoyée poste restante ; cette amitié amoureuse tournera vite à l’amour mystique, comme en témoigne cette seconde correspondance.

18 octobre. Gautier rentre à Paris. Il écrit le lendemain à Carlotta : " ... J’ai eu cinq semaines de félicité parfaite. Vous seule pouviez me les donner et je vous en remercie tendrement " (Corr. gén. tome IX, p. 351).

2 ou 3 novembre. - Gautier envoie à Carlotta des cadeaux pour sa fête, dont un microscope et l'invite à Neuilly, où il lui fait poser un calorifère pour lui arranger " un nid commode, moelleux et chaud " (Corr. gén., tome IX, p. 356).

17-18 novembre. Dans le M.U. deux articles sur " L’Exposition du boulevard des Italiens : Eugène Delacroix ". Il s’agit de l’exposition organisée pour le premier anniversaire de sa mort. Gautier rappelle la jeunesse de Delacroix, leurs premières rencontres, et cette période où " la peinture et la poésie fraternisaient " et dont Delacroix ressentait la fièvre : " ... Il en avait le génie inquiet, tumultueux, lyrique, désordonné, paroxystique " (article du 17 novembre). " Dans ses œuvres, Delacroix a toujours cherché le signe caractéristique, le trait de passion, le geste significatif, la note étrange et rare ". (article du 18 novembre). Ces articles ont été repris , mais incomplètement, à la suite de l’Histoire du romantisme, sous le titre " Eugène Delacroix ".

22 novembre. - Carlotta remercie Gautier de " la délicatesse " qu’il met dans leurs rapports : " Cela me rassure et me donne du courage ", et annonce sa visite. Il semble que ce séjour ne se soit pas très bien passé, à cause d’Ernesta (lettre de Carlotta du 25 décembre, Corr. gén., tome IX, p. 371).

30 décembre. - La famille Gautier envoie ses cadeaux de nouvel an à Carlotta ; Gautier pour sa part lui envoie une lorgnette avec un poème d’amour : " Elle vous montrera plus nette/ La perspective de Saint-Jean/ Lorsque vous reviendrez en France/ Pour voir Roland à l’opéra/ Ou bien cette jeune merveille/ Que l’on nomme Adelina Patti/ Chantant d’une voix qui s’éveille/ La Linda de Donizetti. "

Décembre. - Publication chez E. Glaser de " Les Bonaparte. Galerie Bonaparte ", avec un texte de Gautier qui sert de préface et qui sera repris dans Souvenirs de théâtre, d’art et de critique en 1883.

En 1864, Gautier a publié quarante-sept articles de critique dramatique, vingt de critique artistique, douze de voyage, quatre de variétés et six poèmes.

 

1865

1er janvier. - Publication dans L’Autographe du poème " Les Rôdeurs de nuit ", qui entrera dans le tome II des Poésies complètes en 1876.

Entre le 9 et le 15 janvier. - Carlotta envoie à Gautier " un cache-nez, une paire de chaussettes qu’elle a tricotés pour lui " et des grançons (cigares de Suisse) ( Corr. gén., tome IX, p. 14).

Courant janvier. - La lettre de Carlotta de début janvier où elle le remercie de la lorgnette (Corr. gén. tome IX, p.13, 14) a beaucoup ému Gautier (Corr. gén., tome IX, p. 14-15).

30 janvier. - Gautier assiste au mariage de sa filleule Marie Vernon avec Adolphe Gaïffe ; en conséquence, Marie Vernon quitte l’Opéra.

Début février. - Gautier souffre d’une colique néphrétique ; il dit le 22 qu’elle n’a pas reparu.

18 février. - Annonce de la publication de Loin de Paris, chez Michel Lévy. Publication de L’Épicurien de Thomas Moore, traduit par H. Butat chez Dentu : " M. Théophile Gautier a bien voulu l’enrichir en interprétant les vers du poète anglais. " Les dessins étaient de Gustave Doré.

Fin février. - L. Martinet prononce la dissolution du comité de la Société nationale des Beaux-Arts ; Gautier refuse cette décision et convoque les membres du comité à une réunion chez lui le 4 mars (Corr. gén., tome IX, p.39). Il rédige le Catalogue de la vente d’Alexandre Dumas fils, qui paraîtra dans le M.U. du 20.

Mars. - Gautier est président de la section de peinture pour l’Exposition de 1865.

4 avril. - Invitation de la princesse Mathilde à venir le 7 avril assister à la lecture d’une pièce des Goncourt (Corr. gén., tome IX, p. 51). Il s’agissait d’Henriette Maréchal, lue par Lockroy (Goncourt, Journal, 7 avril).

30 avril. - Gautier félicite Sainte-Beuve de sa nomination comme sénateur : " Cela n’ajoute rien à l’admiration que nous professons depuis longtemps pour le délicieux prosateur, le fin critique et le vrai et original poète dont nous savons les vers par cœur... " (Corr. gén., tome IX, p. 62).

4 mai. - Les Goncourt dînent chez Gautier à Neuilly : " Une drôle de table que celle où nous sommes assis chez Théophile Gautier " : il y a Flaubert, Bouilhet, le Chinois Tin-Tun-Ling, un peintre exotique, un violoniste hongrois, la veuve du mapah, le sculpteur Ganneau, fondateur de l’évadisme.

6 mai. Début dans le M.U. des comptes rendus du Salon de 1865 ; ils se poursuivent les 28 mai, 3, 13, 18, 24 juin , 9, 16, 22 et 25 juillet.

9 mai. - E. des Essarts écrit à Gautier qu’il a oublié, en lui parlant du " jeune Mallarmé et de son Hérodiade mystique et sanglante ", de lui signaler un poème en prose du même, " dans L’Artiste du 1er février ", " destiné à glorifier votre œuvre et à chanter vos louanges " ; il s’agit du poème " Symphonie littéraire " qui avait paru, en effet, dans L’Artiste du 1er février.

27 mai. - La princesse Mathilde remercie Gautier des vers qu’il lui a envoyés (Corr. gén., tome IX, p. 75). Il s’agit de " Profil perdu ", stances sur une aquarelle de la princesse. Ce poème a été repris dans les Poésies complètes en 1876. Il en parlera dans son dernier article sur le Salon du 25 juillet.

Mai. Il est fait mention pour la première fois de Gautier comme directeur de L'Entracte.

3 juin. Annonce de la publication de Quand on voyage chez Michel Lévy.

28 juin. - Publication dans le M.U. du soir du poème " Le Banc de pierre, à Ernest Hébert " ; l’analyse du tableau d’Hébert " Le Banc de pierre " dans le compte rendu du Salon du 18 juin aurait été fait par Judith et aurait inspiré le poème à son père. Le poème sera repris dans les Poésies complètes, tome II, en 1876.

23 juillet. - Gautier arrive à Genève chez Carlotta Grisi ; il y restera jusqu’au début de novembre, et en présence de l’inspiratrice et dans une intimité amoureuse et mystique où se mêlent douceur du présent et nostalgie des amours passées, il y écrit Spirite. Le projet était cependant antérieur au séjour (cf. lettre à Turgan du 23 juillet 1865, Corr. gén., tome IX, p. 88).

27 juillet. - Gautier assiste à la fête des vignerons à Vevey : il y avait été invité dans le courant du mois. Il se rappelle que trente-cinq ans avant, il débutait en littérature : " fatal anniversaire " dit-il à Ernesta le 28 (Corr. gén., tome IX, p. 90).

1er août. - Publication dans le M.U. de " La Fête des vignerons à Vevey ", article qui sera repris en 1881 dans Les Vacances du lundi. Publication dans Le Journal des poètes du poème " A Marguerite ; à madame Marguerite Dardenne de la Grangerie ", sonnet I ; ce poème sera repris dans le tome II des Poésies complètes en 1876.

15 août. - Publication dans le M.U. du poème " A l’Impératrice " que Dalloz lui avait demandé d’écrire à l’occasion du 15 août : " ...il a fallu tout quitter pour cette fantaisie " écrit-il à Ernesta le 29 juillet (Corr. gén., tome IX, p. 92). Dalloz l’en remercie le 17 août, en lui annonçant la suppression de deux strophes, 22 et 23, sans doute à la demande de l’Impératrice : " On veut bien aller à Saint-Lazare (visiter les prostituées), mais on ne veut pas le dire " (Corr. gén. tome IX, p. 100). Cette pièce sera publiée complète dans le tome II des Poésies complètes en 1876. Gautier était inquiet de l’effet que produiraient ces vers (lettre à Ernesta du 6 ? août, Corr. gén., tome IX, pp. 98-99).

29 août. - Alors que le 16 août, il écrivait à Ernesta ses difficultés à " finir " Spirite, il lui écrit le 29 : " Spirite est lancé et marche bien. " (Corr. gén., tome IX, p. 105). : le charme de Saint-Jean a enfin agi, comme l’écrit Judith, qui a consacré dans Le second rang du collier plusieurs pages à ce séjour chez Carlotta, et elle insiste sur l’importance de la présence de Carlotta. Comme le révèle la correspondance, il travaille assidûment à son roman ; fin septembre, il en a déjà envoyé dix feuilletons.

10 septembre. - Annonce de la publication de la Belle Jenny chez Michel Lévy.

6 octobre. - Ses coliques néphrétiques, qu’une cure d’eau d’Evian avait temporairement fait cesser, le reprennent. Il a été en assez mauvaise santé pendant son séjour.

14 octobre. - Annonce de la publication de Constantinople chez Michel Lévy.

Octobre. - Une épidémie de choléra qui sévit à Paris, le retient à Genève jusqu’au début de novembre.

12 novembre. - Gautier est de retour à Paris.

17 novembre. - Début de la publication dans le M.U. de Spirite, nouvelle fantastique ; la publication se poursuivra les 18, 19, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 28, 29, 30 novembre, 1er, 2, 3, 5 et 6 décembre. La nouvelle paraîtra en volume en 1866.

18 novembre. - Annonce de la réimpression de Caprices et zigzags et de Militona chez Hachette.

22 novembre. - Traité avec Charpentier pour l’édition en volume de Spirite ( Corr. gén., tome IX, p. 135).

27 novembre. - La veuve de Pétrus Borel, installée en Algérie, lui demande d’intervenir pour que son fils puisse obtenir une bourse au lycée d’Alger et lui rappelle l’époque, en 1842, où Gautier et Borel étaient voisins à Paris (Corr. gén., tome IX, pp. 136-137).

7 décembre. - Publication dans le M.U. du soir du " Prologue en vers " pour la pièce des Goncourt, Henriette Maréchal, prologue qui sera repris dans le Théâtre en 1872. La pièce a été créée à la Comédie-Française le 5.

11 décembre. - Gautier rend compte dans le M.U. d’Henriette Maréchal en louant surtout le talent de romanciers des Goncourt.

31 décembre. Lettre à Carlotta contenant des souhaits qu’il aurait aimé lui porter à Saint-Jean, "mais je n’étais pas assez certain que cette visite vous fît plaisir pour risquer cette démarche. " (Corr. gén., tome IX, p. 152).

En 1865, Gautier a publié trente-six articles de critique dramatique, quinze articles de critique artistique, deux de variétés et cinq poèmes.

 

1866

7 février. Le Libraire J. Claye tient à la disposition de Gautier " l’exemplaire unique" (par sa dédicace) de Spirite (Corr. gén., tome IX, p. 174) ; il s’agit sans doute de l’exemplaire dont fait état Judith Gautier dans Le second rang du collier, p. 326.

10 février. - Gautier demande à Jules Taschereau la permission pour sa fille Judith d’emporter chez elle des manuscrits chinois sur lesquels elle travaille (Corr. gén., tome IX, p. 175.) Annonce de la publication de Spirite chez Charpentier.

26 février. - Gautier part pour Genève chez Carlotta Grisi.

Février-mars. - Gautier réprimande vivement Ernesta d’avoir reçu, alors qu’il était absent, Catulle Mendès " qui se propose pour gendre " et que Gautier refuse absolument ; il a chargé son ami Jules Turgan de se renseigner sur Mendès.(Corr. gén., tome IX, p. 184).

Début mars. - Gautier demande à Turgan de tenter encore de " temporiser " pour retarder le mariage de Judith ; il est furieux contre Ernesta et Judith, et déprimé à la fois : " Ces créatures, écrit-il encore à Turgan, m’ont rendu la pensée de la mort agréable ! " (Corr. gén., tome IX, pp. 181-182).

3 mars. - Publication dans Le Parnasse contemporain du poème " A L. Sextius " ; il sera repris dans le tome II des Poésies complètes en 1876.

15 mars. - Gautier quitte Genève et est de retour à Paris ; il rompt avec Ernesta qu’il estime responsable de l’affaire Mendès.

16 mars. - Il ne retourne pas à Neuilly, mais s’installe dans un petit hôtel aux environs du M.U., 58 rue Jacob, où il attend le retour de Turgan ; il exprime sa colère contre Ernesta et sa famille ( lettre à Carlotta du 16 mars, Corr. gén., tome IX, p. 186).

24 mars. - Annonce de la réédition chez Charpentier de Mademoiselle de Maupin et des Premières poésies.

Fin mars. - Turgan " a porté (son) ultimatum à Neuilly ", où l’on s’est alarmé de la rupture, " mais il est trop tard ". " Il est dur de recommencer sa vie à l’époque de repos au sein de la famille. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour arriver à ce but et je n’ai pas réussi. À défaut de bonheur, ayons du moins la tranquillité et la liberté " (à Carlotta, vers le 25 mars, Corr. gén., tome IX, pp. 191-192). Dans une lettre de cette fin mars, il rappelle à Carlotta son premier voyage à Saint-Jean après bien des années d’absence et de silence : "  J’ai revu celle qui a été l’unique amour, le seul désir, la vraie inspiration de ma vie et j’ai conçu l’espérance que peut-être me pardonnerait-elle la faute si durement et si longtemps expiée qui l’avait éloignée de moi. Cette espérance, vous le savez, cher ange, est la raison que je me donne pour vivre. Elle est ma lumière, ma force et mon soutien. " ; une lettre qui jette une lumière bien confuse sur les causes de la longue rupture entre elle et lui ; quelle fut cette " faute ? " ( Corr. gén., tome IX, p. 196).

1er avril. - Publication dans La Revue du XIXéme siècle de la nouvelle Mademoiselle Dafné de Montbriand. Elle reparaît, allongée et modifiée, sous le titre Le Prince Lothario dans La Gazette de Paris les 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9 avril 1872. Elle paraîtra en volume en 1881 chez Charpentier, sous le titre Mademoiselle Dafné, avec La Toison d’or, Arria Marcella, Le petit chien de la marquise.

11 avril. - Gautier retourne à Genève auprès de Carlotta. Il lui avait demandé l’hospitalité pour être absent le jour du mariage de Judith. Il y écrit " La Fleur qui fait le printemps ", qui entrera dans Émaux et Camées.

17 avril. - Il n’assiste pas au mariage de Judith avec Catulle Mendès. Les témoins étaient Turgan et Flaubert pour Judith, Villiers de l’Isle-Adam et Leconte de Lisle pour Catulle Mendès ( À Carlotta, 21 ? avril, Corr. gén., tome IX, p. 211.

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18 avril. Il prend Estelle avec lui et la mène chez ses sœurs à Montrouge où il se trouve " cloué par un rhumatisme au genou " (Ibid.)

26 avril. - Annonce de la publication de Romans et contes chez Charpentier.

Avril. - Flaubert envoie à Gautier un scénario en vue d’une adaptation théâtrale de Salammbô.

1er mai. - Ernesta quitte Neuilly pour s’installer dans la maison que Gautier avait fait construire à Villiers-sur-Marne.

14 mai. - Gautier se réinstalle à Neuilly " que nous avons trouvé bien poussiéreux, triste et dévasté, mais qui reprend déjà figure, grâce à l’activité de mes bonnes sœurs," ( A Carlotta, 17 mai, Corr. gén., tome IX, p. 233). Il a mené Estelle voir Giselle et la nostalgie du passé s’empare de lui.

15 mai. - Début dans le M.U. des comptes rendus du Salon de 1866 ; ils se poursuivront les 19, 21 juin, 4, 17, 21, 24, 29 juillet, 3 et 10 août.

19 mai. - Dans L’Ill., article sur " Barye ", qui sera repris incomplètement en 1874 à la suite de l’Histoire du romantisme. Barye a été " un des plus courageux, des plus fermes et des plus patients lutteurs " dans le combat de l’idée nouvelle (du romantisme) contre la routine.

26 mai. - Annonce du Capitaine Fracasse illustré par Gustave Doré chez Charpentier et de " Le Palais pompéien de l’avenue Montaigne " à la Librairie internationale.

Vers le 30 mai. - Carlotta est à Paris ; elle n’y reste que quelques jours.

1er juin. - Publication dans La Revue du XIXème siècle du poème " La Nue ", qui entrera dans la cinquième édition d’Émaux et Camées, cette même année.

Vers le 7 juin. - Carlotta rentre à Genève.

19 juin. - Article nécrologique sur Méry, " un ami de trente ans ", article repris en 1874, les Portraits contemporains.

16 juillet. - Publication dans la Gazette des étrangers du sonnet " À Claudius Popelin " ; le peintre émailleur venait d’écrire son ouvrage L’Émail des peintres auquel le sonnet devait servir de liminaire. Ce sonnet est entré en 1876 dans le tome II des Poésies complètes.

21 juillet. - Annonce des Poésies nouvelles chez Charpentier.

1er août. - Publication dans La Revue du XIXème siècle du poème " La Fleur qui fait le printemps ", qui entrera dans la sixième édition d’Émaux et Camées.

Juillet-août ? - Gautier écrit à Turgan : " Je m’arrange silencieusement dans mon nid fermé à tout le monde pour y vivre jusqu'à ce que je crève, le plus commodément possible. " (Corr. gén., tome IX, p. 270).

1er septembre. - Dans L'Ill. article sur " L’École des Beaux-Arts : Envois de Rome ", qui sera repris en 1880 dans Tableaux à la plume.

17 septembre. - Article nécrologique sur " Léon Gozlan " ; article repris dans les Portraits contemporains en 1874.

17 septembre. - Gautier est à Genève chez Carlotta Grisi.

24 septembre. - Dans le M.U. article sur " Une Visite dans la montagne ", qui reparaîtra en 1881 dans Les Vacances du lundi.  Gautier a fait une excursion à la Contamine au cours de laquelle le lieutenant F. Fr. Muffat lui demande d’intervenir pour lui faire obtenir un débit de tabac ( cf. lettre à Estelle , Corr. gén., tome IX, p. 285).

Gautier est invité par S. de Sacy à une réunion des membres de la " commission relative à l’exposition littéraire ". Il s’agit du Rapport sur la littérature. Il est chargé du "Rapport sur la poésie" par le ministre de l’Instruction publique ( lettre du 19 mars 1867, Corr. gén., tome IX, p. 361), qui le lui réclame au plus vite. Il se plaint de ne plus faire d’article que sur les morts : " Je deviens un littérateur de pompes funèbres. "

1er octobre. - Publication dans La Revue du XIXème siècle de la poésie " Le Merle ", qui entrera dans la sixième édition d’Émaux et Camées en 1872.

2 octobre. - Gautier est de retour à Paris.

4 octobre. - Il est invité à dîner le dimanche suivant par la princesse Mathilde à Saint-Gratien (Corr. gén., tome IX, p. 292).

31 octobre. - Gautier part pour Genève chez Carlotta Grisi avec Estelle.

3 novembre. - Annonce de la publication du Voyage en Russie chez Charpentier. Gautier en envoie des exemplaires à Roqueplan, Girardin, Paul de Saint-Victor à qui il demande un article ( Corr. gén., tome IX, p. 302) ;

20 novembre. - Mort de son ami Louis de Cormenin. Il n’en parlera qu’en 1868, à l’occasion de la publication de ses Reliquiae. Il en fait part douloureusement à Carlotta le 22 : " J’avais toujours conservé pour lui beaucoup d’affection " (Corr. gén., tome IX, p. 310).

15 novembre. - Gautier rentre à Paris.

26 novembre. - Une partie de l’article du M.U. est consacrée à Gavarni, qui vient de mourir. Ce texte sera repris en 1874 dans les Portraits contemporains.

14 décembre. - Gautier demande à Maxime Du Camp de faire paraître une réclame pour l’édition illustrée du Capitaine Fracasse qui vient d'être mise en vente fin novembre ; il lui dit en même temps son admiration pour son roman Les Forces perdues qui vient de paraître ; Du Camp fait la réclame dans le Journal des Débats. Comme pour le Voyage en Russie, il envoie des exemplaires du Fracasse en demandant des lignes en sa faveur à Yriarte pour Le Monde illustré, à Marcellin pour La Vie parisienne, à Xavier Eyma pour La Liberté etc.... (Corr. gén., tome IX, pp. 314-319).

20 décembre. - Gautier part à Genève chez Carlotta.

24 décembre. - Publication dans le M.U. du soir du Sonnet adressé à Ingres pour le remercier de l’envoi d’un fragment, en réduction, de " L’Apothéose d’Homère ". Ce sonnet entrera dans le tome II des Poésies complètes en 1876.

En 1866, Gautier a publié cinquante et un articles de critique dramatique, dix-huit de critique artistique, deux de critique littéraire, quatre de voyages et huit poèmes.

 

1867

1er janvier. - Gautier rentre à Paris.

2 janvier. - Villiers de l’Isle-Adam renonce à prétendre à la main d’Estelle, sa famille lui refusant son consentement et l’argent nécessaire (lettre à Gautier du 3 janvier, Corr. gén., tome IX, pp. 330-331).

14 janvier. - Article nécrologique sur " Mademoiselle Georges " : " Le drame lui doit autant que la tragédie. " ; réflexions mélancoliques sur tous ceux qui disparaissent, sur la nécessité de se faire à d’autres visages et sur sa propre solitude. L’article a été repris en 1874 avec l’Histoire du romantisme.

19 janvier. - Article sur " Ernest Hébert " dans L’Ill. : il le loue d’avoir su voir la nature directement et non à travers les chefs d’œuvre anciens ; en partie repris dans les Portraits contemporains en 1874.

21 janvier. - Invitation à dîner de la princesse Mathilde (Corr. gén., tome IX, p. 337).

23 janvier. - Dans le M.U. , article nécrologique sur " Ingres " : " Ingres était, sans le savoir peut-être, le romantique de la ligne, comme Delacroix était le romantique de la couleur. "

28 janvier. - Compte rendu, dans le M.U., de l’ouvrage de Paul de Saint-Victor Hommes et Dieux : il a donné à l’histoire " ce qui lui a presque toujours manqué jusqu'à présent : la forme de l’art et la splendeur du vrai. "

13 février. - Deux quatrains adressés au comte de Nieuwerkerke, surintendant des Beaux-Arts, l’un en faveur d’A. de Chatillon, l’autre en remerciement.

27 février. - Il est invité à la réunion du comité pour le monument de Méry (Corr. gén., tome IX, p. 350).

1er mars. - Publication dans La Revue du XIXème siècle de deux sonnets " La Rose et l’Hirondelle " qui reparaîtront dans le tome II des Poésies complètes en 1876.

2 mars. Gautier a une angine qui le gêne pour écrire son Rapport sur la poésie.

9 mars. - Dans L’Ill. " Sommités littéraires : M. Théophile Gautier " étude biographique reprise en 1874 dans les Portraits contemporains.

11 mars. Dans le M.U., article nécrologique sur " Louis Boulanger ", " un des vaillants soldats de l’armée romantique ", " un esprit artiste et un esprit littéraire ". Cet article sera repris à la suite de l’Histoire du romantisme, en 1874.

Mars.- E. de Essarts demande à Gautier la faveur de figurer dans son rapport sur la poésie parmi les poètes " nouveaux venus " (Corr. gén., tome IX, p. 364), ce que fera Gautier.

1er avril. - Dans L’Artiste " La grande galerie du Louvre ", qui fera partie de son Guide de l’Amateur au Musée du Louvre, en 1882.

24 avril. - Gautier pose sa candidature à l’Académie Française sur le fauteuil de Barante.

25 avril. - Dans le M.U., début des comptes rendus sur l’Exposition universelle de 1867 : article sur " Autour de l’exposition universelle : l’Orient ", article qui sera repris, mais réparti sur deux chapitres, dans le tome II de L’Orient en 1877.

2 mai. - Gautier n’est pas élu à l’Académie Française, qui lui a préféré le Père Gratry ; il a obtenu douze voix.

4 mai. - Publication dans La Liberté du poème " L’Odalisque à Paris ", écrit à l’occasion d’une matinée de tableaux vivants chez la comtesse de Castellane.

19 mai. - Dans le M.U., article sur " Autour de l’Exposition (II) : la Chine ". Il sera repris dans le tome I de L’Orient en 1877.

24 mai. - Gautier " qui est en ce moment maestro di casa " présente les Goncourt à la Païva. (Journal).

3 juin. - Dans le M.U. " Salon de 1867 : MM. Gustave Doré, Puvis de Chavannes ". Gautier s’étonne que les peintres prennent rarement des sujets modernes alors qu’il paraît simple de s’inspirer de ce qui entoure ; il loue pour cette modernité un tableau de Doré " Le Tapis vert ".

7 juin. - Dans le M.U. "Autour de l’Exposition (IV) : l’Égypte " ; article qui entrera en 1877 dans le tome II de L’Orient.

8 juin. - Publication pour le Paris-Guide de " Le Musée du Louvre ". Il sera publié en 1882 sous le titre Guide de l’amateur au Musée du Louvre.

11 juin. - Il est invité à dîner le lendemain chez la princesse Mathilde (Corr. gén., tome IX, p.402).

Début juin. - Gautier fait une excursion sur la Meuse, sur le chaland " La Beauté ", " Voyage d’exploration sur la Meuse ", dans Les Vacances du lundi.

27 mai. - Gautier assiste à l’Exposition, dans le pavillon d’Égypte, avec les Goncourt, au démaillotage d’une momie : cf. Journal dans Goncourt, et Gautier L’Orient. Le soir, il se promène avec les Goncourt dans l’exposition.

25 juin. - Article dans le M.U. sur la reprise d’Hernani : il rappelle les luttes d’autrefois avec émotion. Bergerat rapporte comment, pour faire passer l’article dans le M.U. Gautier dut donner au ministre de l’Intérieur le choix entre la publication ou sa démission. L’article a reparu à la suite de l’Histoire du romantisme en 1874.

7 juillet. - Dans La Gazette des Enfants, sonnet " À Madame Marguerite Dardenne de la Grangerie " ; il a été repris dans le tome I des Poésies complètes.

11 juillet. - Il s’invite à dîner pour le lendemain chez Régina Lhomme (Corr. gén., tome IX, p. 415).

20 juillet. - Gautier écrit à A. Arago qu’il hésite à répondre à une invitation de la princesse Mathilde, car il craint qu’elle y voie une " pensée d’intérêt ", la mort de Ponsard rendant libre le poste de bibliothécaire particulier ; il lui demande de se charger lui-même de cette délicate affaire. (Corr. gén., tome IX, pp. 415-416).

29 juillet. - La fin de l’article du M.U. " Les Aïsssaouas " reparaîtra dans le tome II de L’Orient.

5 août. - Article dans le M.U. sur le nouvel Opéra construit par Charles Garnier.

12 août. - Une partie de l’article du M.U. " Les Japonais de Taïcoun " a été reprise dans le tome I de L’Orient.

17 août. - La princesse Mathilde l’invite pour une semaine " au moins " à Saint-Gratien (Corr. gén., tome IX, p. 432) ; il y restera jusqu’au 24.

21 août. - Il est convoqué à la réunion du jury de sculpture.

24 août. - Dans le M.U., article " La Perse ", qui sera repris dans le tome II de L’Orient.

26 août. - Gautier part pour Genève, chez Carlotta Grisi ; il y a emporté son " sacré rapport sur la poésie, que le diable emporte tous les poètes "  (lettre à sa sœur du 28, Corr. gén. tome IX, p. 439).

9 septembre. - Article nécrologique sur " Baudelaire ", repris dans les Portraits contemporains en 1874.

17 septembre. - Gautier est de retour à Paris : lettre à Estelle du 12 et à Carlotta du 17 (Corr. gén., tome IX, pp. 448 et 449).

28 septembre. - Victor Duruy, le ministre de l’Instruction publique, lui dit avoir lu avec plaisir ce qu’on lui a communiqué de son rapport sur la poésie : " Des jugements très justes, enchâssés dans des pages très spirituelles " (Corr. gén., tome IX, p. 452). On en attend la dernière partie.

7 octobre. - Dans le M.U., à propos de la reprise d’Antony, Gautier évoque la première ; ce texte sera publié en 1874 à la suite de l’Histoire du romantisme.

Vers le 15 octobre. - Gautier fait une excursion au pays de Rabelais.

16 octobre. - La princesse Mathilde l’invite à venir passer le dimanche auprès d’elle ; Gautier accepte. (lettre du 18, Corr. gén., tome IX, p.p. 464 et 465).

8 novembre. - Gautier pense à une série d’études sur " Les Excentriques de la peinture " ; Michel Lévy lui demande de commencer par un moderne comme Courbet. Ces études ne furent jamais écrites. (Corr. gén., tome IX, p.478).

Début novembre. - Gautier est à nouveau à Genève auprès de Carlotta Grisi ; il vient d’y apprendre la nomination de son fils comme sous-préfet à Ambert : " Un fils sous-préfet ! c’est assez majestueux et je lui devrai le respect "(lettre à Estelle, Corr. gén., tome IX, p. 479).

6 novembre. - Toto est nommé sous-préfet à Ambert ; le 11 novembre, il écrit à son père pour lui donner son itinéraire. Le voyage se déroulera ainsi : Gautier quitte Genève le 14, retrouve Toto à Lyon; ils quittent Lyon le 15 pour Clermont-Ferrand où il est logé chez le préfet.

16 novembre. - Gautier fait " une magnifique promenade à Royat et dans les montagnes. C’est très beau et d’un caractère tout autre que la Suisse... " (Corr. gén., tome IX, p. 484.

17 novembre. - Gautier voit " de belles églises romanes " et la vieille ville de Ferrand (Ibid.)

20 novembre. - Gautier est à Ambert : il décrit longuement à Estelle et à ses tantes la sous-préfecture (Corr. gén., tome IX, p. pp. 485-486).

21 novembre. - Gautier quitte Ambert avec son fils pour un château résidence du préfet, qui les y reçoit. Ils en repartiront le 22.

23 novembre. - Gautier et Toto sont de retour à Paris. Dans L’Univers illustré " Portraits littéraires : Gérard de Nerval ", étude qui se poursuivra les 30 novembre, 7 et 14 décembre. Elle sera reprise dans les Portraits et souvenirs littéraires en 1875. Une étude pleine de souvenirs, qui sera placée en tête des Œuvres littéraires en 1868.

Fin novembre. - Gautier donne son accord à la princesse Mathilde sur sa proposition de poste à Mendès : " ... Je n’ai aucune mauvaise volonté contre ce jeune ménage qui s’est formé en dépit de mon sentiment particulier... "  (Corr. gén., tome IX, p.490).

2 décembre. - Dans le M.U., éloge de Monpou, repris dans l’article " Monpou " de l’Histoire du romantisme.

8 décembre. - Dans le M.U., article sur " Les quatrains de Kéyam, traduits du persan par M.J.B. Nicolas " ; il sera repris dans le tome II de L’Orient.

23 décembre. - Gautier part à nouveau pour Genève auprès de Carlotta Grisi avec Estelle et y fête Noël. Il envoie de Genève son feuilleton sur Théodore Rousseau, mort le 22 décembre. (lettre à ses sœurs , 24 ? et 25 ? décembre, Corr. gén., tome IX, pp. 504-506).

26 décembre. - Gautier retarde son départ de Genève, étant invité à un bal à Saint-Jean.

En 1867, Gautier a publié trente-cinq articles de critique dramatique, douze de critique artistique, quatre de critique littéraire et quatre poèmes.

 

1868

2 janvier. - Gautier est invité à dîner le 5 chez la princesse Mathilde (Corr. gén., tome X, p. 10).

4 janvier. Dans le M.U., article nécrologique sur " Théodore Rousseau ", repris dans l’Histoire du romantisme.

8 janvier. - Bal aux Tuileries où Gautier est invité à venir " en uniforme ".

13 janvier. - Gautier demande à Asselineau de venir le voir à Neuilly pour lui demander des renseignements sur la vie de Baudelaire dont il est en train d’écrire la notice biographique (Corr. gén., tome X, p.22).

14 janvier. - Invitation à Régina Lhomme à venir le voir " toute seule jeudi " (Corr. gén., Tome X, p.23).

18 janvier. - Publication dans L’Univers illustré du poème " Théophile Gautier à Charles Garnier ", poème monorime en " -on " qui sera repris en 1876 dans le tome II des Poésies complètes avec le sous-titre : " Réponse à une invitation à dîner " ; Garnier avait répondu à cette " réponse " par le même procédé, en une longue épître monorime en " -ier ". (Corr. gén., tome IX pp. 467-468 et 472-477).

Janvier. - Gautier est plein de mélancolie et se livre à son " travail solitaire " à Neuilly avec sa chatte Éponine comme compagne. Mais il est aussi plein de la pensée de Carlotta (Corr. gén., tome X, pp. 20-21). Peut-être est-ce la raison pour laquelle il ne se décide pas plus qu’en 1866 à vivre avec Eugénie Fort : " Peut-être devrais-je faire quelque tentative pour lier davantage mon existence à celle de T.G., mais je ne peux pourtant pas m’exposer à un refus ? et tant de fois, lundi encore, il se plaint de sa vie telle qu’elle est. Il sait qu’il serait heureux si j’étais dans sa maison, s’il m’avait toujours près de lui " ( Eugénie Fort, Journal, 28 janvier).

1er février. Publication des Ardennes illustrées, tome I, contenant le récit de Gautier " Voyage en bateau sur la Meuse " ; ce texte reparaîtra dans les Vacances du lundi en 1881.

24 février. - Dans le M.U., " Nécrologie : Dauzats, Gabriel Tyr ", deux notices qui seront reprises dans les Portraits contemporains.

4 mars. - Gautier et invité à passer la soirée des dimanches de mars et d’avril chez la princesse Mathilde (Corr. gén., tome X, p.63).

7 mars. - Dans L’Univers illustré, publication de " Portraits littéraires : Charles Baudelaire ", qui se poursuivra les 14, 21, 28 mars, 4, 11, 18 avril ; ce texte est publié en introduction aux Fleurs du mal, dans le premier volume des Œuvres complètes de Baudelaire parues cette même année 1868. Il sera repris dans les Portraits littéraires en 1875. Le 10 mars, Mme Aupick ; la mère de Baudelaire le remercie avec émotion (Corr. gén., tome X, p.69).

22 mars. - Publication dans Paris-Magazine de la poésie " La bonne soirée ", qui sera reprise dans la sixième édition d’Émaux et Camées.

27 mars. - Gautier traite avec L’Univers illustré pour une étude sur Sainte-Beuve destinée à entrer dans la série " Portraits littéraires ", elle ne sera jamais écrite.(Corr. gén., tome X, p.92).

Début avril. - Gautier est malade : " Un fort rhume, grippe, bronchite etc... qui a semblé un instant tourner à la pleurésie ", il va mieux le 9, et le fait savoir à Napoléon III, qui avait fait demander de ses nouvelles. Il recevra un certain nombre de remerciements des auteurs cités dans son Rapport : Hugo, Catulle Mendès, E. de Essarts, A.M. Banchecotte, Mistral, Th. de Banville.

5 avril. - Il est convoqué pour siéger au jury de l’examen des œuvres présentées au concours de l’Opéra (Corr. gén., tome X, p. 101).

8 avril. - Annonce de la publication du Rapport sur le progrès des lettres depuis vingt-cinq ans, contenant le " Rapport sur les progrès de la poésie " par Gautier. Il sera réimprimé en 1874, à la suite de l’Histoire du romantisme. Toto à qui son père avait envoyé son texte auparavant, lui avait écrit : " ... Je te dirais que c’est à mon avis un des meilleurs morceaux de critique - sinon le meilleur- que j’ai lu.. " (lettre du 8 février, Corr. gén., tome X, p.39).

20 avril. - Gautier invite Eugénie Fort à venir dîner à Neuilly " mardi " ; celle-ci notera dans son Carnet, le 22 : " Voilà une habitude prise : tous les mardis à Neuilly ". Gautier est toujours fatigué : ce qu’on croyait être " une plénitude des voies respiratoires " était en fait une crise cardiaque, et un début d’œdème pulmonaire. Eugénie Fort note le 22 : " Il ne peut dormir couché ; il fait le feuilleton et rien d’autre. "

2-3 mai. - Début des comptes rendus du Salon de 1868. Gautier était alors président du jury ; ils se poursuivront les 9, 11, 17, 25, 26 mai, 1er, 2, 4, 27 juin, 2, 8 et 19 juillet.

7 mai. - Nouvel échec à l’Académie ; il obtient neuf voix, conte vingt-trois à Autran.

8 et 11-14 mai. - Deux " Catalogues " pour la vente des collections du comte d’Espagnac et de J. Jollivet, tous deux imprimés dans les Souvenirs de théâtre, d’art et de critique.

Mi-mai. - Gautier est à Genève chez Carlotta, avec sa fille Estelle et sa sœur Lili. Les médecins de Genève lui ordonnent de prendre de l’huile de foie de morue.

26 mai. - De Genève, il souhaite sa fête à la princesse Mathilde et lui envoie un sonnet " Le Pied d’Atalante ", qui sera repris dans les Poésies complètes (Corr. gén., tome X, p.148).

30 mai. - Il part en excursion au Mont-Blanc avec Carlotta, Estelle et Lili, et espère en tirer profit (lettre à Dalloz, 23 mai, Corr. gén., tome X, pp. 147, 148). Le 1er juin, excursion au glacier des Bossons, le 2 au Montanvert et à la Mer de Glace ; retour à Genève le 5.

9 juin. - Du Camp envoie à Gautier les deux volumes des Reliquiae de Louis de Cormenin ; Gautier en parlera et évoquera son ami dans le M.U. du 22, article qui sera repris dans les Portraits contemporains en 1874.

15 juin. - Retour à Paris.

Juillet. - Le M.U. est en difficulté, le gouvernement jugeant Dalloz, son directeur, trop indépendant ; Gautier est inquiet, pris entre son amitié pour Dalloz et ses liens avec le pouvoir par l’intermédiaire de la princesse Mathilde.

6 juillet. - Dans le M.U., article nécrologique " Camille Flers ", qui sera repris à la suite de l’Histoire du romantisme.

23 juillet. - Gautier est à Saint-Gratien chez la princesse Mathilde en même temps que les Goncourt.( cf. 28 juillet). Gautier passe une semaine à Saint-Gratien.

Début août. - Gautier est à nouveau à Genève avec Estelle, et, après avoir traversé le Léman par le bateau, il rejoint Carlotta à Bex où il se repose quelques jours ; on attend à Zermatt le beau temps pour monter au Riffelberg afin de voir le soleil se coucher et se lever sur le Cervin ; ils passent au glacier du Rhône, traversent le lac des Quatre-Cantons et sont à Lucerne le 8 août ; retour à Genève le 10 août, où Gautier commence à écrire ses impressions de voyage (lettre à ses sœurs du 10, Corr. gén., tome X, pp. 178-179) ; il écrit à Dalloz le même jour qu’il a trouvé le titre de ses feuilletons : " Vacances du lundi, tableaux de montagnes ", qu’ils doivent se suivre " comme un roman " en deux séries : "le Mont Blanc" et "le Cervin", et qu’il lui enverra le premier le lendemain (Corr. gén., tome X, p.180). Ces feuilletons avaient été annoncés dans le M.U. dès le 24 juillet.

29 août. - Gautier quitte Genève pour Ambert afin de voir son fils.

31 août. Début de la publication dans le M.U. des Vacances du lundi, tableaux de montagnes ; elle se poursuivra les 1er , 2, 3, 7-8, 23 septembre, 6, 16, 28 octobre et 14 novembre. L’ensemble sera édité en volume en 1881.

24 septembre. - Sainte-Beuve est enthousiasmé par les Vacances du lundi, et en particulier par la description du Léman.

Fin septembre. - Gautier continue à être dans la perplexité : doit-il suivre Dalloz au nouveau Moniteur, ou rester dans l’ancien qui va devenir Le Journal officiel (lettre à Carlotta, Corr. gén., tome X, pp. 203-204). Il optera pour la seconde solution et il retrouvera sa chronique des théâtres dans le nouveau J.O.

24 octobre. - Gautier est nommé bibliothécaire de la princesse Mathilde, aux appointements de six mille francs par an. Il l’avait appris de la bouche de" Sainte-Beuve le 21 (lettre de Sainte-Beuve à la princesse du 23). Le 2 novembre il demande aux Goncourt si la princesse a vraiment une bibliothèque.

6 novembre. - Gautier est à nouveau à Saint-Jean près de Carlotta.

16 novembre. - Il est de retour à Paris, nostalgique.

2 décembre. - Les Goncourt ont de " tristes pressentiments " au sujet de Gautier ; ils le voient chez la princesse Mathilde et ils notent son désir obsédant de l’Académie. Le 21, à un dîner chez Sainte-Beuve, ils essaieront de lui gagner la voix de Pongerville.

4 décembre. - Publication dans La Vogue parisienne du sonnet " La Fumée ", qui sera repris dans le tome II des Poésies complètes.

17 et 21 décembre. - Deux ventes dont Gautier préface le " Catalogue " : vente des tableaux de la collection du comte de *** et vente de trente-quatre aquarelles de Ziem ; ces préfaces seront réimprimées dans Souvenirs de théâtre, d'art et de critique.

19 décembre. Convention entre Gautier et Charpentier au sujet de réimpressions du Capitaine Fracasse (Corr. gén., tome X, pp. 240-241).

24 décembre. - Théophile Gautier fils est nommé chef de bureau au Ministère de l’Intérieur ; les Goncourt en disent leur écœurement (Journal).

27 décembre. - Gautier s’invite à dîner chez Régina Lhomme (Corr. gén., tome X, p. 248).

En 1868, Gautier a publié trente-neuf articles de critique dramatique, dix-huit de critique artistique, sept de voyages, un de critique littéraire et trois poèmes.

 

1869

4 janvier. - Gautier commence sa critique théâtrale au Journal officiel.

8 janvier. - Dans La Vogue parisienne, premier article de "Histoire de mes bêtes", l’ensemble sera publié en volume sous le titre Ménagerie intime.

12 janvier. - Carlotta vient à Neuilly, dans une maison qui a fait sa toilette pour la recevoir ; elle y restera jusqu’au 2 avril.

Janvier. - Dans Le Magasin pittoresque, article sur " Adrien Guignet ", qui sera repris dans les Tableaux à la plume, et complété dans ce recueil par un second article publié dans Le Magasin pittoresque en juin, " Une Vedette par Adrien Guignet ".

Février. - Une lectrice lui envoie " comme un hommage rendu aux délicieux articles " publiés sur les chats la traduction d’un article allemand portant sur le même sujet (Corr. gén., tome X, p.276)

9 mars. - Les Goncourt sont invités chez Gautier le 11.

16 mars. - Dans le J.O., article nécrologique sur " Hector Berlioz ", repris dans l’Histoire du romantisme : "  Personne n’eut à l’art un dévouement plus absolu et ne lui sacrifia plus complètement sa vie. " " Dans cette renaissance de 1830, il représente l’idée musicale romantique ".

30 mars. - Gautier se porte candidat à l’Académie sur un des fauteuils vacants et se soumet au rituel des visites : Guizot, Thiers, O. Feuillet, etc...

27 avril. - À Carlotta : il fait encore quelques visites académiques et doit préparer une soirée chez la princesse Mathilde à laquelle l’Empereur doit assister et où " on lira une ode de Victor Hugo et quelques vers de moi qui ne sont pas encore faits." Il espère partir pour Genève le 8 ou le 9 (Corr. gén., tome X, p.313).

28 avril. - La princesse Mathilde demande à Gautier d’improviser une pièce de vers sur un morceau de prose qu’avait fait Napoléon III lorsqu’il était prisonnier au fort de Ham et qui avait pour sujet le retour des cendres de son oncle : " Dans la journée, au pas de course de sa muse, le poète a enlevé quatre-vingt-dix vers... " écrivent les Goncourt. Gautier raconte cette histoire à Carlotta dans une lettre du 4 mai (Corr. gén., tome X, pp. 320-322).

29 avril. - À l’Académie A. Barbier est élu après quatre tours de scrutin, Gautier ayant obtenu onze, treize et deux fois quatorze voix. Le soir, chez la princesse Mathilde, la comédienne Mlle Agar récite devant l’Empereur les vers de Gautier. Ces vers seront repris dans le tome I des Poésies complètes

1er mai. Carlotta lui conseille de renoncer à l’Académie (Corr. gén., tome X, pp. 318-319).

8 mai. - Début dans L’Ill. des comptes rendus du Salon de 1869 ; ils se poursuivront les 15, 22, 29 mai, 5, 12 et 19 juin dans L'Ill., et les 11, 19, 24 mai, 6, 13, 16, 18, 19, 20, 23, 24, 25, 26, 27 et 28 juin dans le J.O.. Les comptes rendus publiés dans L'Ill. ont été réimprimés dans les Tableaux à la plume.

17 mai. - Gautier part pour Genève chez Carlotta.

27 mai. - Il est de retour à Paris. Il offre à la princesse Mathilde un des quatre exemplaires de Un Douzain de sonnets, qui lui sont dédiés; il est orné d'un portrait sur émail fait par Crosnier, un émailleur genevois auquel il écrit le 28 que son œuvre a eu le plus grand succès (Corr. gén. tome X, p. 334). Ces sonnets seront repris dans le tome II des Poésies complètes et des Pièces diverses, dont trois inspirées par des aquarelles de la princesse.

Durant ce mois de mai, sa santé n'est pas toujours bonne: il tousse encore un peu et a un rhumatisme articulaire au genou.

9 ou 10 juin. - Gautier fait part à Carlotta de son emploi du temps à venir: il pense la rejoindre à Genève vers la fin de juillet avec Estelle et " nous combinerons votre voyage en Italie. Zoé et peut-être Lili viendront nous retrouver à notre retour " ( Corr. gén., tome X, p.345).

21 juin. - La date du voyage est reculée, ce qu'il approuve en précisant qu'il viendra avec Estelle, mais non avec ses sœurs, car il tient à la plus grande intimité possible (à Carlotta, le 31 juillet, Corr. gén., tome X, p. 349).

26 juillet. - Dans le J.O., article nécrologique sur " Louis Bouilhet ", en partie repris dans les Portraits contemporains. Il écrivait à Carlotta qu'il l'aimait " beaucoup pour son caractère et son talent ". Il est rempli de mélancolie (Corr. gén., tome X, pp. 368-369).

Mi-juillet. - Gautier passe quelques jours à Saint-Gratien chez la princesse Mathilde, de laquelle il espère obtenir une place. Il travaille à La Nature chez elle. Il est de retour à Neuilly le 20.

14 août. - Gautier est invité par le Khédive d'Égypte à assister à l'inauguration du canal de Suez, qui doit avoir lieu le 17 novembre.

20 août. - Napoléon III le remercie des vers qu'il avait écrits à partir de "(sa) mauvaise prose " et lui envoie deux vases de Sèvres " magnifiques, d'un mètre de haut ", dit Gautier au directeur du J.O. (Corr. gén., tome X, p. 379). Il remercie l'empereur à son retour d'Italie début octobre (Corr. gén., tome X, p. 395).

1er septembre . - Il part pour Genève avec Estelle. Départ de Genève pour l'Italie, Gautier est accompagné d'Estelle et Carlotta de sa fille Ernestine. Pendant les quelques jours passés à Genève, il a continué à écrire La Nature chez elle, qui paraîtra à la fin de l'année.

Il est à Milan ce même jour, puis à Crema, petite ville des environs de Milan " dans une tribu de Grisi, cousines germaines d'Estelle " ( lettre à la princesse Mathilde du début septembre, Corr. gén., tome X, p. 383).

10 septembre. - Les voyageurs arrivent à Venise et passent leur temps en visites (à Zoé, lettre du 11 septembre, Corr. gén., tome X, pp. 387-388).

14 septembre. - Ils quittent Venise pour Parme voir les Corrège en passant par Bologne. Il continue à travailler à La Nature chez elle (lettre à Lili du 12, Corr. gén., tome X, p. 388).

20 septembre. - Gautier et ses compagnes sont de retour à Genève, via Gênes et le Mont Cenis. Pendant de voyage, les journaux se sont faits l'écho d'un mariage entre Gautier et Carlotta, au grand désespoir de celle-ci (Corr. gén., tome X, pp. 407-408, lettre de Carlotta, tome X, p. 426; lettre du 7 novembre de Carlotta, p. 430; du 8 de Gautier). De Genève, Gautier écrit à la princesse Mathilde que l'invitation en Égypte ne le réjouit pas (Corr. gén., tome X, pp. 392-393).

1er octobre. - Gautier est de retour à Paris.

7 octobre. - Gautier quitte Paris pour Marseille. Il a demandé à Carlotta de lui envoyer une lettre à Marseille " comme un baiser d'adieu et comme un talisman de bonheur pour (son) voyage " (lettre du 4 ou 5, Corr. gén., tome X, pp. 396-397). Elle lui répond le 7 (Corr. gén., tome X, p.398).

8 octobre. - Il est à Marseille et, semble-t-il, heureux de partir. Malheureusment, le soir même, après le dîner, un coup de roulis le fait glisser dans l'escalier et il s'ensuit une luxation de l'épaule gauche et une fêlure de l'humérus. Broca, qui était à bord, le soigne, il attribue son accident au mauvais sort: il est parti un vendredi, il a reçu dans le train un regard de jettatore, et un autre d'un pénitent blanc croisé à Marseille. Il poursuit son voyage, très entouré par ses deux compagnons, Florian-Pharaon, rédacteur en chef de La France et Auguste Marc, directeur de L'Illustration.

15 octobre. - Le Moeris touche Alexandrie.

16 octobre. - Il est au Caire, où il descend à l'hôtel Sheppeard, place de l'Esbèkieh, cette place peinte par Marilhat, qui l'avait tant fait rêver.

17 octobre. La Princesse Mathilde apprend à Gautier la mort de Sainte-Beuve (Corr. gén., tome X, p. 409).

17 ou 18 octobre. Il visite le Caire et monte à la Citadelle, du haut de laquelle il a aperçu les Pyramides, auxquelles l'inondation du Nil ne permet pas d'aller (A Carlotta, le 18, Corr. gén., tome X, pp. 411-412).

21 octobre. - Il visite le port du Caire sur le Nil. Ce même jour, ses compagnons partent pour la Haute-Egypte et il renonce à les suivre.

23 octobre. - Il assiste à une fête chez la mère du vice-roi: l'Impératrice Eugénie s'y trouve, et lui a parlé " très gracieusement "; elle le présente au vice-roi (lettre à ses sœurs du 24 Corr. gén., tome X, pp. 417-418).

28 octobre. - Par suite d'un changement de personnes au ministère de l'Intérieur, Toto craint pour sa place et tente d'obtenir une sous-préfecture. Il ne sait pas s'il pourra rejoindre son père au Caire.

22 octobre. - Il écrit à Carlotta qu'il cherche un scarabée à lui envoyer pour sa fête; il lui annonce l'envoi le 25. (Corr. gén., tome X, pp. 415 et 419).

24 octobre. - Gautier assiste à une danse d'almées chez le ministre des finances. Il y apprend la mort de Sainte-Beuve (Corr. gén. tome X, pp. 418-420).

2 ? novembre. - Gautier raconte à la princesse Mathilde qu'il a reçu la visite du comte Primoli, un habitué de Saint-Gratien comme lui; avec lui et ses autres compagnons, il visite "l'Arbre de la Vierge " et les ruines d'Héliopolis, "remarquables par leur absence complète". Un âne le mène voir une danse d'almées et il assiste à une représentation de Giselle à l'Opéra du Caire. " À quels lointains souvenirs cela se rapporte " (à ses sœurs et à sa fille, 8 novembre, Corr. gén., tome X, pp. 429-430).

7 novembre. - Son secrétaire Adolphe Bazin, un ami d'enfance de Toto, familièrement appelé " Rodolpho ", part le rejoindre en Égypte, il sera à Ismaïlia le 19 et prendra la relève d'A. Marc qui s'était occupé de lui jusque là.

13 novembre. - L'Impératrice et ses invités sont de retour de Haute-Egypte, ainsi que le Dr Broca, qui lui ôte son appareil: " la guérison est parfaite " à Estelle, le 14 novembre, (Corr. gén., tome X, pp. 434-435). Il fait part à Carlotta d'un projet de voyage en Haute-Égypte " pour le dédommager " de celui qu'il a manqué, mais il ne serait pas fâché qu'il n'aboutît pas: " Vivre si loin de vous est une chose bien pénible pour moi " (Corr. gén., ibid.) .

15 novembre. - Il part pour Ismaïlia assister à l'ouverture du canal et à la fête qui l'accompagne. Il a profité de son séjour au Caire pour terminer La Nature chez elle.

17 -21 novembre. - Inauguration du canal et traversée en bateau d'Ismaïlia à Suez; il en raconte les détails à Carlotta (lettre du 28 Corr. gén., tome X, pp. 440-441), ainsi que son excursion aux Pyramides à son retour au Caire (Corr. gén., tome X, pp. 440-441). Le projet de voyage en Haute-Egypte n'aboutit pas et il est sans regret (lettre à Estelle, 14 , Corr. gén. tome X, pp. 434-435).

2 décembre. - Gautier quitte le Caire.

5 décembre. Lettre de Toto: il est toujours auprès de son ministre et " pas encore sous-préfet ", il est " sur la piste d'une héritière " (il s'agit de Mlle Portal, qu'il épousera). (Corr. gén., tome X, pp. 442-443).

5 décembre. - Gautier s'embarque à Alexandrie et débarque à Brindisi le 9.

14 décembre. Gautier est à Rome à la villa Médicis chez Hébert, qui en est alors le directeur. Il quitte Rome le 15 ou le 16, passe une journée à Genève auprès de Carlotta, mais il veut coucher à l'hôtel et non à Saint-Jean, Ernesta se trouvant chez sa sœur; (Lettre à Carlotta du 17 décembre, Corr. gén., tome X, p. 448).; il semble cependant qu'une sorte de paix se soit alors établie entre Ernesta et lui, ce qui a rendu Carlotta heureuse (lettre du 31 décembre, Corr. gén., tome X, p. 452).

23 décembre. - Gautier est à Paris, peut-être depuis quelques jours.

31 décembre. - Gautier envoie à Carlotta comme cadeau de jour de l'an, La Nature chez elle. Carlotta de son côté lui envoie un écran qu'elle a brodé, et une dormeuse.

En 1869, Gautier a publié trente articles de critique dramatique, quarante-et-un de critique artistique, deux articles de critique littéraire, un de variétés et dix-huit poèmes.

 

1870

1er janvier. Annonce de la publication de La Nature chez elle, avec des eaux-fortes de Karl Bodmer.

12 janvier. - Gautier se trouve au milieu des mouvements populaires qu'a provoqués le mort de Victor Noir. Il dîne cependant chez la princesse Mathilde.

Vers le 20 janvier. - Gautier fait part à Carlotta de ses inquiétudes devant la situation politique. (Corr. gén., tome XI, p. 17-18)

Fin janvier. - De Constantinople où elle habite, Marie Mattéi envoie à Gautier une très longue lettre: "Nulle part je n'ai été plus obstinément hantée par votre esprit que sous les cyprès du Petit Champ, ou la côte d'Asie entre Scutarie et Béicos; elle lui écrit "pour (se) délivrer de l'obsession ". Elle voulait le faire le 1er janvier: " Mais alors, me souvenant du 1er janvier 1850, je tombai en rêverie. Vingt ans déjà (...) Je revis le faubourg St Honoré, l'hôtel Sinet où vous eûtes la bonté de venir tout courant me souhaiter l'année..." et elle termine: "Recevez mes vœux tout au moins pareils, sinon meilleurs que ceux que nous échangeâmes le 1er janvier 1850..." (Corr. gén., tome XII, pp. 246-250)

7 février. - Dans le J.O., Gautier s'arrête sur la reprise de Lucrèce Borgia à la Porte-Saint-Martin. Hugo lui écrit le 9 l'émotion qu'il a éprouvée à la lecture de l'article et Gautier fait part à Carlotta de la correspondance de Hugo (Corr. gén., tome XI, p. 34).

17 février. - Premier article sur son voyage en Égypte; le récit s'en poursuivra les 16 et 19 mars, 28 avril, 7, 8 mai dans le J.O.; 18, 19, 20-21, 30 avril, 1er, 8, 9, 10 et 12 mai dans le J.O. du soir. L'ensemble sera repris dans le tome II de L'Orient en 1877, sans que Gautier ait fini sa relation.

26 février. - Toto, qui a été nommé début février sous-préfet à Pontoise, épouse Mlle Élise Portal: Gautier est satisfait; il l'avait écrit à Carlotta dans une lettre du 5 (Corr. gén., tome XI, p. 25-26) et Eugénie, sa mère, est heureuse.

27 février. - Toto invite son père, Eugénie Fort et toute sa famille à dîner à Pontoise avec ses beaux-parents.

10 mars. - Grand repas de famille à Neuilly.

26 mars. - Préface au catalogue de la vente des tableaux et études de Benjamin de Francesco; cette préface sera reprise dans Souvenirs de théâtre, d'art et de critique.

28 mars. - Publication dans Le Diable du sonnet " L'impossible ", repris dans la deuxième série du Parnasse contemporain en mai 1870, puis dans le tome II des Poésies complètes.

9 avril. Lettre de Carlotta: elle remercie Gautier de ce qu'il ait reçu " d'une manière cordiale " Ernesta qui était allé le voir (Corr. gén., tome XI, p.59)

12 avril. - La librairie Hachette consent à la cession à Charpentier de toutes les œuvres de Gautier qu'elle a éditées, celui-ci ayant souhaité qu'elles fussent réunies " dans les mêmes mains" (Corr. gén., tome XI, p.60) Hachette renonce en conséquence à réimprimer Le Roman de la momie, s'offre à céder à Charpentier les exemplaires restant d'Italia et de Caprices et zigzags et consent à ce que soient réunis en un volume Jean et Jeannette et Militona. Charpentier traite avec Gautier pour la réimpression du Roman de la momie.

21 avril. - Préface de Gautier au Catalogue de la vente de la collection du marquis de Villafranca: elle sera reprise dans Souvenirs de théâtre, d'art et de critique. Gautier souffre à nouveau de son genou et ne peut se rendre à Genève comme il l'avait projeté. Il pense qu'il a "une jettatura " sur lui (lettre de fin avril, où il est toujours invalide, Corr. gén., tome XI, p. 67)

2 mai. - Dans le J.O., une partie de feuilleton est consacrée à "Nestor Roqueplan", dont il rappelle la jeunesse. Une partie du texte sera reprise dans l'article "Nestor Roqueplan" de l'Histoire du romantisme.

9 mai. - Un viticulteur de Villeneuve-sur-Lot, L. Auzelly, lecteur assidu des Salons de Gautier dont il connaît aussi le talent de peintre, a dédié son vignoble aux artistes récompensés du Salon; il propose à Gautier de lui envoyer quelques échantillons de ses meilleurs millésimes (Corr. gén., tome XI, p 76-77).

23 mai. - Dans le J.O. article sur Paul de Kock, qui vient de mourir, à propos d'une reprise de ses pièces. Une partie de cet article sera reprise dans les Portraits contemporains.

Mai. - Dans le Parnasse contemporain, deuxième série, publication de " Marine, fragment d'un poème inédit " (" Jettatura ", fragment du poème), début d'un projet en vers pour le roman. Il sera repris dans le tome II des Poésies complètes. dans le même recueil, deux sonnets qui seront repris de même.

2 juin. - Dans le J.O., début des comptes rendus du salon de 1870; ils se poursuivront les 16-17, 21, 29 juin, 3, 7, 18 juillet, 2 et 8 août.

6-7 juin. - Dans le J.O., article nécrologique sur Joseph Bouchardy, repris à la suite de l'Histoire du romantisme.

8-10? juin. - Gautier est à Genève chez Carlotta.

14 juin. - Rodolfo lui envoie des notes pour la rédaction de son feuilleton dramatique du 20 juin et va en prendre au Salon. Gautier donne également des instructions à Estelle sur la façon d'y prendre des notes. (Corr. gén., tome XI, pp.91-92 )

18 juin. - Invitation à dîner de la princesse Mathilde, qui souhaiterait " (le) garder quelques jours " (Corr. gén., tome XI, p.94)

20 juin. - Gautier quitte Genève.

22 juin. - Gautier assiste aux obsèques de Jules de Goncourt: "... Je vois Théophile Gautier et Saint-Victor pleurer" note Edmond dans son Journal. Gautier rapporte à Carlotta la douleur d'Edmond de Goncourt: "complètement décomposé", qui avait l'air d'un spectre et de son propre bouleversement. ( Lettre du 22 juin, Corr. gén., tome XI, p.96-97 ) Il a passé toute la soirée chez la princesse Mathilde et ils ont parlé tout au long des Goncourt.

25 juin. - Dans le J.O., article nécrologique sur Jules de Goncourt, repris dans les Portraits contemporains.

14 juillet. - Gautier est " en villégiature " à Saint-Gratien depuis quelque temps.

19 juillet. - Déclaration de guerre à la Prusse. À Carlotta: " Cette déclaration de guerre semble avoir rendu tout le monde fou. C'est un enthousiasme délirant, une joie universelle " et il en décrit les manifestations (27 juillet, Corr. gén., tome XI, p.110). Toto est consigné dans sa sous-préfecture (à son père, 7 août, Corr. gén., tome XI, p. 114)

16 août. - Publication dans le J.O. d'un fragment de feuilleton consacré à Alexandre Soumet, qui sera repris dans l'Histoire du romantisme.

22 août. - E. de Goncourt note dans son Journal: " Je vais voir Gautier qui pleure avec moi, la maison qu'il a arrangée, l'angelus ridens et artistique de sa vieillesse ". Gautier quittera en effet Neuilly devant l'avance allemande.

30 août. - Gautier emmène Estelle en Suisse près de Carlotta, qui était alors en vacances à la pension Bonport " sous Montreux " et qui lui a proposé d'accueillir Estelle, ses sœurs ayant renoncé à s'y rendre aussi; il confie Eugénie à son fils, (lettre à Toto,du 30, Corr. gén., tome XI, p.119).

5 septembre. - Gautier vient d'apprendre la proclamation de la république: " Quelle série de catastrophes! quel écroulement! quelle débacle! Que devient L'Officiel sous la république? Avec quoi, vivrons-nous le mois prochain? Je l'ignore (...) Je suis assommé, abruti, inquiet. c'est bien terrible, à l'âge que j'ai, de voir la France envahie, Paris peut-être bombardé, ma vie si laborieusement arrangée, renversée et perdue en une minute " (lettre à Rodolfo, Corr. gén., tome XI, pp. 120-121). Il n'a pas de nouvelles de la princesse Mathilde. Il ne sait rien de Toto.

8 septembre. - La princesse Mathilde, qui s'est réfugiée à Mons, lui dit son désarroi et sa douleur et se félicite de " (l)'avoir prié de (s)'absenter- C'est un souci de moins pour moi de vous savoir en lieu sûr et aimé " (Corr. gén., tome XI, pp. 121-122).

9 septembre. - Gautier apprend à Montreux la défaite de Sedan; il va à Genève, où la nouvelle lui est confirmée et lit dans un journal que la princesse Mathilde a été arrêtée; il décide alors de partir pour Paris, et apprend au moment où il quitte Genève, que Toto est à Londres avec sa femme (il a été destitué).

11 septembre. - Gautier est toujours à Neuilly, où il a retrouvé ses sœurs, mais s'apprête à partir (lettre à Carlotta du 11, Corr. gén., tome XI; p.). On attend les Prussiens devant Paris " dans le commencement de la semaine prochaine " (lettre à Estelle du 9, Corr. gén., tome XI, pp. 124-125). D'autre part " l'affaire de L'Officiel pourra peut-être s'arranger".

11 septembre. - Gautier confirme qu'il est maintenu à L'Officiel.

Un arrêté du préfet de police ayant ordonné la fermeture des théâtres, il n'est plus question de feuilleton dramatique; on lui demande " un article en situation qui pourrait passer en variétés " (lettre à Kaempfen, Corr. gén., tome XI, p.126).

Mi-septembre. - Gautier a été obligé de quitter sa maison de Neuilly.

17 septembre. - Gautier se réfugie avec ses sœurs à Paris, 12 rue de Beaune. Il n'envisage pas de retourner en Suisse: " Quoique je ne puisse en rien contribuer à la défense, je partagerai le danger avec les autres. Ce n'est pas quand la vieille mère est à l'agonie que ses enfants doivent la quitter sous prétexte que l'air n'est pas sain." (lettre à la princesse Mathilde vers le 20 septembre, Corr. gén., tome XI, p.127).

17 septembre. - Dans le J.O., il commence ses articles de " variétés ", intitulés "Voyages dans Paris. Tableaux de siège ". Ils se poursuivront les 5, 10, 17, 26 octobre, 2, 13, 23, 28 novembre, 5, 20 décembre 1870, 2, 12, 22, 27 février, 13 mars 1871, 18 mars (dans L'Ill.), 1er, 5, 15 mai, 6 juin, 3, 11 juillet, 5, 14, 30 août, 16 septembre (dans L'Ill.) 5, 9, 14 octobre (ces trois derniers articles dans La Gazette de Paris). L'ensemble de ces articles sera publié en volume à la fin de 1871 sous le titre Tableaux de siège. Il en parle à Carlotta dans une lettre du 31 octobre; " j'étais à l'Officiel. Des articles intitulés " Voyages dans Paris ", qui ont eu beaucoup de succès et qui feront après le siège un volume assez curieux ". Une inconnue lui dira, le 23 novembre, qu'elle a pleuré en lisant son feuilleton du même jour " La Maison abandonnée " (celle de Neuilly).

10 octobre. - Gautier, malade, n'a pu se rendre à l'Officiel.

31 octobre. - Gautier donne des nouvelles du siège de Paris à Carlotta (lettre par ballon, (Corr. gén., tome XI, pp. 132-133).

1er novembre. - E. de Goncourt note dans son Journal que ce qui a perdu la France, selon Gautier, " c'est le classicisme ".

14 novembre. - Lettre à Estelle, toujours par ballon: le problème de la nourriture est de plus en plus difficile " mais tout cela n'est rien; ce qui est navrant, c'est d'être muré dans un tombeau, séparé de la France et du monde... " (Corr. gén., tome XI, pp. 134-136). Mêmes plaintes dans les lettres à Carlotta des 30 novembre et 15 décembre (Corr. gén., tome XI, pp. 137-138 et 138-140).

10 décembre. - Dans le Journal d'E. de Goncourt: " Tout le monde fond, tout le monde maigrit..(..) Gautier se lamente de porter des bretelles pour la première fois: "son abdomen ne soutenant plus son pantalon ".

Fin décembre. - Gautier demande à Victor Hugo d'intervenir auprès du général Le Flô en faveur de sa jument Catherine qu'on veut abattre pour les besoins de l'alimentation (Corr. gén., tome XI, p. 141). Le 29, Hugo note: " Théophile Gautier a un cheval, ce cheval est requisitionné. On veut le manger. Gautier m'écrit et me prie d'obtenir sa grâce. Je l'ai demandée au ministre. J'ai sauvé le cheval."

En 1870, Gautier a publié trente-et-un articles de critique dramatique, dix-huit de critique artistique, six de voyages, onze de variétés et quatre poèmes.

 

1871

9 janvier. - A Estelle il se plaint de la rareté des vivres, il souffre du plus abominable rhume qu'on puisse souhaiter à un ennemi (Corr. gén., tome XI, pp. 147-148).

25 janvier. - Gautier dit avoir eu une " pneumonie " (Corr. gén., tome XI, p. 148).

2 février. - Dans le J.O., article nécrologique sur le peintre Henri Regnault, tué à la fin du siège; Gautier le considérait comme un maître malgré son jeune âge.

12 février. - Paris a capitulé fin janvier, l'armistice est signé le 28. Gautier se remet difficilement de son affection pulmonaire, les conditions de vie sont toujours pénibles! Il a enfin reçu des nouvelles; Toto a eu un fils, Paul, le 18 décembre 1870. Carlotta a quitté Saint-Jean pour Genève (lettre à Estelle du 11 février, Corr. gén., tome XI, pp. 148-149): il voudrait s'y rendre (lettre à Carlotta du 13, Corr. gén., tome XI, pp. 150-151). E. de Goncourt rend visite à Gautier dans son " logement d'ouvrier " de la rue de Beaune; il en décrit la misérable situation et songe à " l'injustice de la rémunération dans l'art ", en évoquant la fortune de Ponson du Terrail.

14 février. - Gautier a enfin reçu des nouvelles d'Eugénie Fort, qui avait rejoint son fils à Londres. Il en donne à son tour (Corr. gén., tome XI, pp. 152-153).

17 février. - Il est écœuré de la situation politique: " Il est pénible de vivre entouré de fous, de brutes et de furieux! On se dispute avec acharnement sur des puérilités, comme si l'ennemi n'était pas à nos portes, maître de nos forts, prêt à profiter du premier prétexte pour nous anéantir, (...) Tout cela est bien triste et bien honteux. Ce qu'il y a de mieux à faire est de se réfugier dans le travail et dans le cœur de ceux qui vous aiment "; sa santé n'est pas rétablie et envisager un voyage à Genève est toujours impossible.

27 février. - Dans le J.O., article nécrologique sur le peintre Victor Giraud, "... peintre du "Marchand d'esclaves" et du " Charmeur " (..) le mieux doué des jeunes artistes après Regnault " (lettre à Estelle du 5 mars, Corr. gén., tome XI, p. 160).

9 mars. À Carlotta: il a eu une rechute et a eu du mal à s'en remettre, il espère cependant aller à Genève vers le 20 ou le 25; mais les événements de la Commune ont commencé et il en est épouvanté, il pense à préparer sa nécrologie. Il a commencé à réinstaller la maison de Neuilly " intacte, par miracle ".

10 mars. Gautier espère aller à Bruxelles où Eugénie Fort, Toto et toute sa famille se sont installés, et de là, gagner Genève.

18 mars. - Gautier se réinstalle à Neuilly avec ses sœurs.

25 mars. - L'insurrection de la Commune, qui a éclaté le 18, l'a obligé de se réfugier à Versailles, dans l'appartement d'Eugénie, 3 avenue de Saint-Cloud; L'Officiel se fait à Versailles, où tout le monde diplomatique et politique s'est replié: Gautier a conscience qu'il s'agit d'une " guerre sociale " (lettre à Carlotta, Corr. gén., tome XI, pp. 167-168). Sa sœur Lili est restée à Neuilly.

1er avril. Gautier essaie de dissuader Eugénie de revenir à Versailles.

2 avril. - À Carlotta: " On marche à quatre-vingt-treize et à la terreur. Le drapeau rouge, que Lamartine avait fait rentrer dans le ruisseau sanguinolent, d'une parole éloquente, flotte sur l'Hôtel de Ville et sur tous les monuments de Paris déshonoré. Une pareille époque n'est guère favorable à la littérature..." (Corr. gén., tome XI, pp. 173-174).

21 avril. - À Carlotta: " Ma position est bien étrange. Je ne puis rentrer dans Paris, où je suis condamné à mort comme étant attaché à un journal du gouvernement, ni retourner à Neuilly où cette malheureuse Lili a eu l'idée de retourner (...) Elle vit dans la cave, sous une pluie perpétuelle d'obus..." Puis il déplore la situation politique et la guerre civile.

Fin avril. - Dans le J.O., article nécrologique sur Emile Deschamps: " Il avait le don de l'admiration, qualité rare chez les poètes surtout, Narcisses toujours penchés sur leur propre miroir."

24 avril. - Eugénie Fort rentre à Versailles. J'ai trouvé T.G. et Zoé; ils avaient avec eux quatre personnes du Journal officiel et deux soldats. Trois jours après, nous n'étions plus que trois. Emilie est à Neuilly, elle habite dans la cave! (...) T.G. ne dîne jamais avec nous. Toute la dépense de la table est faite par Zoé." (Journal).

1er mai - Dans le J.O., début de la publication des articles sur " Le Versailles de Louis XIV "; ils se poursuivront les 5, 15 mai et 6 juin.

6 mai. - À Carlotta: " Nous étions assiégés, nous voilà assiégeants, et c'est peut-être plus triste, car c'est sur notre propre ville que nous tirons (...) Le grand assaut va se donner bientôt; il se donne peut-être en ce moment, mais pour Dieu, que cela finisse d'une façon ou d'une autre; une pareille vie est intolérable!" Il espère cependant pouvoir bientôt réaliser son voyage à Genève ( Corr. gén., tome XI, pp. 184-85).

7 ou 8 mai. - À Estelle: "Je parviendrai peut-être à me relever de cet écroulement " (Corr. gén., tome XI, p. 186).

20 mai. - Lettre à Estelle: " La Maison de Neuilly a reçu un obus et a failli brûler "; puis il raconte les débordements de la Commune, qui se passent " devant un peuple dont l'âme semble s'être évaporée, abruti qu'il est par cette Terreur bête. "( Corr. gén., tome XI, pp. 188-189).

24 mai. - Gautier, Eugénie et Zoé vont voir Emilie à Neuilly; en retournant à Versailles, ils apprennent que Paris brûle.

27 mai. - Maurice Dreyfous demande à Gautier de " faire tout (son) possible pour former une brigade d'artistes assez courageux pour aller partout où ce sera nécessaire pour indiquer aux pompiers et aux sauveteurs les objets, les tableaux , statues, livres etc. qu'il faut avant tous les autres arracher aux chances d'un effondrement ou d'une combustion quelconque." Gautier lui répond immédiatement que son idée est excellente, mais que les événements marchent si vite qu'elle n'a plus d'objet: " L